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l'amendement n° 3406 de M. Garot après l'article 15 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 30 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à adapter le dispositif actuel encadrant les dons alimentaires afin d’encourager de manière plus efficiente les dons en lieu et place de la destruction. Cette disposition est neutre fiscalement et instaure un fort effet incitatif sur les dons, sans contrainte administratives supplémentaires pour les grandes et moyennes surfaces.

La loi du 10 février 2016, consacrée à la lutte contre le gaspillage alimentaire, impose aux Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) de plus de 400 m² de ne plus rendre impropres à la consommation leurs invendus encore consommables. Elle les oblige à conclure au moins une convention de don avec une association d’aide alimentaire, afin de privilégier la redistribution solidaire des denrées plutôt que leur destruction.

Pourtant, en 2023, 37 % des déchets alimentaires dans la distribution sont encore du gaspillage selon le CGDD. Par ailleurs, plus de 80 % des destructions ne sont pas justifiées par des contraintes externes (sanitaires, avaries, etc.) mais par une mauvaise gestion des stocks ou le simple dépassement de la DDM/DLC. Cette asymétrie fiscale contribue à maintenir des pratiques contraires aux objectifs de la loi Garot (2016) et de la loi AGEC (2020), qui visent à favoriser la prévention et le don alimentaire plutôt que la mise au rebut.

Cela est dû à un régime fiscal qui favorise indirectement la destruction des denrées alimentaires invendues. En effet, les pertes liées à la destruction sont intégralement déductibles du résultat fiscal (imposable à 25 % au titre de l’impôt sur les sociétés), à travers l’inscription de celles-ci en tant que charges, tandis que les dons ouvrent droit à une déductibilité plafonnée (20 000 € ou 0,5 ‰ du CA). Ce mécanisme désavantage le don, qui devient économiquement moins intéressant comparé à la destruction une fois le plafond atteint.

Le présent amendement renverse la logique actuelle de déduction fiscale appliquée aux invendus alimentaires, en privilégiant le don plutôt que la destruction. Les dons demeurent déductibles à hauteur de 60 % dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires ou de 20 000 €, puis à 25 % au-delà de ce plafond. À l’inverse, les destructions ne sont plus déductibles de l’impôt sur les sociétés, sauf lorsqu’elles sont considérées comme « justifiées ». Celles-ci peuvent alors être déduites dans la limite d’un plafond forfaitaire, fixé par décret en pourcentage du chiffre d’affaires, ou au réel sur présentation de justificatifs démontrant le caractère légitime de la destruction.

Il est recommandé de formuler ainsi par décret la notion de destruction « justifiée » :

• destruction causée par la survenance d’un évènement dû à un cas de force majeure ;

• destruction causée par la destruction des marchandises lors du transport ;

• destruction causée par une dégradation des stocks lors de la manutention en magasin ou casse client ;

• destruction causée par une défaillance du matériel de stockage ;

Le mécanisme reste pragmatique et proportionné pour les GMS : un pourcentage forfaitaire de destructions justifiées est prévu sans justificatif, afin d’éviter toute surcharge administrative, tandis que les cas exceptionnels (force majeure, avarie, casse, défaillance de matériel, etc.) pourront être déclarés sur présentation des justificatifs.

Ce dispositif est entièrement neutre pour les finances publiques, puisqu’il compense la hausse des exonérations d’impôt sur les dons alimentaires par la suppression de la déductibilité fiscale liée à la destruction des invendus. Il introduit ainsi un rééquilibrage vertueux : les entreprises ne bénéficient plus d’un avantage fiscal lorsqu’elles détruisent des denrées encore consommables, mais conservent une déduction attractive en cas de don (25 % au-delà du plafond actuel). Cette logique renforce significativement l’intérêt économique du don et aligne la fiscalité sur les objectifs de lutte contre le gaspillage fixés par la loi Garot et la loi AGEC.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Belkhir Belhaddad SOC Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Emmanuel Blairy RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Anne-Laure Blin DR Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Emmanuel Fouquart RN Contre
Bruno Fuchs Dem Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet NI Contre
Yoann Gillet RN Contre
Christian Girard RN Contre
Antoine Golliot RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Félicie Gérard HOR Contre
Philippe Juvin DR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Hélène Laporte RN Contre
Corentin Le Fur DR Contre
Nadine Lechon RN Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Patricia Lemoine EPR Contre
Laurent Lhardit SOC Pour
Philippe Lottiaux RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Emmanuel Maurel GDR Pour
Kévin Mauvieux RN Contre
Sophie Mette Dem Pour
Paul Midy EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Marcellin Nadeau GDR Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Anna Pic SOC Pour
Dominique Potier SOC Pour
Stéphane Rambaud RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Nicolas Ray DR Contre
Vincent Rolland DR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Eva Sas EcoS Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Lionel Tivoli RN Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Hervé de Lépinau RN Contre