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l'amendement n° 54 de Mme Sas après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 16 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Présidente du groupe "Écologiste et Social"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à mettre en place un impôt sur la fortune (ISF) climatique applicable aux foyers dont le patrimoine net est supérieur à 1,3 million d’euros.

Cet ISF climatique est composé d’une composante socle à 0,5 %, d’une composante chapeau progressive, et d’une composante plancher pour les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, l’impôt plancher sur la fortune, dit « taxe Zucman », permettant de s’assurer d’un minimum de taxation, quels que soient les dispositifs d’optimisation fiscale mis en place.

Dans un contexte de croissance faible, l’amélioration de la qualité de vie du plus grand nombre, qui suppose de préserver le pouvoir d’achat, de garantir l’accès à des services publics de qualité et d’assurer à chacun un environnement sain, exige une redistribution immédiate et substantielle des richesses. À ce titre, le rétablissement de l’ISF est non seulement souhaitable, mais également massivement souhaité. En effet, selon le dernier sondage IFOP sur le sujet, 79 % des Français se déclarent favorables à son retour.

Rétablir cet impôt est d’autant plus nécessaire que nous faisons face à des inégalités de patrimoine toujours plus marquées. Selon la Banque de France, les inégalités de patrimoine n’ont cessé de progresser depuis 2009, avant de se stabiliser, à partir de 2019, à un niveau particulièrement élevé : les 10 % des ménages les plus riches détiennent désormais plus de la moitié du patrimoine total. L’Insee relève, en outre, que cette concentration est particulièrement marquée au sommet de la distribution, puisque le 1 % des ménages les plus fortunés possède à lui seul 15 % du patrimoine total.

Face à ces constats, l’ISF apparaît d’autant plus comme un outil indispensable de justice fiscale que sa suppression, selon les rapports de France Stratégie, non seulement n’a pas eu d’effet quantifiable sur l’économie, mais a, a contrario, entraîné une perte annuelle de recettes estimée à 4,5 milliards d’euros. Néanmoins, pour retrouver des marges de manœuvre fiscales à la hauteur des enjeux sociaux, budgétaires et écologiques, il ne s’agit pas simplement de rétablir l’ISF tel qu’il existait avant 2017 : il s’agit de le refonder en profondeur.

C’est pourquoi nous avons repensé l’assiette de cet impôt. Celle sur laquelle reposait le dispositif antérieur était en effet largement mitée par de nombreuses exceptions, limitant son efficacité et son rendement. Nous proposons donc une assiette élargie et simplifiée, avec moins d’exonérations ainsi qu’une « exit tax » et une modalité de paiement spécifique de l’impôt, sous forme de paiement en nature, et notamment en parts de sociétés, applicable aux redevables dont le patrimoine excède 100 millions d’euros. Enfin, nous révisons le tarif de l’impôt afin de mieux prendre en compte les très hauts patrimoines.

Comme indiqué, le nouvel ISF que nous proposons repose sur trois composantes :

1) Une composante « socle », avec un taux faible, soit 0,5 %, sur l’ensemble du patrimoine net, hors patrimoine professionnel. 

2) Une composante « chapeau » avec des taux plus élevés et plus progressifs. Les taux s’échelonnent de 1 % à partir de 10 millions d’euros, 1,5 % à 50 millions, 2 % à 100 millions et 3 % au-delà de 1 milliard d’euros. Ces taux s’ajoutent à celui du socle.

3) Une composante « plancher », applicable uniquement aux contribuables dont le patrimoine net global, incluant les biens professionnels, est supérieur à 100 millions d’euros. Ainsi, lorsque le montant total des impôts personnels acquittés par ces contribuables, au titre des composantes « socle » et « chapeau » du présent ISF, de l’impôt sur le revenu et du prélèvement forfaitaire unique (PFU), de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), des contributions au remboursement de la dette sociale (CRDS), de la contribution sociale généralisée (CSG), des prélèvements de solidarité, de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), des taxes foncières et de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, ainsi que des impôts équivalents acquittés à l’étranger, est inférieur à 2 % de la valeur nette de leur patrimoine, ils doivent s’acquitter de la différence. 

Par ailleurs, cet amendement introduit également une dimension climatique à l’ISF. L’objectif ici est de responsabiliser les ménages les plus aisés sur l’impact environnemental de leur patrimoine, et de les inciter à le décarboner. Les biens immobiliers seront soumis à un bonus-malus climatique selon leur performance énergétique et leurs émissions de gaz à effet de serre. Ce mécanisme vise à encourager la rénovation énergétique du parc immobilier détenu par les ménages fortunés, en réduisant la charge fiscale pour les logements performants, et en l’alourdissant pour les passoires thermiques. En parallèle, les biens de luxe hyper consommateurs d’énergie, tels que les yachts et les jets privés, feront l’objet d’un malus renforcé. Leur valeur sera majorée d’un coefficient de 1,5 afin de dissuader leur acquisition.

Les placements financiers seront, eux aussi, modulés selon leur impact environnemental mais aussi social et de gouvernance, à partir d’un score carbone calculé par l’administration fiscale. Ce score permettra notamment d’apprécier dans quelle mesure les placements détenus par le redevable contribuent ou non à la transition énergétique et écologique, ainsi qu’au respect de l’objectif international de limitation du réchauffement climatique.

Ainsi, ce nouvel ISF climatique a pour vocation de :

– Réduire immédiatement les inégalités de patrimoine ;

– Mobiliser des recettes supplémentaires afin d’améliorer la qualité de vie de chacune et chacun, en soutenant le pouvoir d’achat, en renforçant les services publics et en finançant les investissements nécessaires à la transition écologique ;

– Responsabiliser les ménages les plus aisés sur l’impact environnemental et social de leur patrimoine immobilier et financier, via un score carbone.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Audrey Abadie-Amiel LIOT Pour
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Maxime Amblard RN Contre
Philippe Ballard RN Contre
Christian Baptiste SOC Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Théo Bernhardt RN Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Benoît Biteau EcoS Pour
Emmanuel Blairy RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Christophe Blanchet Dem Absent
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Élisabeth Borne EPR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Joël Bruneau LIOT Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Alexis Corbière EcoS Pour
Christelle D'Intorni UDR Contre
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Contre
Catherine Dellong Meng RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Alexandre Dufosset RN Contre
Lionel Duparay DR Contre
Marc Ferracci EPR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet RN Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Benoit Gilhet NI Contre
Antoine Golliot RN Contre
Florence Goulet RN Contre
Daniel Grenon NI Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Julien Guibert RN Contre
Michel Guiniot RN Contre
Félicie Gérard HOR Contre
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
François Jolivet HOR Contre
Philippe Juvin DR Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Amélia Lakrafi EPR Contre
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Katiana Levavasseur RN Contre
Julien Limongi RN Contre
Alexandre Loubet RN Contre
Benjamin Lucas-Lundy EcoS Pour
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Valérie Létard LIOT Contre
David Magnier RN Contre
Emmanuel Mandon Dem Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Éric Martineau Dem Contre
Michèle Martinez RN Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Emmanuel Maurel GDR Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Louise Morel Dem Contre
Marcellin Nadeau GDR Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Lisette Pollet RN Contre
Julien Rancoule RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Nicolas Ray DR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Eva Sas EcoS Pour
Anne Sicard RN Contre
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Liliana Tanguy EPR Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Nicolas Tryzna DR Contre
Gérault Verny UDR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Contre