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l'amendement n° 961 de Mme Bellay après l'article 15 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 30 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Rendre efficient le dispositif d’aide fiscale à l’investissement outre-mer en faveur de la construction de navires de croisière neuf de moins de 400 passagers

La croisière représente un axe de développement économique dans les collectivités d’outre-mer avec la possibilité de créer une alternative au tourisme terrestre un mode d’hôtellerie flottante moins polluant pour le littoral et créateurs d’emplois locaux avec des navires battant pavillon français. Ce secteur qui a vu quelques 30 millions de voyageurs en 2019, soit 70% de plus qu’à la fin de la décennie précédente, hors crise covid, et traduit une évolution des modes de consommation touristiques pour laquelle les département et territoires français ultramarine possèdent de nombreux atouts.

Cependant, le trafic capté par les territoires ultramarins demeure pour l’instant marginal.

Or, un navire de croisière de gabarit limité, avec une capacité de 300 à 400 personnes, opéré à partir d’une  collectivité d’Outre-Mer, peut générer des retombées économiques annuelles très importantes pour cette collectivité  grâce aux dépenses liées à l’équipage (2,2 millions d’euros), aux redevances portuaires (plus de 1,7 millions d’euros),  aux coûts d’expéditions locales et autres fournitures (170 000 euros), aux visites à terre (2,7 millions d’euros), auxtransports connexes à la croisière (7,7 millions d’euros) et, bien sûr, à la création d’emplois sur le navire et à terre. Le revenu supplémentaire pour une collectivité ultramarine s’élève ainsi à près de 20 millions d’euros par an et par navire en opération continue en tête de ligne.

L’extension en 2019 du champ d’application du dispositif d’aide fiscale à l’investissement outre-mer au financement des navires de croisière limités à 400 passagers (200 cabines) aurait pu répondre à cet objectif si elle n’avait pas été assortie d’une mesure de restriction particulièrement drastique de la base éligible des projets à 20% seulement du coût de revient des navires, alors que les autres secteurs éligibles à la défiscalisation n’ont sauf exception pas ce type de restriction.

A ce plafonnement très fort de la base éligible s’ajoute un appauvrissement de la réduction d’impôt qui a été abaissé à 35 % pour les navires de croisière alors qu’elle est fixée à 45,30 % pour la quasi-totalité des autres secteurs économiques et même à 54,30 % pour le secteur de la rénovation hôtelière.  

La combinaison de ces deux restrictions fortes conduit à une réduction d’impôt de seulement 7 % du coût des navires (20 % de base éligible x 35 % de réduction d’impôt), contre respectivement 45,30 % (100 % x 45,30 %) pour la plupart des autres secteurs et 54,30 % (100 % x 54,30 %) pour la rénovation hôtelière. La part de l’avantage fiscal rétrocédée étant selon le dispositif fiscal considéré de 66 % à 80 % de l’avantage fiscal, Il en résulte que l’aide finale pouvant être apporté au porteur de projet ressort à seulement 5 à 6 % du coût de revient pour un navire de croisière, contre environ 30 à 36 % pour un projet dans un autre secteur économique et même 35 à 43 % dans le secteur des énergies renouvelables ou de la rénovation hôtelière.  

De fait, un seul dossier qui était déjà en phase de lancement a été déposé à ce jour dans le cadre du dispositif d’aide fiscale à la croisière, ce qui démontre que le dispositif, avec sa restriction actuelle, est inopérant.

Ceci est d’autant plus regrettable que les croisières locales, avec pavillon européen et escales majoritairement locales correspondent à une demande touristique en croissance et que leurs retombées économiques et sociales peuvent s’avérer très importantes pour la collectivité concernée.

Il faut en outre noter que l’ensemble des critères d’éligibilité (limitation de la taille des navires à 400 passagers au maximum, durée d’exploitation fixée à un minimum de 10 ans, obligation d’exploitation sur zone, obligation de navigation sous pavillon européen, obligation pour la société exploitante de détenir une entité locale dans la collectivité d’outre-mer concernée) permet d’éviter tout risque d’ effet d’aubaine et garantit de restreindre strictement le dispositif à des croisières  régionales, qui s’insèrent dans un modèle de développement touristique durable et soutenable pour nos collectivités d’outre-mer, tant sur les plans écologique et environnemental, qu’économique et social.

Dès lors, il convient de rendre le dispositif efficient en supprimant sa restriction par trop pénalisante en pourcentage du coût de revient des projets mais avec en contrepartie un plafond de coût de revient éligible fixé à 500.000 euros par cabine, ce qui correspond au coût constaté dans la croisière haut de gamme pour ce type de navires,  pour encourager les investissements dans ce secteur au même titre que les autres secteurs éligibles tels que par exemple l’hôtellerie touristique.

Cet amendement a été travaillé avec la Fédération des Entreprises des Outre-mer (FEDOM)

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Béatrice Bellay SOC Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Contre
Sylvain Berrios HOR Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Contre
Emmanuel Blairy RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Anne-Laure Blin DR Contre
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Jérôme Buisson RN Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Contre
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Romain Eskenazi SOC Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Bruno Fuchs Dem Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Contre
Laurence Gardet NI Contre
Yoann Gillet RN Contre
Christian Girard RN Contre
Antoine Golliot RN Contre
Géraldine Grangier RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Steevy Gustave EcoS Contre
Félicie Gérard HOR Contre
Florence Joubert RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Philippe Juvin DR Contre
Hélène Laporte RN Contre
Corentin Le Fur DR Contre
Nadine Lechon RN Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Éric Martineau Dem Abstention
Denis Masséglia EPR Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Paul Midy EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Contre
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Anna Pic SOC Pour
Dominique Potier SOC Pour
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Stéphane Rambaud RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Contre
Jean-Claude Raux EcoS Contre
Nicolas Ray DR Contre
Sandra Regol EcoS Contre
Vincent Rolland DR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Contre
Eva Sas EcoS Contre
Sabrina Sebaihi EcoS Contre
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Lionel Tivoli RN Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Antoine Villedieu RN Contre