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l'amendement n° 670 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 15 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 30 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Rassemblement National"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement met fin, pour les seules entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros, au régime de réduction d’impôt du mécénat prévu à l’article 238 bis du code général des impôts, et le remplace par un régime de simple déductibilité du bénéfice imposable, dans la même limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires, avec report de l’excédent sur cinq exercices.

Issu de la loi du 1er août 2003 dite « loi Aillagon », le mécénat d’entreprise ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 60 % des versements, ramenée à 40 % pour la fraction des dons excédant 2 millions d’euros depuis l’article 134 de la loi de finances pour 2020. Concrètement, lorsqu’une grande entreprise donne 100 euros, l’État en finance 60, ou 40 au-delà de 2 millions d’euros, tandis que l’entreprise en supporte 40 ou 60 et en retire seule le bénéfice d’image.

La Cour des comptes, dans sa communication de novembre 2018 sur le soutien public au mécénat des entreprises, a établi que la dépense fiscale correspondante avait été multipliée par dix, passant de 90 millions d’euros en 2004 à 902 millions d’euros en 2017, et qu’elle était très concentrée : en 2016, 24 entreprises représentaient à elles seules 44 % de la créance fiscale. Elle a relevé que l’État n’était pas en mesure d’évaluer l’utilité de ce soutien et que les dons ne faisaient en pratique l’objet d’aucun contrôle, dénonçant une « gestion trop passive de cette dépense fiscale par les services de l’État ». Depuis lors, la dépense fiscale a continué de croître : elle dépasse désormais 1,3 milliard d’euros par an selon les documents budgétaires annexés aux lois de finances.

La réforme de 2020, qui n’a concerné que 78 entreprises pour une économie estimée par le Gouvernement entre 80 et 130 millions d’euros par an, n’a pas remis en cause la logique du dispositif : le contribuable continue de financer majoritairement les choix philanthropiques, culturels ou d’image des plus grands groupes, sans que le Parlement en contrôle ni l’objet ni l’efficacité.

Le présent amendement retient une position équilibrée. Le régime de réduction d’impôt est intégralement préservé, au taux de 60 %, pour les très petites, petites et moyennes entreprises ainsi que pour les entreprises de taille intermédiaire, dont le mécénat de proximité irrigue le tissu associatif, sportif, culturel et patrimonial de nos territoires. Il est également préservé, quelle que soit la taille de l’entreprise, pour les dons aux organismes qui fournissent gratuitement des repas, des soins ou un logement aux personnes en difficulté, conformément à l’exception dite « Coluche » déjà prévue par la loi.

Pour les entreprises dont le chiffre d’affaires excède 1 milliard d’euros, seuil déjà retenu par la loi de finances pour 2025 pour la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, le don redevient ce qu’il doit être : une charge que l’entreprise assume, déductible de son résultat au taux normal de l’impôt sur les sociétés, soit un avantage fiscal ramené de 60 % ou 40 % à 25 % du montant versé. Le seuil est apprécié au niveau du groupe fiscalement intégré, afin d’éviter tout contournement par la répartition des dons entre filiales, contournement que la Cour des comptes avait identifié.

Il est demandé au Gouvernement de lever le gage.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Béatrice Bellay SOC Contre
Karim Ben Cheikh EcoS Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Contre
Emmanuel Blairy RN Pour
Anne-Laure Blin DR Contre
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Anthony Boulogne RN Pour
Mickaël Bouloux SOC Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Jérôme Buisson RN Pour
Caroline Colombier RN Pour
Éric Coquerel LFI-NFP Contre
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Nicolas Dragon RN Pour
Romain Eskenazi SOC Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Contre
Emmanuel Fouquart RN Pour
Bruno Fuchs Dem Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Laurence Gardet NI Pour
Yoann Gillet RN Pour
Christian Girard RN Pour
Géraldine Grangier RN Pour
Julien Guibert RN Pour
Carole Guillerm Dem Contre
Steevy Gustave EcoS Contre
Félicie Gérard HOR Abstention
Chantal Jourdan SOC Contre
Philippe Juvin DR Contre
Hélène Laporte RN Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Karine Lebon GDR Contre
Nadine Lechon RN Pour
Vincent Ledoux EPR Contre
Philippe Lottiaux RN Pour
Matthieu Marchio RN Pour
Éric Martineau Dem Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Marcellin Nadeau GDR Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Contre
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Anna Pic SOC Contre
Dominique Potier SOC Contre
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Contre
Jean-Claude Raux EcoS Contre
Nicolas Ray DR Contre
Matthias Renault RN Pour
Vincent Rolland DR Contre
Sophie-Laurence Roy RN Pour
Alexandre Sabatou RN Pour
Aurélien Saintoul LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Pour
Nicolas Sansu GDR Contre
Eva Sas EcoS Contre
Sabrina Sebaihi EcoS Abstention
Jean-Philippe Tanguy RN Pour
Lionel Tivoli RN Pour
Gabriel Tomatis RN Pour
Antoine Villedieu RN Pour