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l'amendement n° 680 de M. Jean-Philippe Tanguy après l'article 23 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 2 novembre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Rassemblement National"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement institue une contribution annuelle forfaitaire de 1 000 € due par l’employeur pour chaque salarié ressortissant d’un pays extérieur à l’Union européenne, exigible tant que le taux de chômage dépasse 5 %, c’est-à-dire tant que la France n’est pas au « plein emploi » que le Gouvernement lui-même se fixe pour objectif.

Le marché du travail se dégrade : au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage au sens du BIT atteint 8,3 % de la population active, soit 2,7 millions de chômeurs, en hausse de 0,7 point et de 261 000 personnes sur un an. C’est le sixième trimestre consécutif de hausse et le niveau le plus élevé depuis la crise sanitaire. Dans le même temps, la population étrangère n’a jamais été aussi nombreuse : 6 millions de personnes en 2024, soit 8,8 % de la population, dont 4,45 millions de ressortissants de pays tiers à l’Union européenne. Le taux de chômage des immigrés s’établit à 12 %, contre 7 % pour les non-immigrés, et celui des ressortissants de pays tiers est supérieur de cinq points à celui des immigrés européens.

La France est l’un des rares pays d’accueil où l’employeur d’un travailleur étranger ne supporte aucune charge récurrente. Il acquitte, lors de la première admission au séjour, la taxe prévue à l’article L. 436‑10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile – 55 % du salaire mensuel brut dans la limite de 2,5 SMIC, héritière de la redevance de l’Office national d’immigration de 1975 – puis plus rien. Le coût collectif de l’immigration de travail – formation, intégration, surchômage, dépenses sociales – est intégralement mutualisé sur le contribuable, tandis que l’avantage salarial est capté par l’entreprise. Le principe d’une charge patronale liée à l’embauche d’un travailleur extra-communautaire est ainsi admis en droit français depuis un demi-siècle ; le présent amendement le prolonge, en l’étendant du seul flux annuel d’embauches à l’ensemble des emplois occupés.

Nos partenaires ont fait ce choix. Le Royaume-Uni prélève depuis 2017 une Immigration Skills Charge annuelle, portée à 1 320 £ par salarié parrainé le 16 décembre 2025 (+ 32 %), dont le produit finance la formation de la main-d’œuvre britannique. Singapour soumet chaque employeur à un prélèvement mensuel de 650 dollars singapouriens par titulaire d’un S Pass et de 250 à 950 dollars singapouriens par titulaire d’un Work Permit. Les États-Unis financent depuis 1998 la formation des travailleurs américains par une redevance sur chaque visa H-1B, complétée en septembre 2025 par un droit de 100 000 dollars.

La contribution proposée est simple et contracyclique. Fixée à 1 000 € par an et par salarié, elle est due par tout employeur, privé ou public, à l’exception des particuliers employeurs. Pour éviter toute double imposition, la taxe acquittée à l’embauche est imputable sur la contribution des deux premières années. Elle est déclarée et payée avec la taxe sur la valeur ajoutée, comme la taxe existante, à partir de la déclaration sociale nominative qui identifie déjà la nationalité du salarié. Elle disparaît lorsque le chômage passe sous 5 %, c’est-à-dire lorsque le recours à la main-d’œuvre étrangère répond à une pénurie réelle, et se réactive dès que le chômage remonte.

Sur une assiette estimée à environ 1,3 million de salariés extra-communautaires, la contribution rapporterait de l’ordre de 1,3 milliard d’euros par an à l’État. Elle constitue une recette nouvelle et ne nécessite donc aucun gage.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Léa Balage El Mariky EcoS Contre
Karim Ben Cheikh EcoS Contre
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Contre
Christophe Bex LFI-NFP Contre
Emmanuel Blairy RN Pour
Anne-Laure Blin DR Contre
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Mickaël Bouloux SOC Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Joël Bruneau LIOT Contre
Jérôme Buisson RN Pour
Jean-Victor Castor GDR Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Contre
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Marc Chavent UDR Pour
Sébastien Chenu RN Absent
Caroline Colombier RN Pour
Éric Coquerel LFI-NFP Contre
Christelle D'Intorni UDR Pour
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Pour
Romain Daubié Dem Contre
Catherine Dellong Meng RN Pour
Jocelyn Dessigny RN Pour
Nicolas Dragon RN Pour
Alexandre Dufosset RN Pour
Aurélien Dutremble RN Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Contre
Muriel Fiol NI Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Contre
Laurence Gardet RN Pour
Jonathan Gery RN Pour
Florence Goulet RN Pour
Monique Griseti RN Pour
Olivia Grégoire EPR Contre
Jérôme Guedj SOC Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Contre
Julien Guibert RN Pour
Félicie Gérard HOR Contre
Marine Hamelet RN Pour
Emmanuelle Hoffman EPR Contre
Sébastien Humbert RN Pour
Alexis Jolly RN Pour
Philippe Juvin DR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Tristan Lahais EcoS Contre
Corentin Le Fur DR Contre
Pascal Lecamp Dem Contre
Julie Lechanteux RN Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Contre
Gisèle Lelouis RN Pour
Patricia Lemoine EPR Contre
Christine Loir RN Pour
Marie-France Lorho RN Pour
Philippe Lottiaux RN Pour
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Benjamin Lucas-Lundy EcoS Contre
Frédéric Maillot GDR Contre
Claire Marais-Beuil RN Pour
Pascal Markowsky RN Pour
Michèle Martinez RN Pour
Denis Masséglia EPR Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Damien Maudet LFI-NFP Contre
Kévin Mauvieux RN Pour
Marianne Maximi LFI-NFP Contre
Estelle Mercier SOC Contre
Paul Midy EPR Contre
Laure Miller EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Joëlle Mélin RN Pour
Yaël Ménaché RN Pour
Hubert Ott Dem Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Contre
Frédéric Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Pierre Pribetich SOC Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Contre
Nicolas Ray DR Contre
Matthias Renault RN Pour
Béatrice Roullaud RN Pour
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Pour
Nicolas Sansu GDR Contre
Eva Sas EcoS Contre
Jean Terlier EPR Contre
Prisca Thevenot EPR Contre
Emmanuel Tjibaou GDR Contre
Nicolas Tryzna DR Contre
Paul Vannier LFI-NFP Contre
Dominique Voynet EcoS Contre
Frédéric Weber RN Pour
Christopher Weissberg EPR Contre
Marc de Fleurian RN Pour
Hervé de Lépinau RN Pour