Qui Vote Quoi

Transparence parlementaire · Assemblée nationale & Sénat

l'amendement n° 256 de Mme Manon Meunier à l'article 9 du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

AN 29 mai 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe La France insoumise entend rappeler que la compensation collective agricole est aujourd’hui un dispositif centré sur la seule compensation de l’économie agricole, sans véritable intégration de critères écologiques relatifs aux effets des projets sur les sols et les milieux naturels.

Comme le précise la Caisse des Dépôts, ce mécanisme vise soit à assurer une compensation financière collective par la reconstitution du potentiel de production agricole (réhabilitation de friches, échanges parcellaires, aménagement foncier, création ou amélioration de chemins agricoles), soit à financer des projets collectifs de développement agricole (équipements structurants, circuits courts, appui technique ou juridique).

Ce dispositif est donc un détournement du principe « éviter, réduire, compenser » tel qu’il a été conçu initialement en matière environnementale, qui visait à compenser les atteintes écologiques liées à l’artificialisation des terres. Ici, la compensation porte essentiellement sur la dimension économique de l’agriculture, sans garantir de résultat environnemental mesurable sur les sols ou les écosystèmes, ni promouvoir des modèles agricoles durables et sobres.

Dans sa rédaction actuelle, le dispositif proposé par le Gouvernement vise à renforcer le régime de sanctions et d’astreintes afin de garantir la réalisation des études préalables et la mise en œuvre des mesures de compensation collectives. Il s’inscrit dans un cadre déjà existant de compensation collective agricole introduit en 2014 et consolidé depuis, qui prévoit des études préalables pour les projets susceptibles d’avoir des conséquences négatives importantes sur l’économie agricole et des mesures destinées à en limiter les effets.

En pratique, ce dispositif concerne un nombre significatif de projets. En 2024, 397 études préalables agricoles ont été examinées par les CDPENAF, portant en moyenne sur près de 16 hectares par projet. Les projets concernés sont très majoritairement des installations énergétiques (87 % des cas, notamment parcs éoliens et solaires), suivies des zones d’activités économiques, commerciales, artisanales ou industrielles (6 %), ainsi que de projets d’habitat, d’infrastructures ou d’équipements publics. Par ailleurs, le montant total des compensations mobilisées atteint environ 8,3 millions d’euros par an, soit en moyenne 20 000 euros par projet, dont une part majoritaire fait l’objet de consignation auprès de la Caisse des dépôts et consignations. Ces données illustrent une réalité préoccupante : la compensation collective agricole est devenue un dispositif structurel d’accompagnement de l’artificialisation, sans garantie de transformation effective des pratiques d’aménagement.

Or, la Confédération paysanne rappelle que ce mécanisme s’apparente à un « droit à détruire moyennant finances », sans effet réel sur la réduction de la consommation de terres agricoles. L’étude d’impact elle-même reconnaît que les effets attendus sur la réduction de l’artificialisation des sols restent très limités, de l’ordre de 0,6 % de diminution annuelle des consommations d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Dans ce contexte, il apparaît indispensable de ne pas se limiter à une logique de sanction ou de bonne exécution formelle des compensations, mais de réinterroger leur finalité même.

C’est pourquoi cet amendement propose de réaffirmer que les mesures de compensation collective doivent être strictement conditionnées à un gain environnemental mesurable, vérifiable et durable, garantissant une amélioration réelle des systèmes agricoles et des écosystèmes locaux, et non une simple neutralisation comptable des impacts.

Il s’agit ainsi de replacer la logique de protection des terres agricoles et de limitation de l’artificialisation au cœur du dispositif, afin d’éviter que la compensation ne devienne un outil d’accompagnement de la destruction du foncier agricole plutôt qu’un levier effectif de préservation et de transition écologique.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Gabriel Amard LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Bénédicte Auzanot RN Contre
Philippe Ballard RN Contre
Fabrice Barusseau SOC Contre
Romain Baubry RN Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
José Beaurain RN Contre
Béatrice Bellay SOC Contre
Thierry Benoit HOR Contre
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Christophe Bentz RN Contre
Benoît Biteau EcoS Pour
Matthieu Bloch UDR Contre
Jean-Luc Bourgeaux DR Contre
Bertrand Bouyx HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Contre
Hubert Brigand DR Contre
Anthony Brosse EPR Contre
Françoise Buffet EPR Contre
Eddy Casterman RN Contre
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Pauline Cestrières EPR Contre
Sophia Chikirou LFI-NFP Pour
Geneviève Darrieussecq Dem Contre
Hendrik Davi EcoS Pour
Catherine Dellong Meng RN Contre
Vincent Descoeur DR Contre
Jocelyn Dessigny RN Contre
Peio Dufau SOC Abstention
Gaëtan Dussausaye RN Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Julien Gabarron RN Contre
Jonathan Gery RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Antoine Golliot RN Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Julien Guibert RN Contre
Marine Hamelet RN Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Sébastien Humbert RN Contre
Cyrille Isaac-Sibille Dem Contre
François Jolivet HOR Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Édouard Jordan RN Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Bastien Lachaud LFI-NFP Pour
Hélène Laporte RN Contre
Robert Le Bourgeois RN Contre
Sandrine Le Feur EPR Contre
Christine Le Nabour EPR Contre
Pascal Lecamp Dem Contre
Nadine Lechon RN Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Bartolomé Lenoir UDR Contre
Julien Limongi RN Contre
Delphine Lingemann Dem Contre
Eric Liégeon DR Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Alexandre Loubet RN Contre
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Sandra Marsaud EPR Contre
Patrice Martin RN Contre
Éric Martineau Dem Contre
Patricia Maussion Dem Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Pierre Meurin RN Contre
Christelle Minard DR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Jacques Oberti SOC Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Mathilde Panot LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Abstention
Marie Pochon EcoS Pour
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Dominique Potier SOC Abstention
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Angélique Ranc RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Matthias Renault RN Contre
Catherine Rimbert RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Xavier Roseren HOR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
David Taupiac LIOT Contre
Thierry Tesson RN Contre
Mélanie Thomin SOC Contre
Lionel Tivoli RN Contre
Stéphane Travert EPR Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Aurélie Trouvé LFI-NFP Pour