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l'amendement n° 471 de M. Mickaël Bouloux après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 16 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement des députés Socialistes et apparentés décline les travaux menés par l’économiste Gabriel Zucman – Prix Bernacer en 2018 et Médaille John-Bates-Clark en 2023 – vise à instaurer un prélèvement annuel plancher de 2 % pour les contribuables dont le patrimoine net (actifs moins dettes) est supérieur à 100 millions d’euros.

Le mécanisme de la taxe Zucman repose sur :

· un seuil fixé à 100 millions d’euros étant donné que, d’après les études, c’est à partir de ce niveau que le système fiscal devient régressif (en-deçà de 100 millions d’euros, les foyers fiscaux ne payent déjà pas loin de 2 % de leur patrimoine en impôt) ;

· un taux de 2 % sur le patrimoine net défini économiquement comme le taux nécessaire à remédier à la dégressivité de la fiscalité sur les plus grandes fortunes ;

· un fonctionnement dit différentiel : les impôts effectivement aquittés par le contribuable viennent en déduction du montant de 2 % du patrimoine net, la taxe Zucman ne touche dès lors que les ménages ayant un recours abusif à l’optimisation fiscale.

La taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches devrait concerner environ 1 800 foyers fiscaux et dégager un rendement annuel estimé entre 15 et 25 milliards d’euros.

Il s’agit par ailleurs d’une contribution différentielle, qui prend en compte les impôts personnels et cotisations déjà payés (IR, CSG/CRDS, taxe foncière, taxe d’habitation, IFI, etc.). En d’autres termes, les ultra-riches qui jouent déjà le jeu et n’opèrent donc pas de contournement en matière de fiscalité, ne seront pas doublement pénalisés. Enfin, de par ses modalités, la taxe permet de contrer tous les dispositifs de contournements existants pour échapper à l’impôt (holdings, trusts, fondation, emprunt, etc.).

Au-delà du rendement non négligeable en termes de recettes pour l’État, la taxe Zucman que les députés Socialistes et apparentés proposent d’introduire par amendement au présent projet de loi de Finances est une mesure de justice fiscale. En effet, en France comme dans la plupart des pays développés, les quelques multi millionnaires et milliardaires payent en pourcentage très peu d’impôt par rapport aux classes moyennes : moins de 30 % contre plus de 50 % pour les classes moyennes.

La justice fiscale est une donnée essentielle du consentement à l’impôt. Selon les chiffres du magazine Challenge, en 1996, les 500 plus grandes fortunes de France possédaient en richesse l’équivalent de 6 % du PIB, un chiffre qui est passé en 2025 à 42 % du PIB. Comment expliquer aux Françaises et aux Français qu’ils paient environ 50 % d’impôts (tout compris) en proportion de leurs revenus, alors que les milliardaires n’en paient que 27 % grâce à des mécanismes d’optimisation fiscale ?

La taxe Zucman est nécessaire non seulement pour redresser les comptes publics, mais également pour restaurer la cohésion nationale de notre pays. 

En lien avec la question de la constitutionnalité de la mesure visée par le présent amendement, il est à noter que la jurisprudence constitutionnelle (notamment la décision n°2010‑99 du 11 février 2011) autorise le législateur à « faire obstacle à ce que [les] contribuables n’aménagent leur situation en privilégiant la détention de biens qui ne procurent aucun revenu imposable ; [en fondant] son appréciation sur des critères objectifs et rationnels en rapport avec les facultés contributives de ces contribuables » sans que cela ne porte atteinte au principe d’égalité devant les charges publiques, y compris à la jurisprudence en matière de caractère confiscatoire de l’impôt.

La taxe Zucman est soutenue par sept prix Nobel d’économie :

· Daron Acemoglu (MIT), Prix Nobel d’économie 2024 ;

· ⁠George Akerlof (Georgetown), Prix Nobel d’économie 2001 ;

· ⁠Abhijit Banerjee (MIT), Prix Nobel d’économie 2019 ;

· Esther Duflo (Collège de France et MIT), Prix Nobel d’économie 2019 ;

· Simon Johnson (MIT), Prix Nobel d’économie 2024 ;

· ⁠Paul Krugman (CUNY), Prix Nobel d’économie 2008 ;

· ⁠Joseph Stiglitz (Columbia), Prix Nobel d’économie 2001.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Audrey Abadie-Amiel LIOT Pour
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Maxime Amblard RN Contre
Philippe Ballard RN Contre
Christian Baptiste SOC Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Théo Bernhardt RN Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Benoît Biteau EcoS Pour
Emmanuel Blairy RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Christophe Blanchet Dem Absent
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Élisabeth Borne EPR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Joël Bruneau LIOT Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Alexis Corbière EcoS Pour
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Contre
Catherine Dellong Meng RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Alexandre Dufosset RN Contre
Lionel Duparay DR Contre
Marc Ferracci EPR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Laurence Gardet NI Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Benoit Gilhet NI Contre
Antoine Golliot RN Contre
Florence Goulet RN Contre
Daniel Grenon NI Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Julien Guibert RN Contre
Michel Guiniot RN Contre
Félicie Gérard HOR Contre
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
François Jolivet HOR Contre
Philippe Juvin DR Contre
Guillaume Kasbarian EPR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Amélia Lakrafi EPR Contre
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Katiana Levavasseur RN Contre
Julien Limongi RN Contre
Alexandre Loubet RN Contre
Benjamin Lucas-Lundy EcoS Pour
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Valérie Létard LIOT Contre
David Magnier RN Contre
Emmanuel Mandon Dem Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Éric Martineau Dem Contre
Michèle Martinez RN Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Emmanuel Maurel GDR Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Louise Morel Dem Contre
Marcellin Nadeau GDR Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Lisette Pollet RN Contre
Julien Rancoule RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Nicolas Ray DR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Eva Sas EcoS Pour
Anne Sicard RN Contre
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Liliana Tanguy EPR Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Nicolas Tryzna DR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Contre