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l'amendement n° 700 de Mme Rixain à l'article 8 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).

AN 2 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants

Présidente de séance

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Les violences économiques sont l’une des manifestations majeures du contrôle coercitif. Ce mode d’emprise psychologique et comportementale vise à priver la victime de son autonomie. Elles constituent le point d’entrée, sinon le dénominateur commun, d’un continuum de violences instauré par le conjoint violent. Privation de ressources, captation du salaire ou des prestations sociales, contrôle d’un compte joint, procurations bancaires ou souscription d’engagements financiers peuvent placer la victime dans une situation de dépendance telle que l’absence d’autonomie financière devient un obstacle à son départ, à sa mise en sécurité et à sa reconstruction. 

Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour la FNSF et le Crédit Mutuel, 39 % des femmes victimes de violences économiques restent avec leur conjoint pour des raisons financières et 72 % d’entre elles déclarent avoir également été victimes de violences verbales et physiques.

Il est donc nécessaire de renforcer les pouvoirs du juge aux affaires familiales dans le cadre de l’ordonnance de protection, afin de garantir aux victimes les moyens de leur autonomie économique et financière pour leur permettre de se libérer de l’emprise de leur conjoint violent.

Cet amendement vise à compléter et à renforcer les mesures de protection financière adoptées en commission, en dotant le juge de moyens supplémentaires pour sécuriser immédiatement les ressources de la victime et les avoirs détenus conjointement.

Il prévoit, en premier lieu, la possibilité de suspendre provisoirement la faculté pour chacun des cotitulaires d’effectuer seul des opérations sur les comptes détenus conjointement, afin de prévenir toute captation ou dissipation des avoirs, tout en permettant la réalisation des dépenses nécessaires à la vie courante et à l’entretien des enfants.

En deuxième lieu, le juge peut ordonner le versement du salaire de la victime et de certaines prestations sociales sur un compte dont elle est seule titulaire, afin de lui garantir la maîtrise effective de ses propres ressources. Cette mesure prolonge les avancées de la loi du 24 décembre 2021 visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle.

L’amendement prévoit également la possibilité de révoquer les procurations consenties à la partie défenderesse sur les comptes, produits d’épargne et instruments financiers de la victime, afin de mettre fin aux pouvoirs dont elle dispose sur les avoirs personnels de cette dernière.

Enfin, lorsque les parties vivent en concubinage, le juge peut ordonner le versement par la partie défenderesse d’une provision destinée à pourvoir aux dépenses nécessaires à la vie courante de la victime lorsque le danger auquel elle est exposée la prive ou risque de la priver de ressources suffisantes. Contrairement aux couples mariés ou liés par un pacte civil de solidarité, les concubins ne sont tenus à aucune obligation d’aide matérielle. Une victime vivant en concubinage est pourtant exposée au même risque de dénuement matériel du fait des violences économiques. Cette provision, fondée sur la situation de danger ayant justifié la délivrance de l’ordonnance de protection, vise ainsi à lui garantir temporairement les ressources nécessaires à la vie courante.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Audrey Abadie-Amiel LIOT Contre
Marie-José Allemand SOC Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Contre
Clémentine Autain EcoS Contre
Erwan Balanant Dem Contre
Anchya Bamana RN Abstention
José Beaurain RN Abstention
Béatrice Bellay SOC Pour
Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP Pour
Karim Benbrahim SOC Contre
Anne Bergantz Dem Abstention
Sophie Blanc RN Abstention
Benoît Blanchard HOR Pour
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Émilie Bonnivard DR Contre
Bertrand Bouyx HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Colette Capdevielle SOC Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Pour
Cendrine Chazé DR Abstention
Laurent Croizier Dem Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Pour
Nicolas Dragon RN Abstention
Lionel Duparay DR Abstention
Romain Eskenazi SOC Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Contre
Yoann Gillet RN Abstention
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Perrine Goulet Dem Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Michel Guiniot RN Abstention
Steevy Gustave EcoS Contre
Ayda Hadizadeh SOC Pour
Florence Herouin-Léautey SOC Contre
Sandrine Josso Dem Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Brigitte Liso EPR Pour
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
David Magnier RN Abstention
Matthieu Marchio RN Abstention
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Contre
Alexandra Martin (Gironde) EPR Pour
Graziella Melchior EPR Pour
Christophe Mongardien EPR Pour
Sophie Panonacle EPR Pour
Mathilde Panot LFI-NFP Pour
Maud Petit Dem Pour
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Béatrice Piron HOR Contre
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Lisette Pollet RN Abstention
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Sandra Regol EcoS Contre
Mereana Reid Arbelot GDR Contre
Marie-Pierre Rixain EPR Pour
Sandrine Rousseau EcoS Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Pour
Isabelle Santiago SOC Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Pour
Emmanuel Taché RN Abstention
David Taupiac LIOT Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Contre
Céline Thiébault-Martinez SOC Contre