l'amendement n° 1390 de Mme Belouassa-Cherifi après l'article 7 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (première lecture).
AN 22 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire
Fait partie de la loi : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"
Exposé sommaire
Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).
Cet amendement du groupe La France insoumise vise à faire peser sur les entreprises donneuses d’ordre une responsabilité effective en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles.
Le recours à la sous-traitance s’est imposé comme un modèle économique profitable aux grandes entreprises qui voient leur responsabilité diluée dans l’ensemble de la chaîne. En 2019, 28 % des établissements sont sous-traitants (et 7 % le sont pour plus de la moitié de leur activité), et les salarié·e·s sous-traitant·e·s, représentent également 28 % de l’ensemble des salarié·e·s
Cette absence de responsabilité permet une pressurisation des preneurs d’ordres qui se répercutent sur la santé des travailleurs. Les conséquences de la sous-traitance sur la dégradation des conditions de travail sont documentées depuis 15 ans. La conclusion de la dernière étude de la Dares est implacable : « Quand un établissement du secteur privé non agricole est en situation de sous-traitance pour un donneur d’ordres, ses salariés sont davantage exposés à certains risques physiques et organisationnels. Même une fois pris en compte ce surcroît d’expositions, le risque d’accidents du travail est plus important chez les sous-traitants. » Dans les établissements dont le chiffre d’affaires comme preneurs d’ordres représentent 10 % à 49 %, le taux d’accident du travail est de 5,2 % contre 2,9 % pour les établissements n’ayant pas de donneurs d’ordres. Par ailleurs, les entreprises sous-traitantes qui emploient en majorité des employés et des ouvriers présentent une sinistralité plus importante.
La relation entre les donneurs d’ordres et les entreprises sous-traitantes n’est pas une relation égale. La responsabilité des donneurs d’ordres doit être à la hauteur du pouvoir qu’ils ont sur leurs sous‑traitants et les salariés des sous‑traitants qui doivent bénéficier d’une protection.
Alors que le Gouvernement entend faire la chasse aux malades professionnels et accidentés du travail, cet amendement instaure un malus national pour les entreprises qui exposent délibérément leurs travailleurs aux risques en les externalisant par la sous-traitance.
Répartition par parti
Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin