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l'amendement n° 52 de M. Boyard de suppression de l'article 4 du projet de loi portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l'emploi des salariés expérimentés et relatif à l'évolution du dialogue social (première lecture).

AN 3 juillet 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe LFI-NFP propose la suppression de ce "contrat de valorisation de l'expérience", qui va encore davantage précariser les travailleurs séniors et créer des effets d'aubaine.

Entre 55 et 61 ans, 1 travailleur sur 5 est ni en emploi ni en retraite selon l'Insee. Une fois complètement montée en charge, la réforme Macron-Borne de 2023 qui a porté l'âge de la retraite à 64 ans va plonger 200 000 séniors dans cette situation de précarité. Et ce sont d'abord les travailleurs pauvres et les plus défavorisés dans la division sociale du travail qui seront touchés. Ainsi, le report de l'âge en 2010 n'a pas allongé la durée en emploi pour 34% des ouvriers et a augmenté la durée passée en invalidité de 6 mois pour les ouvriers non qualifiés. Avant même la retraite à 64 ans, les ouvriers du gros œuvre de bâtiment passaient déjà 60% du temps hors-emploi après 50 ans, c'était 52% pour les serveurs (Institut des politiques publiques, 2025).

Vouloir repousser l'âge de la retraite pour augmenter le taux d'emploi est une maltraitance pour ces travailleurs séniors. Cela favorise le développement d'emplois précaires, mal rémunérés, à temps partiel. Ainsi, la part des travailleurs séniors en CDD a progressé de 25% entre 2003 et 2020 (DARES, 2024).

Ajoutons que si les séniors rencontrent des difficultés pour rester en emploi ou être embauchés, c'est avant tout du fait des pratiques discriminatoires des employeurs. Les travailleurs séniors comptent pour 17% des actifs mais seulement 6% des recrutements. Ils sont plus exposés aux ruptures involontaires de contrat que les autres salariés, dont les licenciements. Cette tendance s'observe aussi à partir d'une comparaison internationale : cela touche 1,9% des séniors en emploi en France contre 0,8% en Allemagne.

Pour permettre aux travailleurs séniors qui le souhaitent et qui le peuvent d'occuper un emploi, il faut faire cesser les discriminations de la part des employeurs et donc les contraindre à maintenir en emploi et recruter.

Ce projet de loi vise à leur permettre de recruter sous un contrat précaire, avec un droit unilatéral de mise à la retraite du travailleur qui a atteint la date de la retraite à taux plein. Les travailleurs vont donc perdre la maîtrise de leur fin de carrière, ce qui pénalisera ceux souhaitant obtenir une surcote pour améliorer leur faible pension de retraite.

Cela s'accompagne d'un nouveau cadeau socio-fiscal avec une exonération de contribution sur l'indemnité de mise à la retraite, venant s'ajouter aux plus de 90 milliards d'exonérations de cotisations sociales dont bénéficie déjà le patronat. Le Gouvernement n'a pas daigné présenté une estimation de l'impact budgétaire de la mesure dans l'étude d'impact du projet de loi.

Enfin, la rédaction du présent texte est si permissive qu'un employeur pourra réembaucher sous CDI séniors un employé qui a quitté l'entreprise, y compris sous la forme d'un non renouvellement du contrat ou d'un licenciement, à condition que ce départ date de plus de 6 mois.

La réduction du taux de chômage des séniors passera par l'abrogation de la retraite à 64 ans et, à terme, par le retour à 60 ans. Le taux d'emploi des plus de 60 ans sera alors un non problème.

Pour toutes ces raisons, le groupe LFI-NFP propose l'abrogation de cet article 4 qui propose d'expérimenter la création d'un CDI séniors.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Christophe Barthès RN Contre
Jean-Pierre Bataille LIOT Contre
Béatrice Bellamy HOR Contre
Thierry Benoit HOR Contre
Sylvain Berrios HOR Contre
Guillaume Bigot RN Contre
Louis Boyard LFI-NFP Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Xavier Breton DR Contre
Françoise Buffet EPR Contre
Eddy Casterman RN Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Hadrien Clouet LFI-NFP Pour
Arthur Delaporte SOC Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Gaëtan Dussausaye RN Contre
Olivier Fayssat Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Emmanuel Fouquart RN Contre
Océane Godard SOC Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Sébastien Huyghe EPR Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Jérôme Legavre LFI-NFP Pour
Christine Loir RN Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Patrice Martin RN Contre
Nicolas Meizonnet RN Contre
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Louise Morel Dem Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Jacques Oberti SOC Contre
Jérémie Patrier-Leitus HOR Contre
Anna Pic SOC Contre
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Jean-Louis Roumégas EcoS Abstention
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Sophie Taillé-Polian EcoS Abstention
Romain Tonussi RN Contre
Nicolas Turquois Dem Contre
Frédéric Valletoux HOR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Stéphane Viry LIOT Contre
Stéphane Vojetta EPR Contre
Frédéric Weber RN Contre
Marc de Fleurian RN Contre