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l'amendement n° 2546 de M. Mazaury après l'article 25 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

AN 20 novembre 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Contexte

Le présent amendement a pour objet de rétablir, dans les dispositions du code général des impôts, la possibilité pour un éditeur de logiciels de caisse de fournir une attestation individuelle conforme au modèle fixé par l’administration, option qui existait antérieurement et qui a été supprimée par un amendement au titre du PLF 2024/2025.

La suppression de cette option a eu pour effet de rendre la certification systématique et exclusive, et d’imposer aux éditeurs et aux commerçants un recours obligatoire à une procédure de certification coûteuse délivrée par un nombre très limité d’organismes accrédités.

Constat et problématique

1. Impact économique direct et immédiat sur les petites structures

• Pour un éditeur indépendant ou pour une activité d’autoentrepreneur, le coût de conformité lié à la procédure de certification est estimé à environ 15 000 € la première année, puis environ 6 000 € par an les années suivantes. Pour de très petites structures, ces montants représentent plusieurs mois de chiffre d’affaires et sont susceptibles d’entraîner des cessations d’activité et une raréfaction d’offres locales.

• Les commerçants, subissent un coût de migration, d’adaptation et de formation lorsqu’ils doivent remplacer des solutions sur-mesure ou locales par des caissescertifiées génériques. Les coûts supportés par les éditeurs seront inévitablement répercutés sur leurs clients (les domaines de la restauration, du textile et les commerces de proximité sont déjà fragilisés).

• Charge administrative disproportionnée : les référentiels et la procédure de certification nécessitent la constitution et la mise à jour régulière de dossiers volumineux (spécifications, architecture, procédures d’exploitation et de maintenance, preuves techniques), mobilisant souvent l’équivalent de plusieurs semaines à deux mois de travail administratif par an. Cette lourdeur, indépendante du coût financier, accroît encore le risque de disparition des petits acteurs.

2. Effet sur l’innovation et sur les solutions sur-mesure

• Les systèmes informatiques ont profondément évolué depuis l’instauration du régime de certification en 2014. Les architectures cloud, les solutions SaaS et les modes de développement itératifs rendent la procédure de certification, conçue pour un contexte technologique antérieur, inadaptée à la réalité actuelle : elle entrave les mises à jour fréquentes nécessaires au maintien des fonctionnalités et ne prend pas en compte les spécificités des offres modernes.

• L’absence de distinction entre les différentes architectures logicielles dans le dispositif législatif entraîne des obligations inappropriées techniquement et juridiquement.

3. Absence de lien démontré entre auto-attestation et fraude

• Le Gouvernement lui-même a reconnu, en 2024, qu’il n’existait pas d’éléments démontrant qu’un logiciel auto-attesté est plus susceptible d’être utilisé dans la fraude à la TVA que d’autres logiciels. Les fraudes résultent majoritairement de pratiques telles que la non-saisie des recettes (paiements en liquide non déclarés) ou la tenue d’une double comptabilité, pratiques qui persistent quel que soit le niveau de certification du logiciel.

• La suppression de l’option d’attestation ne traite pas ces sources réelles de fraude et risque, en revanche, d’éliminer les acteurs légitimes et innovants qui facilitent la conformité pour de nombreux commerçants.

4. Risque de concentration et de verrouillage du marché

• La mise en place d’une certification obligatoire, dans les conditions actuelles, favorise la concentration et la formation d’un marché captif (deux certificateurs agréés - duopole), avec des coûts fixes récurrents pour des acteurs parfois réduits à quelques salariés. Ce verrouillage nuit à la concurrence et à la résilience du tissu d’éditeurs nationaux.Arguments juridiques et opérationnels en faveur du rétablissement de l’attestation

• Le rétablissement de la possibilité d’attestation individuelle permet de conserver un régime dual : certification (pour les éditeurs qui le souhaitent ou pour les produits standardisés) ou attestation (pour les petites structures, solutions sur-mesure et éditeurs indépendants). Ce régime permet de concilier l’objectif de lutte contre la fraude et le principe de proportionnalité des obligations imposées aux acteurs économiques.

• Le régime d’attestation était déjà assorti de sanctions lourdes en cas de fraude avérée, rendant toute fausse déclaration hautement dissuasive.

Références factuelles et parlementaires

• Lors de la séance publique du 25 juin 2025, plusieurs députés ont souligné le caractère précipité de certaines modifications et ont appelé à corriger les effets potentiellement « ravageurs » de la suppression de l’auto-attestation, en rappelant que la mesure entrera en vigueur au 31 août 2025 (séance du 25 juin 2025).

• Le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) du 16 avril 2025 a publié une tolérance d’application d’un an ; cette tolérance confirme la nécessité d’ouvrir le débat et d’adapter le dispositif dans le cadre du PLF 2026.

Conclusion

La suppression pure et simple de l’option d’attestation individuelle impose un coût économique et administratif disproportionné aux petits acteurs, freine l’innovation, et ne répond pas aux causes réelles de fraude identifiées. Le rétablissement d’un régime dual — certification ou attestation individuelle conforme au modèle de l’administration — rétablit l’équilibre entre l’objectif de lutte contre la fraude et le principe de proportionnalité des obligations qui pèsent sur les entreprises. Le présent amendement vise donc à corriger une mesure dont les effets pratiques sont manifestement déstabilisants pour un pan significatif de l’économie numérique et commerciale française.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Abstention
Laurent Alexandre LFI-NFP Abstention
Alexandre Allegret-Pilot UDR Pour
Marie-José Allemand SOC Abstention
Pouria Amirshahi EcoS Contre
Raphaël Arnault LFI-NFP Abstention
Bénédicte Auzanot RN Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Contre
Erwan Balanant Dem Pour
Philippe Ballard RN Pour
Anchya Bamana RN Pour
Christophe Barthès RN Pour
Jean-Pierre Bataille LIOT Pour
José Beaurain RN Pour
Béatrice Bellamy HOR Abstention
Lisa Belluco EcoS Abstention
Karim Ben Cheikh EcoS Abstention
Thierry Benoit HOR Abstention
Christophe Bentz RN Pour
Christophe Bex LFI-NFP Abstention
Guillaume Bigot RN Pour
Emmanuel Blairy RN Pour
Sophie Blanc RN Pour
Frédéric Boccaletti RN Pour
Philippe Bonnecarrère NI Pour
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Émilie Bonnivard DR Pour
Jean-Yves Bony DR Pour
Pascale Bordes RN Pour
Anthony Boulogne RN Pour
Mickaël Bouloux SOC Abstention
Manon Bouquin RN Pour
Bertrand Bouyx HOR Abstention
Jorys Bovet RN Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Pour
Danielle Brulebois EPR Pour
Philippe Brun SOC Abstention
Joël Bruneau LIOT Pour
Françoise Buffet EPR Pour
Jérôme Buisson RN Pour
Colette Capdevielle SOC Abstention
Pierre-Henri Carbonnel UDR Pour
Aymeric Caron LFI-NFP Abstention
Sylvain Carrière LFI-NFP Abstention
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Bérenger Cernon LFI-NFP Abstention
Marc Chavent UDR Contre
Nathalie Coggia EPR Pour
Caroline Colombier RN Pour
Mickaël Cosson Dem Contre
Jean-François Coulomme LFI-NFP Abstention
Pierrick Courbon SOC Abstention
Michel Criaud HOR Contre
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Pour
Romain Daubié Dem Contre
Arthur Delaporte SOC Abstention
Stéphane Delautrette SOC Abstention
Edwige Diaz RN Pour
Dieynaba Diop SOC Abstention
Sandrine Dogor-Such RN Pour
Nicolas Dragon RN Pour
Virginie Duby-Muller DR Pour
Peio Dufau SOC Abstention
Alexandre Dufosset RN Pour
Gaëtan Dussausaye RN Pour
Iñaki Echaniz SOC Abstention
Karen Erodi LFI-NFP Abstention
Frédéric Falcon RN Pour
Olivier Fayssat UDR Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Abstention
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Abstention
Marc Fesneau Dem Pour
Guillaume Florquin RN Pour
Emmanuel Fouquart RN Pour
Martine Froger SOC Abstention
Alix Fruchon DR Pour
Jean-Luc Fugit EPR Pour
Julien Gabarron RN Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Abstention
Stéphanie Galzy RN Pour
Yoann Gillet RN Pour
Christian Girard RN Pour
Océane Godard SOC Abstention
José Gonzalez RN Pour
Pascale Got SOC Abstention
Florence Goulet RN Pour
Monique Griseti RN Pour
Julien Guibert RN Pour
Jordan Guitton RN Pour
Félicie Gérard HOR Abstention
Marine Hamelet RN Pour
Pierre Henriet HOR Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Abstention
Mathilde Hignet LFI-NFP Abstention
Timothée Houssin RN Pour
Sébastien Humbert RN Pour
Sébastien Huyghe EPR Pour
Laurent Jacobelli RN Pour
Alexis Jolly RN Pour
Tiffany Joncour RN Pour
Sylvie Josserand RN Pour
Sandrine Josso Dem Contre
Florence Joubert RN Pour
Philippe Juvin DR Pour
Loïc Kervran HOR Abstention
Amélia Lakrafi EPR Pour
Sandrine Lalanne EPR Pour
Thomas Lam HOR Contre
Michel Lauzzana EPR Pour
Robert Le Bourgeois RN Pour
Aurélien Le Coq LFI-NFP Abstention
Sandrine Le Feur EPR Pour
Corentin Le Fur DR Pour
Christine Le Nabour EPR Pour
Nicole Le Peih EPR Pour
Marie Lebec EPR Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Abstention
Claire Lejeune LFI-NFP Abstention
Gérard Leseul SOC Abstention
Katiana Levavasseur RN Pour
Eric Liégeon DR Pour
Christine Loir RN Pour
Marie-France Lorho RN Pour
Philippe Lottiaux RN Pour
Alexandre Loubet RN Pour
Benjamin Lucas-Lundy EcoS Contre
Emmanuel Mandon Dem Contre
Claire Marais-Beuil RN Pour
Matthieu Marchio RN Pour
Bastien Marchive EPR Pour
Pascal Markowsky RN Pour
Sandra Marsaud EPR Pour
Patrice Martin RN Pour
Élisa Martin LFI-NFP Abstention
Éric Martineau Dem Contre
Denis Masséglia EPR Pour
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Kévin Mauvieux RN Pour
Stéphane Mazars EPR Pour
Laurent Mazaury LIOT Pour
Graziella Melchior EPR Pour
Nicolas Metzdorf EPR Pour
Manon Meunier LFI-NFP Abstention
Pierre Meurin RN Pour
Maxime Michelet UDR Pour
Éric Michoux UDR Pour
Paul Midy EPR Pour
Joséphine Missoffe EPR Pour
Thibaut Monnier RN Pour
Louise Morel Dem Pour
Serge Muller RN Pour
Joëlle Mélin RN Pour
Philippe Naillet SOC Abstention
Jacques Oberti SOC Abstention
Sophie Panonacle EPR Pour
Caroline Parmentier RN Pour
Thierry Perez RN Pour
Maud Petit Dem Abstention
Sébastien Peytavie EcoS Abstention
Kévin Pfeffer RN Pour
Lisette Pollet RN Pour
Dominique Potier SOC Abstention
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Absent
Pierre Pribetich SOC Abstention
Stéphane Rambaud RN Pour
Angélique Ranc RN Pour
Julien Rancoule RN Pour
Nicolas Ray DR Pour
Matthias Renault RN Pour
Joseph Rivière RN Pour
Valérie Rossi SOC Abstention
Béatrice Roullaud RN Pour
Jean-Louis Roumégas EcoS Contre
Fabrice Roussel SOC Abstention
Jean-François Rousset EPR Pour
Alexandre Sabatou RN Pour
Emeric Salmon RN Pour
Eva Sas EcoS Contre
Anne Sicard RN Pour
Danielle Simonnet EcoS Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Abstention
Jean-Philippe Tanguy RN Pour
David Taupiac LIOT Pour
Michaël Taverne RN Pour
Jean Terlier EPR Contre
Mélanie Thomin SOC Abstention
Lionel Tivoli RN Pour
Romain Tonussi RN Pour
Vincent Trébuchet UDR Pour
Roger Vicot SOC Abstention
Jean-Pierre Vigier DR Pour
Philippe Vigier Dem Contre
Antoine Villedieu RN Pour
Frédéric-Pierre Vos RN Pour
Dominique Voynet EcoS Contre
Jean-Luc Warsmann LIOT Pour
Frédéric Weber RN Pour
Éric Woerth EPR Pour
Caroline Yadan EPR Pour
Hervé de Lépinau RN Pour
Élisabeth de Maistre DR Pour