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l'amendement n° 199 de M. Coulomme après l'article 9 du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).

AN 2 juillet 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, les député.es LFI souhaitent rétablir l’essence même d’une exception, la détention provisoire, désormais érigée en principe, afin qu’elle ne puisse dépasser une durée de deux ans en matière criminelle.

En effet, la détention provisoire constitue une mesure exceptionnelle portant atteinte à la liberté individuelle d’une personne qui bénéficie, tant qu’elle n’a pas été définitivement condamnée, de la présomption d’innocence. À ce titre, elle ne saurait être utilisée que lorsque les nécessités de la procédure ou la protection de l’ordre public rendent impossible toute autre mesure moins attentatoire aux libertés.

Or, l’évolution de la pratique judiciaire a conduit à un recours de plus en plus prolongé à la détention provisoire en matière criminelle. Dans certains dossiers, la durée de l’incarcération avant jugement peut atteindre ou dépasser une période significative, 4 ans et 8 mois actuellement, le principe étant pourtant la durée maximale d’un an, créant une situation dans laquelle la privation de liberté précède durablement toute déclaration de culpabilité. Ainsi, en admettant 2 années de détention provisoire, nous acceptons le double du principe actuel, ce qui est amplement suffisant.

Cette situation soulève plusieurs difficultés. D’une part, elle fragilise l’effectivité du principe de présomption d’innocence garanti notamment par l’article 9 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen ainsi que par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme. D’autre part, elle peut entraîner des conséquences particulièrement lourdes pour les personnes concernées, notamment la perte d’emploi, la rupture des liens familiaux, des difficultés de réinsertion ou encore une atteinte disproportionnée à leur situation personnelle.

Le présent amendement vise à réaffirmer le caractère strictement exceptionnel de la détention provisoire. Elle fixe une durée maximale de 2 ans, au-delà de laquelle la personne prévenue devra être remise en liberté, le cas échéant sous contrôle judiciaire ou assignation à résidence, comme le dicte le principe de l’article 137 du code de procédure pénale.

Ce plafond de 2 ans apparaît de nature à concilier les exigences de la recherche des auteurs d’infractions, la préservation des intérêts de la procédure et la protection des libertés fondamentales.

Enfin, cette mesure est susceptible de contribuer à la réduction de la surpopulation carcérale, phénomène régulièrement constaté dans les établissements pénitentiaires, sans compromettre les objectifs de sécurité publique dès lors que demeurent disponibles les mesures alternatives permettant d’assurer la représentation des personnes devant la justice et de prévenir les risques identifiés par l’autorité judiciaire.

Par conséquent, le présent amendement prévoit qu’en matière criminelle, aucune détention provisoire ne pourra être maintenue au-delà d’une durée totale de deux années.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Raphaël Arnault LFI-NFP Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Pour
Philippe Ballard RN Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
José Beaurain RN Contre
Karim Benbrahim SOC Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Anne Bergantz Dem Contre
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Éric Bothorel EPR Contre
Florent Boudié EPR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Bertrand Bouyx HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Stéphane Buchou EPR Contre
Françoise Buffet EPR Contre
Céline Calvez EPR Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Vincent Caure EPR Contre
Hadrien Clouet LFI-NFP Pour
Nathalie Coggia EPR Contre
Mickaël Cosson Dem Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Pour
Marc Fesneau Dem Contre
Julien Gabarron RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Jean-Carles Grelier Dem Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Félicie Gérard HOR Contre
Marine Hamelet RN Contre
Pierre Henriet HOR Contre
Sébastien Huyghe EPR Contre
Laurent Jacobelli RN Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Andy Kerbrat LFI-NFP Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Constance Le Grip EPR Contre
Pascal Lecamp Dem Contre
Jérôme Legavre LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Philippe Lottiaux RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Sylvain Maillard EPR Contre
Emmanuel Mandon Dem Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Pierre Marle HOR Contre
Éric Martineau Dem Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Laure Miller EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Philippe Naillet SOC Pour
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
François Piquemal LFI-NFP Pour
Christophe Plassard HOR Contre
Lisette Pollet RN Contre
Pierre Pribetich SOC Pour
Sandra Regol EcoS Pour
Joseph Rivière RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Philippe Schreck RN Contre
Sabrina Sebaihi EcoS Pour
Liliana Tanguy EPR Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Pour
Jean Terlier EPR Contre
Céline Thiébault-Martinez SOC Pour
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Annie Vidal EPR Contre
Caroline Yadan EPR Contre
Marc de Fleurian RN Contre
Élisabeth de Maistre DR Contre