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l'amendement n° 2463 de M. Le Coq après l'article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 28 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement des députés LFI vise à passee le taux de l’impôt sur les sociétés à 35 % pour les entreprises qui permettent en leur sein des écarts de rémunération de plus de 1 à 20 entre leurs salariés.

Les grandes entreprises refusent systématiquement d'augmenter les salaires, mais rémunèrent toujours plus grassement leurs dirigeants. Selon la Dares, plus de 3 millions de salariés touchent le SMIC ou un salaire très proche, soit environ 17,3 % des salariés du privé. À l'autre bout de l'échelle, la rémunération médiane des patrons du CAC 40 a atteint en 2024 un niveau record de 5,6 millions d'euros, et elle a encore bondi de 14 % en 2025, pour atteindre 6,8 millions d'euros. Selon Oxfam et la Confédération syndicale internationale, les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises françaises ont augmenté 3,3 fois plus vite que celles de leurs salariés en 2025. Toute la valeur produite par le travail est captée par une petite minorité d'accapareurs, dirigeants et actionnaires.

Les exemples sont vertigineux. Francesco Milleri, président d'EssilorLuxottica, a perçu 23,1 millions d'euros au titre de 2024. L'Observatoire des inégalités a calculé qu'un salarié au SMIC devrait travailler 1 372 ans pour atteindre ce niveau de rémunération annuelle. Cyrille Bolloré suit avec 15,7 millions d'euros, et Pascal Daloz (Dassault Systèmes) avec 15,5 millions d'euros. Même Proxinvest, cabinet de conseil aux actionnaires, juge ces montants excessifs : il fixe à 5,7 millions d'euros la rémunération maximale « socialement acceptable », seuil que 26 patrons du CAC 40 ont franchi en 2024.

Ces écarts sont moralement indécents et économiquement absurdes. Rien ne justifie qu'un seul individu gagne des centaines de fois le salaire de ceux qui produisent la richesse de son entreprise. La concentration des revenus au sommet prive l'économie de la consommation populaire, qui porte plus de la moitié de notre PIB.

Des règles de modération existent pourtant déjà : dans les entreprises publiques comme EDF ou La Poste, la rémunération des dirigeants est plafonnée à 450 000 euros par an. Les grandes entreprises privées ne s'imposent aucune retenue. C'est donc à la puissance publique d'agir.

Rappelons que le dernier centile de revenu se situe en France au-dessus de 10 222 euros, soit tout juste 7,3 SMICs nets. Notre proposition, en ne touchant mécaniquement que les revenus au-dessus de vingt fois le SMIC, se situe à un niveau bien plus élevé. Elle ne concernera en conséquence qu'une minuscule minorité.

Alors que les grandes entreprises françaises refusent de redistribuer justement la valeur produite vers leurs salariés, nous proposons de mettre en place une majoration de 10 % d’impôt sur les sociétés pour les entreprises dont les écarts sont supérieurs de 1 à 20. Il suffira alors aux dirigeants d'augmenter leurs salariés pour pouvoir s'augmenter eux-mêmes dans des proportions 20 fois supérieures.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Christine Arrighi EcoS Pour
Jean-Pierre Bataille LIOT Contre
Laurent Baumel SOC Pour
Belkhir Belhaddad SOC Pour
Karim Benbrahim SOC Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Anne Bergantz Dem Contre
Emmanuel Blairy RN Contre
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Jean-Yves Bonnefoy DR Contre
Sylvie Bonnet DR Contre
Jean-Yves Bony DR Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Julien Brugerolles GDR Pour
Danielle Brulebois EPR Contre
Joël Bruneau LIOT Contre
Jérôme Buisson RN Contre
Aymeric Caron LFI-NFP Pour
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Roger Chudeau RN Contre
Caroline Colombier RN Contre
Josiane Corneloup DR Contre
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Catherine Dellong Meng RN Contre
Stella Dupont NI Contre
Philippe Fait HOR Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Muriel Fiol NI Contre
Thierry Frappé RN Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
José Gonzalez RN Contre
Géraldine Grangier RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Félicie Gérard HOR Contre
Melouka Hadj-Mimoune NI Pour
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Sébastien Humbert RN Contre
Pascal Jenft RN Contre
Philippe Juvin DR Contre
Sandrine Lalanne EPR Contre
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Kévin Mauvieux RN Contre
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Paul Midy EPR Contre
Laure Miller EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Julien Odoul RN Contre
Stéphane Peu GDR Pour
Kévin Pfeffer RN Contre
René Pilato LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Lisette Pollet RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Nicolas Ray DR Contre
Matthias Renault RN Contre
Emmanuel Riotte HOR Contre
Valérie Rossi SOC Pour
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Sébastien Saint-Pasteur SOC Pour
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Isabelle Santiago SOC Pour
Raphaël Schellenberger NI Contre
Bertrand Sorre EPR Contre
Thierry Sother SOC Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Antoine Villedieu RN Contre
Lionel Vuibert NI Contre
Caroline Yadan EPR Contre
Charles de Courson LIOT Contre