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Transparence parlementaire · Assemblée nationale & Sénat

l'amendement n° 181 de M. Coulomme à l'article 3 du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).

AN 1 juillet 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent supprimer l’extension du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) au délit d’entrave à l’arrivée des secours.

Le FNAEG était à l’origine un fichier limité aux infractions sexuelles et devait se limiter aux infractions les plus graves. Or, par l’adoption de lois successives, son champ d’application a été considérablement élargi. Cette extension progressive a profondément modifié la nature du fichier, qui tend désormais à devenir un instrument de police judiciaire de portée générale, bien au-delà de sa finalité initiale.

Le FNAEG porte en lui-même atteinte au droit à la vie privée et la CNIL rappelle à ce titre que ce fichier « constitue un fichier susceptible d’être considéré, par nature et en raison notamment des données qu’il contient, comme plus attentatoire aux libertés individuelles que d’autres fichiers de police judiciaire ». Au seul motif de cette atteinte, le recours au FNAEG ne devrait être strictement limité qu’aux infractions les plus graves. Conformément au principe de proportionnalité, consacré tant par la jurisprudence constitutionnelle que par celle de la Cour européenne des droits de l’homme, le recours à un traitement de données génétiques ne peut se justifier que lorsqu’il répond à un objectif d’une gravité suffisante et qu’aucune mesure moins attentatoire aux libertés ne permet d’atteindre le même résultat.

Au-delà de l’atteinte aux libertés fondamentales, l’extension du recours au FNAEG traduit une tendance à faire du fichage génétique une pratique d’enquête de droit commun. C’est notamment un des points d’inquiétude de la CNIL lorsqu’elle explique que « les évolutions successives du traitement, en particulier celles prévues par le présent projet de loi, conduisent à faire évoluer le FNAEG en un instrument de recherche « de droit commun », et donc à banaliser l’usage de données génétiques ». Enfin, selon le Syndicat de la magistrature, cette mesure traduit une « stratégie d’extension continue de fichage judiciaire de la population, avec un glissement toujours plus important vers des infractions de plus faible intensité » et une banalisation de l’usage des données génétiques.

Cette tendance se fait au détriment des autres techniques d’enquête moins intrusives et attentatoires aux libertés. De plus, le recours systématique à cette technique installe une pratique du travail de la police judiciaire principalement orientée vers la collecte de données génétiques et le recoupement de ces données. Or, aucune évaluation publique ne démontre que l’élargissement constant du périmètre du FNAEG se traduise par une augmentation proportionnelle du taux d’élucidation des infractions. L’efficacité de la police judiciaire repose avant tout sur la qualité du travail d’enquête, le recueil des témoignages, les investigations de terrain, les constatations techniques et la coordination des différents moyens d’investigation. Ce travail d’enquête et de terrain permet d’aborder les infractions dans leur contexte et d’identifier les ressorts individuels et structurels qui auraient amené au comportement infractionnel.

L’enjeu est alors pour le Gouvernement d’augmenter drastiquement la quantité de données génétiques collectées, déjà importante car elle regroupe plus de 6 millions d’empreintes génétiques, dont 4,3 millions de personnes identifiées, afin de faciliter la correspondance entre une empreinte et une personne. Toutefois, l’accroissement continu du volume du fichier ne saurait constituer une fin en soi. En matière de police scientifique, l’augmentation quantitative des profils enregistrés ne garantit pas, à elle seule, une amélioration de l’efficacité des investigations. Au contraire, un fichier recentré sur les infractions pour lesquelles l’identification génétique présente une réelle valeur ajoutée apparaît plus conforme aux exigences de bonne administration de la justice et de proportionnalité.

Par conséquent, et en accord avec les recommandations de la CNIL qui « estime que le champ infractionnel du FNAEG devrait rester limité à un ensemble cohérent d’infractions, d’une gravité significative », nous proposons de retirer du champ infractionnel le délit d’entrave à l’arrivée des secours.

Cette suppression ne remet nullement en cause les capacités d’investigation de la police judiciaire, qui dispose déjà de nombreux moyens techniques et procéduraux adaptés à la constatation et à la répression de ces infractions, mais permet de préserver le caractère exceptionnel du recours au fichage génétique.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Raphaël Arnault LFI-NFP Pour
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Karim Benbrahim SOC Pour
Thierry Benoit HOR Contre
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Anne Bergantz Dem Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Benoît Blanchard HOR Contre
Philippe Bonnecarrère NI Abstention
Éric Bothorel EPR Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Danielle Brulebois EPR Contre
Françoise Buffet EPR Contre
Jérôme Buisson RN Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Danièle Carteron EPR Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Vincent Caure EPR Contre
Paul Christophle SOC Pour
Michel Criaud HOR Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Pour
Benjamin Dirx EPR Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Emmanuel Duplessy EcoS Pour
Olivier Fayssat UDR Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Jonathan Gery RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Christian Girard RN Contre
Philippe Gosselin DR Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Jean-Carles Grelier Dem Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Steevy Gustave EcoS Abstention
Félicie Gérard HOR Contre
Marine Hamelet RN Contre
Catherine Hervieu EcoS Pour
Sébastien Huyghe EPR Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Andy Kerbrat LFI-NFP Pour
Brigitte Klinkert EPR Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Constance Le Grip EPR Contre
Nadine Lechon RN Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Didier Lemaire HOR Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Sylvain Maillard EPR Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Laurent Marcangeli HOR Contre
Christophe Marion EPR Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Sophie Mette Dem Contre
Maxime Michelet UDR Contre
Laure Miller EPR Contre
Jacques Oberti SOC Pour
Danièle Obono LFI-NFP Pour
Karl Olive EPR Contre
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
François Piquemal LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Christophe Plassard HOR Contre
Dominique Potier SOC Pour
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Contre
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Pierre Pribetich SOC Pour
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Sandra Regol EcoS Pour
Charles Rodwell EPR Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Sabrina Sebaihi EcoS Pour
Liliana Tanguy EPR Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Pour
Vincent Thiébaut HOR Contre
Anne-Cécile Violland HOR Contre
Dominique Voynet EcoS Abstention