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l'amendement n° 708 de Mme Faucillon après l'article 4 du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (première lecture).

AN 9 juillet 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens

Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

L’article L. 332-11 du code du sport permet déjà à un juge judiciaire de prononcer une interdiction de stade pouvant aller jusqu’à 5 années contre une personne commettant l’un des délits propres aux manifestations sportives. Il existe donc déjà un moyen d’écarter un délinquant pendant une longue durée, après la tenue d’un procès contradictoire, respectant les droits de la défense et le droit à un procès équitable.

L’article L. 332-16 du code du sport permet à un préfet d’interdire de stade un supporter à titre préventif. Cette mesure intervient sans respect des droits de la défense ni droit à un procès équitable. Il s’agit d’une mesure de prévention et non de sanction. Elle doit permettre de faire la jointure entre la commission d’un acte grave ou d’une série d’actes délictueux et la tenue du procès judiciaire, lequel permettra le prononcé d’une interdiction pouvant aller jusqu’à 5 années. C’est ainsi qu’un rapport sénatorial (MM. Murat et Martin) et le commissaire en charge de la DNLH (M. Boutonnet) dans la presse ont rappelé la vocation de cette mesure. Il s’agit d’une mesure de police administrative et non d’une sanction pénale. Elle a pour seul effet d’écarter du stade une personne présumée dangereuse en attendant son jugement. Elle ne peut se concevoir comme s’appliquant à une personne concernant laquelle l’autorité judiciaire a estimé qu’elle n’avait commis aucun acte justifiant poursuites ou condamnation pénale.

La rédaction de cet alinéa permettra d’éviter des dérives qui ont pu être constatées en très grand nombre depuis plusieurs années. Il convient d’être d’autant plus prudent que les tribunaux administratifs connaissent un taux de 75 % (anormalement élevé) d’annulation des mesures d’interdiction administrative de stade, traduisant un usage abusif méconnaissant les droits fondamentaux des intéressés. Le juge administratif étant très réservé à suspendre en référé ces arrêtés, les supporters se voient contraints de subir cette mesure alors même que le juge judiciaire n’a retenu aucune charge contre eux et que le juge administratif l’annule deux années plus tard.

Étant précisé que durant ces vingt-quatre ou trente-six mois, le supporter est contraint de se rendre au commissariat à chaque rencontre au détriment de sa vie privée, familiale et professionnelle.Le rapport parlementaire de mai 2020 préconisait ainsi que « la possibilité de cumuler IAS et IJS doit être supprimée. Dès lors qu’une IJS est prononcée, elle doit entraîner la caducité automatique de l’IAS, sur le modèle des dispositions prévues pour le permis de conduire à l’article L. 224-9 du code de la route. Cela signifie que l’IAS doit cesser d’avoir effet dès lors qu’une IJS devient exécutoire, et qu’elle doit être considérée comme non avenue en cas d’ordonnance de non-lieu ou de jugement de relaxe de la part du juge judiciaire. L’introduction de telles dispositions dans le code du sport implique parallèlement de considérer les IAS comme des sanctions administratives, et non plus comme des mesures de police. 

Le même objectif pourrait être atteint par la définition de bonnes pratiques entre parquets et préfectures, en assurant une circulation fluide de l’information et en donnant pour consigne aux préfectures d’annuler leurs IAS une fois la justice passée – ce que font déjà certaines d’entre elles.

Cet amendement a été travaillé avec l’Association nationale des supporters.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Xavier Albertini HOR Contre
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Pieyre-Alexandre Anglade EPR Contre
Philippe Ballard RN Contre
Romain Baubry RN Contre
José Beaurain RN Contre
Anne Bergantz Dem Contre
Ugo Bernalicis LFI-NFP Pour
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Benoît Blanchard HOR Contre
Matthieu Bloch UDR Contre
Manon Bouquin RN Contre
Jorys Bovet RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Anthony Brosse EPR Contre
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP Pour
Eddy Casterman RN Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Vincent Caure EPR Contre
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Cendrine Chazé DR Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
François Cormier-Bouligeon EPR Contre
Jean-François Coulomme LFI-NFP Pour
Pierrick Courbon SOC Pour
Laurent Croizier Dem Contre
Christelle D'Intorni UDR Contre
Catherine Dellong Meng RN Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Pour
Nicolas Dragon RN Contre
Jérôme End DR Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Denis Fégné SOC Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Florence Goulet RN Contre
Jean-Carles Grelier Dem Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Jordan Guitton RN Contre
Steevy Gustave EcoS Pour
Marine Hamelet RN Contre
Sacha Houlié SOC Pour
Sébastien Huyghe EPR Contre
Jérémie Iordanoff EcoS Pour
Cyrille Isaac-Sibille Dem Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Florence Joubert RN Contre
Andy Kerbrat LFI-NFP Pour
Philippe Latombe Dem Contre
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Constance Le Grip EPR Contre
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Delphine Lingemann Dem Contre
Marie-France Lorho RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Pierre Marle HOR Contre
Éric Martineau Dem Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Maxime Michelet UDR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Louise Morel Dem Contre
Serge Muller RN Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Jimmy Pahun Dem Contre
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
Jérémie Patrier-Leitus HOR Contre
Éric Pauget DR Contre
Béatrice Piron HOR Contre
Lisette Pollet RN Contre
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Absent
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Julien Rancoule RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Catherine Rimbert RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Vincent Rolland DR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Anne Sicard RN Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Michaël Taverne RN Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Roger Vicot SOC Pour
Anne-Cécile Violland HOR Contre
Marc de Fleurian RN Contre