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l'amendement n° 1365 de Mme Mercier après l'article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 28 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement défendu par les députés du Groupe socialistes et apparentés propose la mise en place d’une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises du secteur pétrolier, ayant très largement profité du contexte géopolitique récent tandis que les français peinent à remplir leurs réservoirs pour se déplacer et leurs citernes pour se chauffer.

Depuis le déclenchement du conflit en Iran le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël, le baril de Brent a franchi à plusieurs reprises le seuil des 100$ et la fermeture du détroit d’Ormuz a bloqué près de 20 % de l’offre mondiale. Le même mécanisme qu’en 2022 est à l’œuvre : la flambée des prix génère des bénéfices exceptionnels pour les grandes entreprises pétrolières, sans que cette hausse reflète une réelle augmentation des coûts de production ni ne rémunère un risque entrepreneurial. TotalEnergies, et BP ont par exemple annoncé des bénéfices de 11,2 milliards (+72 % en un an), et 8,9 milliards (+138 %) de dollars pour le seul premier semestre 2026, ravivant le débat sur la légitimité de ces rentes et l’incapacité des États à les capter.

Dans le même temps, la hausse des prix de l’essence et du diesel pèse lourdement sur les ménages et les entreprises de notre pays. Dans ce contexte, il est urgent de mobiliser de nouvelles recettes fiscales afin de soutenir les ménages les plus exposés à la crise et de financer les solutions de mobilité permettant de réduire la dépendance structurelle de la France aux énergies fossiles importées.

Le présent amendement vise ainsi à créer une contribution sur la part française des profits exceptionnels mondiaux des entreprises du secteur pétrolier, qui se déclencherait automatiquement lorsque les conditions caractérisant une situation de profits exceptionnels sont réunies.

Elle s’inscrit dans le prolongement des précédentes tentatives de taxation des rentes générées par les crises énergétiques en Europe. À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’Union européenne a ainsi instauré en 2022 une contribution temporaire de solidarité sur les bénéfices excédentaires des secteurs du pétrole, du gaz, du charbon et du raffinage. Ce dispositif reposait sur une taxation de la fraction des bénéfices dépassant de 20 % la moyenne des bénéfices réalisés au cours des exercices précédents.

L’expérience française de 2022 a toutefois montré les limites d’un mécanisme reposant sur les bénéfices imposables localisés en France. Le périmètre retenu et les possibilités de localisation des bénéfices ont notamment contribué à limiter fortement le rendement de la contribution française.

C’est pourquoi la présente proposition retient une assiette fondée sur les profits consolidés mondiaux. Le profit exceptionnel est défini et calculé au niveau du groupe dans son ensemble, comme la fraction du bénéfice consolidé qui excède 10 % du chiffre d’affaires consolidé mondial. Les taxes extractives et contributions analogues déjà acquittées à l’étranger sont déduites afin d’éviter une double imposition. Seules les entreprises exerçant une activité d’extraction, de raffinage, de production ou de commercialisation d’hydrocarbures dont le groupe présente une rentabilité consolidée supérieure à ce seuil sont ainsi assujetties à la contribution. Cette définition s’inscrit dans les discussions internationales sur la notion de profit résiduel, notamment dans le cadre des travaux de l’OCDE.

Le droit à taxer de la France est ensuite déterminé selon la part du chiffre d’affaires du groupe réalisée auprès de clients situés en France. Cette méthode permet ainsi de taxer la part française d’un profit exceptionnel mondial indépendamment du lieu où le groupe a choisi de comptabiliser juridiquement ses bénéfices. La présente proposition prévoit également un dispositif visant à prévenir la répercussion de la contribution sur les consommateurs et à permettre le suivi des prix et des marges.

Enfin, la pérennisation d’un tel mécanisme suppose de définir objectivement les situations dans lesquelles il doit être activé. Plutôt que de faire dépendre la taxation d’une comparaison avec les bénéfices passés des entreprises, qui peuvent être affectés par les cycles économiques et les choix comptables, la présente proposition retient un indicateur extérieur aux entreprises : le prix du pétrole brut. La contribution se déclenche lorsque le prix annuel du Brent dépasse significativement sa moyenne récente, en tenant compte de la volatilité observée au cours des trois années précédentes. Ce mécanisme permet ainsi de créer une contribution pérenne, qui s’applique dans les périodes de hausse brutale des prix du pétrole.

Techniquement le présent amendement :

– Crée une contribution pérenne, qui ne s’applique que lorsque les conditions de crise prévues par le dispositif sont réunies ;

– Définit les entreprises du secteur pétrolier redevables de la contribution ;

– Fixe les conditions de déclenchement de la contribution, reposant à la fois sur le niveau exceptionnel du prix du Brent, sur une marge bénéficiaire consolidée mondiale supérieure à 10 % du chiffre d’affaires ;

– Définit le profit exceptionnel mondial et détermine la part attribuable à la France selon la part du chiffre d’affaires réalisé auprès de clients français, après déduction des taxes extractives ou analogues déjà acquittées à l’étranger ;

– Fixe le taux de la contribution ;

– Interdit la répercussion de la contribution sur les prix payés par les consommateurs et prévoit les modalités de suivi nécessaires au contrôle de cette interdiction ;

– Fixe les règles d’établissement, de contrôle et de recouvrement de la contribution ;

– Exclut enfin la contribution des charges déductibles pour la détermination du résultat imposable.

Cet amendement a été travaillé avec l’Institut Veblen, Transport & Environnement et mobilise les recherches conduites par l’’International Tax Observatory.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Christine Arrighi EcoS Pour
Belkhir Belhaddad SOC Pour
Béatrice Bellay SOC Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Christophe Bentz RN Contre
Ugo Bernalicis LFI-NFP Pour
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Benoît Blanchard HOR Contre
Matthieu Bloch UDR Contre
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Nicolas Bonnet EcoS Pour
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Anthony Brosse EPR Contre
Joël Bruneau LIOT Contre
Édouard Bénard GDR Pour
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Roger Chudeau RN Contre
Caroline Colombier RN Contre
Alexis Corbière EcoS Pour
Arthur Delaporte SOC Pour
Catherine Dellong Meng RN Contre
Alexandre Dufosset RN Contre
Stella Dupont NI Pour
Karen Erodi LFI-NFP Pour
Philippe Fait HOR Contre
Frédéric Falcon RN Contre
Olivier Fayssat UDR Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Muriel Fiol NI Contre
Jean-Marie Fiévet EPR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Thierry Frappé RN Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Denis Fégné SOC Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet RN Contre
Jonathan Gery RN Contre
Christian Girard RN Contre
Antoine Golliot RN Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Julien Guibert RN Contre
Jordan Guitton RN Contre
Marine Hamelet RN Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Sébastien Humbert RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Édouard Jordan RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Philippe Juvin DR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Abdelkader Lahmar LFI-NFP Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Robert Le Bourgeois RN Contre
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Nadine Lechon RN Contre
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Gérard Leseul SOC Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
René Lioret RN Contre
Marie-France Lorho RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Pierre Marle HOR Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Kévin Mauvieux RN Contre
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Paul Midy EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Jacques Oberti SOC Pour
Marc Pena SOC Pour
Maud Petit Dem Abstention
René Pilato LFI-NFP Pour
François Piquemal LFI-NFP Pour
Béatrice Piron HOR Contre
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Pierre Pribetich SOC Pour
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Matthias Renault RN Contre
Laurence Robert-Dehault RN Contre
Vincent Rolland DR Contre
Valérie Rossi SOC Pour
Claudia Rouaux SOC Pour
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Pour
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Isabelle Santiago SOC Pour
Eva Sas EcoS Pour
Raphaël Schellenberger NI Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Pour
Gabriel Tomatis RN Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Nicolas Tryzna DR Contre
Corinne Vignon EPR Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Contre
Frédéric Weber RN Contre