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l'amendement n° 3671 de M. Attal et l'amendement identique suivant à l'article 10 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 30 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Ensemble pour la République"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le présent amendement traduit la proposition n° 20 de la mission « Croissance et transmission des TPE et des PME », confiée par le Premier ministre à l’auteure du présent amendement.

La France entre dans une vague de transmissions sans précédent : quelque trois millions d’emplois dépendent d’entreprises dont le dirigeant approche de l’âge de la retraite. Les plus de soixante auditions conduites par la mission ont établi que cette vague ne se heurte pas d’abord à un manque de repreneurs, mais à la difficulté de réussir la reprise une fois la signature apposée.

Les deux ou trois premières années d’une reprise servent d’abord à rembourser la dette d’acquisition. Le repreneur cumule alors le poids du rachat, l’apprentissage du métier de dirigeant et une fiscalité de droit commun. Les repreneurs et les experts entendus par la mission décrivent unanimement cette période comme la plus fragile, et cette fragilité suffit parfois à faire échouer une reprise par ailleurs viable. La reprise préserve pourtant mieux l’emploi que la création : selon l’Insee, elle crée ou sauvegarde en moyenne 2,3 emplois, contre 1,2 emplois au démarrage pour les entreprises nouvellement créées ; et emploie en moyenne 3 salariés après 3 ans contre 2,4 pour les créations ex nihilo.

Le présent amendement instaure en conséquence une exonération d’impôt sur les bénéfices pendant les douze mois qui suivent la reprise. Elle préserve la trésorerie de l’entreprise et du repreneur au moment précis où ce dernier rembourse et où chaque euro compte, sans exiger de lui un investissement qu’il n’est peut-être pas encore en mesure de réaliser. Elle vient ainsi compléter le pacte « Papin » proposé par le Gouvernement à l’article 10 du présent projet de loi, dont la mission partage pleinement l’ambition, et en reprend la logique : elle s’applique aux reprises intervenues sur la même période, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2029. Le suramortissement accompagnera le repreneur lorsqu’il investit pour moderniser l’outil de production ; l’exonération proposée l’accompagne en amont, durant les premiers mois, lorsque ses ressources sont d’abord consacrées au remboursement de la dette d’acquisition. Les deux dispositifs se succèdent et se cumulent, pour dessiner un véritable parcours de soutien au repreneur.

Cette exonération est aussi un signal. Dans de nombreux secteurs, la difficulté n’est pas de trouver des entreprises à reprendre, mais des candidats pour le faire. Une année d’exonération est un argument lisible, immédiatement compréhensible, qui peut décider des vocations. Celles et ceux qui se lancent dans une reprise prennent un risque pour tout un territoire : l’État doit leur dire qu’ils ne sont pas seuls.

Le dispositif est strictement encadré, afin de ne bénéficier qu’à de véritables transmissions. Il est réservé aux petites et moyennes entreprises et aux reprises à titre onéreux emportant un changement effectif de contrôle et de dirigeant. Il exclut les opérations entre entreprises liées, les restructurations internes et les montages par lesquels le cédant conserverait le contrôle. Il exclut également les rachats intrafamiliaux, qui relèvent pour l’essentiel du pacte Dutreil. En contrepartie, et à l’instar de l’engagement prévu par le pacte « Papin », le repreneur s’engage à maintenir l’activité et l’essentiel des emplois pendant cinq ans, faute de quoi l’impôt devient exigible, majoré de l’intérêt de retard.

L’exonération s’inscrit dans le plafond européen des aides de minimis. Limitée, comme les mesures du Gouvernement, aux reprises intervenues entre 2027 et 2029, elle pourra être évaluée au terme de cette période, au regard de ses effets sur la survie, l’investissement et l’emploi des entreprises reprises, avant toute pérennisation.

Une entreprise qui ferme supprime des emplois et éteint définitivement les recettes fiscales et sociales qu’elle générait. Une entreprise qui passe le cap de sa première année continue de produire, d’employer et de contribuer : l’impôt non perçu la première année ne correspond en réalité qu’à une fraction des prélèvements et contributions que l’entreprise et son dirigeant acquittent en faveur de l’intérêt général dès l’année de l’exonération, en plus d’être directement et indirectement compensé au cours des exercices suivants.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Benoît Blanchard HOR Contre
Anne-Laure Blin DR Contre
Matthieu Bloch UDR Abstention
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Anthony Boulogne RN Abstention
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Jérôme Buisson RN Abstention
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Bruno Clavet RN Abstention
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Abstention
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Nicolas Dragon RN Abstention
Stella Dupont NI Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet NI Abstention
Christian Girard RN Abstention
Antoine Golliot RN Abstention
Géraldine Grangier RN Abstention
Julien Guibert RN Abstention
Félicie Gérard HOR Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
Alexis Jolly RN Abstention
Philippe Juvin DR Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Hélène Laporte RN Abstention
Robert Le Bourgeois RN Abstention
Marie Lebec EPR Contre
Karine Lebon GDR Pour
Nadine Lechon RN Abstention
Vincent Ledoux EPR Contre
Matthieu Marchio RN Abstention
Patrice Martin RN Abstention
Denis Masséglia EPR Contre
Kévin Mauvieux RN Abstention
Sophie Mette Dem Pour
Pierre Meurin RN Abstention
Paul Midy EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Kévin Pfeffer RN Abstention
Anna Pic SOC Pour
Stéphane Rambaud RN Abstention
Julien Rancoule RN Abstention
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Contre
Béatrice Roullaud RN Abstention
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Sophie-Laurence Roy RN Abstention
Anaïs Sabatini RN Abstention
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Abstention
Nicolas Sansu GDR Pour
Eva Sas EcoS Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Abstention
Lionel Tivoli RN Abstention
Emmanuel Tjibaou GDR Pour
Antoine Villedieu RN Abstention
Hervé de Lépinau RN Abstention