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l'amendement n° 2121 de Mme Bentorki après l'article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 28 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe parlementaire La France insoumise propose de taxer les superprofits réalisés par les grandes entreprises pétrolières et du raffinage à la faveur de la guerre contre l’Iran.

La guerre d’agression menée par Donald Trump et Benyamin Netanyahou contre l’Iran a provoqué une explosion des marges de raffinage. Selon la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), la marge brute de raffinage est passée de 41 euros par tonne en février 2026, avant la fermeture du détroit d’Ormuz, à 246 euros par tonne en août 2026. Elle a donc été multipliée par six, soit une hausse d’environ 500 %.

C’est, hélas, l’une des constantes de l’histoire : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait Jaurès. Et pour cause : les guerres et les crises géopolitiques constituent toujours une aubaine pour les géants économiques. Alors que des innocents meurent sous les bombes et que les classes populaires voient leurs dépenses de carburant exploser, leurs profits explosent.

Dans cette situation, taxer les superprofits de ces profiteurs de guerre est non seulement une évidence économique, mais aussi une nécessité morale.

Ces superprofits ne résultent ni d’une innovation particulière, ni d’un bond de productivité, ni d’un investissement supplémentaire. Ils sont d’abord le produit d’un choc géopolitique extérieur et de la capacité de grands groupes en position dominante à capter une rente sur le malheur des autres.

La taxation sectorielle des géants pétroliers a été une cause largement partagée dans le spectre politique. À la suite de l’invasion de l’Ukraine, même l’Union européenne avait accepté d’instaurer une contribution exceptionnelle sur les « rentes infra-marginales » des entreprises des secteurs du pétrole brut, du gaz naturel, du charbon et du raffinage. Le règlement européen de 2022 reconnaissait explicitement que ces entreprises avaient vu leurs profits augmenter sous l’effet de circonstances extérieures exceptionnelles, sans modification comparable de leurs coûts ni de leurs investissements.

Cette tentative européenne s’est toutefois soldée par un échec. Supposée avoir un rendement de 12 milliards d’euros par an, elle n’en a finalement rapporté que 600 millions, soit 20 fois moins. Son caractère temporaire, son champ limité et les choix opérés dans sa mise en œuvre nationale n’ont pas permis de capter à la hauteur nécessaire les rentes exceptionnelles accumulées pendant la crise énergétique. Ce précédent démontre néanmoins une chose essentielle, la taxation des superprofits pétroliers est parfaitement fondée économiquement et possible juridiquement.

Elle est d’autant plus justifiée que malgré ces profits réalisés sur le dos des Français en période de crise, ces entreprises cherchent à limiter autant que possible leur contribution fiscale en France. Total Énergies illustre parfaitement cette situation. En effet, à l’exception de 2022, Total Énergies n'a payé aucun impôt sur les sociétés en France au cours des derniers exercices. Cette année, ce sont probablement 20 milliards d’euros de profits qui seront dégagés par la multinationale sur le dos des ménages dépendants de leur voiture.

La taxation des superprofits a d’ailleurs de solides précédents historiques en France, avec la contribution extraordinaire sur les bénéfices de guerre créée par la loi du 1er juillet 1916 puis les dispositifs instaurés à la Libération par les ordonnances de 1944 et 1945. Lorsque des entreprises accumulent des profits exceptionnels grâce à une crise dont la population supporte les conséquences, il est légitime qu’une partie de ces richesses revienne à la collectivité.

Le présent amendement prévoit donc une contribution additionnelle applicable aux grandes entreprises des secteurs pétroliers et du raffinage réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. Seule la fraction du résultat imposable dépassant de plus de 10 % le résultat réalisé en 2025 est taxée, selon un barème progressif de 20 %, 25 % et 33 %.

Il ne s’agit donc pas de taxer l’activité normale des entreprises, mais bien de prélever une partie des bénéfices exceptionnels nés de la crise. Nous refusons qu’une guerre qui appauvrit les ménages enrichisse sans contrepartie les multinationales pétrolières. Les profiteurs de guerre doivent rendre au pays une partie des richesses qu’ils accumulent grâce au malheur collectif.

Cette taxation doit enfin s’accompagner du blocage des prix des carburants, afin que la population ne continue pas à supporter seule les conséquences économiques d’une guerre dont les grands groupes pétroliers tirent profit.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Marie-José Allemand SOC Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Pour
Jean-Pierre Bataille LIOT Contre
Laurent Baumel SOC Pour
Belkhir Belhaddad SOC Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Anne Bergantz Dem Contre
Ugo Bernalicis LFI-NFP Pour
Sylvain Berrios HOR Contre
Véronique Besse NI Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Emmanuel Blairy RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Sylvie Bonnet DR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Jean-Michel Brard HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Contre
Anthony Brosse EPR Contre
Julien Brugerolles GDR Pour
Danielle Brulebois EPR Contre
Philippe Brun NI Pour
Joël Bruneau LIOT Contre
Jérôme Buisson RN Contre
Édouard Bénard GDR Pour
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP Pour
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Eddy Casterman RN Contre
Pauline Cestrières EPR Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Pour
Bernard Chaumeil RN Contre
Roger Chudeau RN Contre
Nathalie Colin-Oesterlé HOR Contre
Caroline Colombier RN Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Michel Criaud HOR Contre
Geneviève Darrieussecq Dem Contre
Catherine Dellong Meng RN Contre
Benjamin Dirx EPR Contre
Nicole Dubré-Chirat EPR Contre
Lionel Duparay DR Contre
Stella Dupont NI Pour
Aurélien Dutremble RN Contre
Jérôme End DR Pour
Philippe Fait HOR Contre
Olivier Fayssat UDR Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Jean-Marie Fiévet EPR Contre
Thierry Frappé RN Contre
Julien Gabarron RN Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet NI Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Benoit Gilhet RN Contre
Christian Girard RN Contre
Damien Girard EcoS Pour
Antoine Golliot RN Contre
José Gonzalez RN Contre
Pascale Got SOC Pour
Florence Goulet RN Contre
Monique Griseti RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Michel Guiniot RN Contre
Jordan Guitton RN Contre
Steevy Gustave EcoS Pour
Félicie Gérard HOR Contre
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Timothée Houssin RN Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Jérémie Iordanoff EcoS Pour
Pascal Jenft RN Contre
François Jolivet HOR Contre
Alexis Jolly RN Contre
Édouard Jordan RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Philippe Juvin DR Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Tristan Lahais EcoS Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Thomas Lam HOR Contre
Alim Latrèche EPR Contre
Michel Lauzzana EPR Contre
Corentin Le Fur DR Contre
Nadine Lechon RN Contre
Gisèle Lelouis RN Contre
Patricia Lemoine EPR Contre
Laurent Lhardit SOC Pour
René Lioret RN Contre
Christine Loir RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Benjamin Lucas-Lundy EcoS Pour
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
David Magnier RN Contre
Lise Magnier HOR Contre
Sylvain Maillard EPR Contre
Frédéric Maillot GDR Pour
Claire Marais-Beuil RN Contre
Matthieu Marchio RN Contre
Bastien Marchive EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Pierre Marle HOR Contre
Patrice Martin RN Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Kévin Mauvieux RN Contre
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Graziella Melchior EPR Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Laure Miller EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Thibaut Monnier RN Contre
Louise Morel Dem Contre
Serge Muller RN Contre
Philippe Naillet SOC Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Julien Odoul RN Contre
Didier Padey Dem Contre
Dominique Paillat HOR Contre
Agnès Pannier-Runacher EPR Contre
Charlotte Parmentier-Lecocq HOR Contre
Marc Pena SOC Pour
Frédéric Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Kévin Pfeffer RN Contre
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Marie Pochon EcoS Pour
Stéphane Rambaud RN Contre
Julien Rancoule RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Nicolas Ray DR Contre
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Sophie Ricourt Vaginay UDR Contre
Catherine Rimbert RN Contre
Laurence Robert-Dehault RN Contre
Vincent Rolland DR Contre
Xavier Roseren HOR Contre
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Fabrice Roussel SOC Pour
Jean-François Rousset EPR Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Marie Récalde SOC Pour
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Pour
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Isabelle Santiago SOC Pour
Eva Sas EcoS Pour
Danielle Simonnet EcoS Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Jean Terlier EPR Contre
Sabine Thillaye Dem Contre
Romain Tonussi RN Contre
Aurélie Trouvé LFI-NFP Pour
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Roger Vicot SOC Pour
Antoine Villedieu RN Contre
Frédéric Weber RN Contre
Caroline Yadan EPR Contre
Charles de Courson LIOT Contre