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l'amendement n° 402 de Mme Taurinya après l'article 34 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).

AN 7 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France Insoumise souhaite corriger un angle mort de la présente proposition de loi, et de l'ex-article 34, en dépénalisant le délit de non-représentation d’enfant.

Cet article vise à renforcer la sécurité du parent protecteur en cas de violences, en suspendant les poursuites pour non-représentation d’enfant dès la saisine d’une juridiction aux fins de délivrance de l’ordonnance de protection provisoire.

Notre groupe appelle à abroger le délit de non-représentation d'enfant. Une telle abrogation ne provoquerait aucun vide juridique. Si des mécanismes de recours permettent de faire face à l’inexécution d’une décision de justice en matière civile, le Code pénal pourra toujours appréhender les cas de détournement de mineurs par ascendant. La rétention prolongée, le refus répété et délibéré d’exécuter des décisions judiciaires, la dissimulation du lieu où se trouve l’enfant, la rupture des contacts avec l’autre parent, le déplacement de l’enfant dans un autre département ou à l’étranger, évoquent des situations qui tomberaient sous le coup du délit de soustraction d’enfant, réprimé par l'article 227‑7 du code pénal.

Un consensus s’est dégagé à l’occasion de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences incestueuses parentales et la situation du parent protecteur pour la dépénalisation de ce délit (recommandation n° 34). Le Garde des Sceaux s'y est dit favorable dans une interview accordée au mois de juin 2026 au Monde.

La suspension des poursuites pour non-représentation d’enfant, que prévoit cet article en l'état, ne garantit pas la sauvegarde des intérêts du parent protecteur qui ne sollicite pas la justice ou qui ne la sollicite pas à temps. Elle part du principe que le traitement judiciaire des violences incestueuses subi par son enfant sera infaillible.

Alors qu'il existe un dispositif censé prévenir l’abus de droit dans le cadre des plaintes pour non-représentation d’enfants, souvent instrumentalisées par des pères violents, ce mécanisme est jugé dysfonctionnel par la Civiise. L’article D. 47-11-3 du CPP précise que le parquet veille à ce que le tribunal correctionnel puisse disposer des éléments lui permettant d’apprécier la réalité de ces violences et notamment l’existence d’un état de nécessité en cas de citation directe exercée par la victime du délit.

Il a été accompagné d’une circulaire d’application en date du 28 février 2022 qui précise les vérifications que le procureur doit faire sur ces allégations, leur diligence et leur objectif procédural. Or, dans son rapport de 2023, la CIIVISE indique avoir reçu de très « nombreux témoignages […] sur ce type de situation [qui] attestent que ce texte n’est pas appliqué ».

La part de personnes condamnées chaque année sur la base de ce délit, 750 chaque année, rend compte de l’incapacité de cette mesure à garantir les droits du parent protecteur, en écrasante majorité, de la mère protectrice (80 % des condamnations annuelles concernent des mères).

Une étude universitaire menée par Simon Husser et publiée en mai 2026 montre que le fait justificatif de l'état de nécessité, fréquemment invoqué pour échapper à la condamnation, ne marche que dans très peu de cas. Au procès, l’argument de la résistance de l'enfant n’est admis qu'à la condition que le parent use de toute son autorité pour se faire obéir de son enfant. D’une manière générale, il est rejeté dans 70 % des cas.

Pour toutes ces raisons, le groupe parlementaire de la France Insoumise appelle à dépénaliser purement et simplement le délit de non-représentation d’enfant.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Abstention
Raphaël Arnault LFI-NFP Pour
Clémentine Autain EcoS Abstention
Bénédicte Auzanot RN Contre
Erwan Balanant Dem Contre
Christian Baptiste SOC Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Contre
Laurent Baumel SOC Contre
Béatrice Bellay SOC Contre
Anne Bergantz Dem Contre
Sophie Blanc RN Contre
Sylvie Bonnet DR Contre
Émilie Bonnivard DR Contre
Jean-Michel Brard HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Danielle Brulebois EPR Contre
Jérôme Buisson RN Contre
Colette Capdevielle SOC Contre
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Danièle Carteron EPR Contre
Eddy Casterman RN Contre
Bernard Chaumeil RN Contre
Marc Chavent UDR Contre
Cendrine Chazé DR Contre
Paul Christophle SOC Contre
Roger Chudeau RN Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
Caroline Colombier RN Contre
Josiane Corneloup DR Contre
Jean-François Coulomme LFI-NFP Pour
Christelle D'Intorni UDR Contre
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Contre
Julien Dive DR Contre
Sandrine Dogor-Such RN Contre
Fanny Dombre Coste SOC Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Virginie Duby-Muller DR Contre
Lionel Duparay DR Contre
Emmanuel Duplessy EcoS Abstention
Philippe Fait HOR Contre
Elsa Faucillon GDR Abstention
Olivier Fayssat UDR Contre
Charles Fournier EcoS Contre
Thierry Frappé RN Contre
Martine Froger SOC Contre
Julien Gabarron RN Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Abstention
Jonathan Gery RN Contre
Christian Girard RN Pour
Damien Girard EcoS Contre
Océane Godard SOC Contre
José Gonzalez RN Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Perrine Goulet Dem Contre
Monique Griseti RN Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Julien Guibert RN Contre
Jordan Guitton RN Contre
Ayda Hadizadeh SOC Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Sébastien Humbert RN Contre
Sébastien Huyghe EPR Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Pascal Jenft RN Contre
Sandrine Josso Dem Contre
Marietta Karamanli SOC Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Nicole Le Peih EPR Contre
Julie Lechanteux RN Contre
Didier Lemaire HOR Contre
Patricia Lemoine EPR Contre
Delphine Lingemann Dem Contre
Eric Liégeon DR Contre
Christine Loir RN Contre
Marie-France Lorho RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Véronique Ludmann HOR Contre
David Magnier RN Contre
Frédéric Maillot GDR Abstention
Bastien Marchive EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Contre
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Joséphine Missoffe EPR Contre
Paul Molac LIOT Contre
Louise Morel Dem Contre
Joëlle Mélin RN Contre
Philippe Naillet SOC Contre
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Jacques Oberti SOC Contre
Julie Ozenne EcoS Abstention
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Marc Pena SOC Contre
Maud Petit Dem Abstention
Anna Pic SOC Contre
René Pilato LFI-NFP Pour
Lisette Pollet RN Contre
Isabelle Rauch HOR Contre
Jean-Claude Raux EcoS Abstention
Catherine Rimbert RN Contre
Véronique Riotton EPR Contre
Laurence Robert-Dehault RN Contre
Vincent Rolland DR Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Valérie Rossi SOC Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Sandrine Rousseau EcoS Contre
Sébastien Saint-Pasteur SOC Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Nicole Sanquer LIOT Contre
Isabelle Santiago SOC Contre
Anne Sicard RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
David Taupiac LIOT Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Céline Thiébault-Martinez SOC Contre
Lionel Tivoli RN Pour
Stéphane Travert EPR Contre
Antoine Valentin UDR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Christopher Weissberg EPR Contre