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l'amendement n° 849 du Gouvernement à l'article 14 de la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local (première lecture).

AN 9 juillet 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Socialistes et apparentés" Président du groupe "Horizons & Indépendants"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

L’article 14 porte différentes mesures relatives à la formation des élus locaux d’une part une nouvelle mission de formation des élus des communes de moins de 3 500 habitants par le Centre national de la fonction publique territoriale sur financement du fonds du droit individuel à la formation des élus locaux, d’autre part la possibilité de financer via le compte personnel de formation des formations relatives au mandat d’élu local et des formations portant sur l’encadrement des campagnes électorales.

 

Le présent amendement tend à supprimer les dispositions prévoyant que le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) est chargé de l’organisation de formations pour les élus municipaux des communes de moins de 3 500 habitants, pour plusieurs raisons qui avaient par ailleurs conduit les rapporteurs au Sénat à porter et faire voter cette suppression.

 

D’abord, le CNFPT est chargé de la formation initiale et continue des agents de la fonction publique territoriale. Les formations dispensées par le CNFPT sont donc, dans leur approche, conçues à destination de ce public et ne sont pas adaptées aux élus locaux. La formation des élus locaux nécessiterait la mise en place de formations dédiées, compte tenu des attentes et des besoins différents des élus, ce qui demanderait des moyens financiers importants.

 

Ensuite, les élus locaux disposent déjà d’un large choix en termes de formations, dispensées par des organismes agréés et qui sont spécifiquement adaptées à leurs besoins et à leurs attentes. L’enjeu est plutôt d’encourager les élus à bénéficier de ces formations, via leur collectivité ou la mobilisation de leur droit individuel à la formation (DIFE), plutôt que d’élargir la palette de formations qui leur est offerte.  

 

Enfin, le CNFPT ne dispose pas des moyens financiers, matériels et humains pour accueillir, en plus des agents territoriaux, des élus locaux. L’accueil de ce nouveau public nécessiterait des ressources financières supplémentaires importantes, notamment pour recruter de nouveaux formateurs, alors même que le CNFPT consomme déjà l’intégralité du budget alloué à la formation professionnelle des agents territoriaux. Prévoir que ces formations seraient prises en charge par le fonds DIFE serait de nature à compromettre l’équilibre financier de ce fonds qui a nécessité une réforme d’importance en 2021 et 2022 pour limiter certaines dérives.

 

Par ailleurs, les dispositions du III de l’article 14 relatives à l’emploi du compte personnel de formation (CPF) contreviennent aux dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 52-8 du code électoral en permettant à une personne morale de procurer un avantage en nature à un candidat. En effet, les co-financements tiers via le compte personnel de formation sont possibles (article L. 6323-4 du code du travail). Le salarié, candidat à l’élection locale, pourrait se voir financer par son employeur une formation pour le futur exercice de son mandat en cas d’élection, sans lien avec l’objectif de sécurisation du parcours professionnel. L'accès du candidat à de telles formations serait dès lors susceptible de constituer un avantage en nature versé par une personne morale, irrégulier lors de la période de six mois précédant le scrutin.

En outre, la possibilité de recourir au CPF du secteur privé, et non des agents publics, crée une rupture d'égalité entre les candidats. En effet, les candidats travaillant dans le secteur privé bénéficieraient d'un avantage en termes de financement des formations par leurs deniers personnels par rapport aux agents publics se portant candidats à un scrutin.

 

Enfin, au-delà même de l’emploi du CPF, se pose la question de l’intégration de ces dépenses de formation au compte de campagne du candidat, qui n’est pas prévue par le présent article mais serait nécessaire pour assurer l’équité entre les candidats lors de la période de campagne.

 

C’est pourquoi, pour assurer une égalité de traitement et répondre aux objectifs poursuivis par le présent article, le Gouvernement propose :

-          d’une part la mise à disposition à titre gratuit et de manière dématérialisée de modules d’informations élémentaires sur les mandats locaux.

 

Y seront présentés les compétences des collectivités considérées, le rôle et les missions des élus locaux, par exemple avec des témoignages d’élus sur leur action au quotidien. Ces travaux pourront être menés avec les associations d’élus afin de promouvoir l’exercice d’un mandat local et renforcer l’attractivité de ces fonctions électives.

 

Il est prévu que le contenu en soit arrêté par le ministre chargé des collectivités territoriales après avis du Conseil national de la formation des élus locaux, compte tenu de l’expertise de cette instance consultative en matière de formation à l’exercice du mandat d’élu local, même s’il s’agit ici d’informations sur ces fonctions électives ;

 

-          d’autre part la mise à disposition d’une documentation complète à destination des candidats, sur le site internet du ministère de l’intérieur. Cette disposition permet de renforcer les mesures d’ores et déjà prises par le ministère pour accompagner les candidats. En effet, une très abondante documentation, rédigée de manière claire, est fournie sur son site internet. Inscrire cette obligation dans la loi garantira la continuité d’une telle publication, dont les candidats se déclarent par ailleurs satisfaits lors de chaque scrutin, ainsi que son exhaustivité.

 

Il convient de noter que le bureau des élections politiques accompagne également tous les candidats qui le souhaitent, grâce à sa boîte fonctionnelle et à un standard accessible. Il en va de même pour toutes les préfectures, qui sont les interlocuteurs de premier niveau des candidats aux élections.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Marie-José Allemand SOC Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Contre
Pieyre-Alexandre Anglade EPR Abstention
Bénédicte Auzanot RN Pour
Christophe Barthès RN Pour
Fabrice Barusseau SOC Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Contre
Romain Baubry RN Pour
Thibault Bazin DR Pour
Béatrice Bellamy HOR Pour
Béatrice Bellay SOC Contre
Karim Benbrahim SOC Contre
Thierry Benoit HOR Pour
Christophe Bentz RN Pour
Anne Bergantz Dem Pour
Théo Bernhardt RN Pour
Hervé Berville EPR Pour
Bruno Bilde RN Pour
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Philippe Bolo Dem Pour
Anthony Boulogne RN Pour
Idir Boumertit LFI-NFP Pour
Manon Bouquin RN Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Pour
Anthony Brosse EPR Pour
Philippe Brun SOC Contre
Joël Bruneau LIOT Pour
Françoise Buffet EPR Pour
Édouard Bénard GDR Abstention
Elie Califer SOC Contre
Aymeric Caron LFI-NFP Pour
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Sébastien Chenu RN Pour
Nathalie Colin-Oesterlé HOR Pour
Mickaël Cosson Dem Pour
Pierrick Courbon SOC Contre
Marie-Christine Dalloz DR Pour
Hendrik Davi EcoS Contre
Arthur Delaporte SOC Contre
Stéphane Delautrette SOC Contre
Sandrine Dogor-Such RN Pour
Nicole Dubré-Chirat EPR Pour
Emmanuel Duplessy EcoS Contre
Olivier Fayssat Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Agnès Firmin Le Bodo HOR Pour
Jean-Marie Fiévet EPR Pour
Guillaume Florquin RN Pour
Martine Froger LIOT Contre
Jean-Luc Fugit EPR Pour
Camille Galliard-Minier EPR Pour
François Gernigon HOR Pour
Yoann Gillet RN Pour
Christian Girard RN Pour
Philippe Gosselin DR Pour
Guillaume Gouffier Valente EPR Pour
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Julien Guibert RN Pour
Jordan Guitton RN Pour
Steevy Gustave EcoS Contre
Marine Hamelet RN Pour
Catherine Hervieu EcoS Contre
Patrick Hetzel DR Pour
Timothée Houssin RN Pour
Sébastien Huyghe EPR Pour
Cyrille Isaac-Sibille Dem Pour
Pascal Jenft RN Pour
Florence Joubert RN Pour
Chantal Jourdan SOC Contre
Marietta Karamanli SOC Contre
Laure Lavalette RN Pour
Didier Le Gac EPR Abstention
Anne Le Hénanff HOR Pour
Nicole Le Peih EPR Pour
Pascal Lecamp Dem Pour
Roland Lescure EPR Absent
Delphine Lingemann Dem Pour
Christine Loir RN Pour
David Magnier RN Pour
Christophe Marion EPR Pour
Sandra Marsaud EPR Pour
Patrice Martin RN Pour
Élisa Martin LFI-NFP Pour
Bryan Masson RN Pour
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Contre
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Pierre Meurin RN Pour
Éric Michoux Pour
Joséphine Missoffe EPR Pour
Serge Muller RN Pour
Philippe Naillet SOC Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Jacques Oberti SOC Contre
Sophie Pantel SOC Contre
Jérémie Patrier-Leitus HOR Pour
Frédéric Petit Dem Pour
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Béatrice Piron HOR Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Christophe Plassard HOR Pour
Marie Pochon EcoS Contre
Lisette Pollet RN Pour
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Pour
Pierre Pribetich SOC Contre
Julien Rancoule RN Pour
Jean-Claude Raux EcoS Contre
Sandra Regol EcoS Contre
Matthias Renault RN Pour
Catherine Rimbert RN Pour
Laurence Robert-Dehault RN Pour
Valérie Rossi SOC Contre
Fabrice Roussel SOC Contre
Anaïs Sabatini RN Pour
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Contre
Emeric Salmon RN Pour
Thierry Sother SOC Contre
Violette Spillebout EPR Pour
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Nicolas Thierry EcoS Contre
Frédéric Valletoux HOR Pour
Frédéric Weber RN Pour
Marc de Fleurian RN Pour