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l'amendement n° 3652 de M. Attal et l'amendement identique suivant après l'article 4 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 16 octobre 2026 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Président du groupe "Ensemble pour la République"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le présent amendement traduit la proposition n° 23 de la mission « Croissance et transmission des TPE et des PME », confiée par le Premier ministre à l’auteure du présent amendement.

La vague de transmissions qui s’engage concerne quelque trois millions d’emplois. La mission a relevé une asymétrie : la transmission familiale bénéficie d’un dispositif efficace et d’ampleur, quand la reprise par les salariés, qui rencontre le plus d’obstacles, ne dispose que d’instruments peu utilisés. De la loi Pacte à la loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur, la France a pourtant fait de l’actionnariat salarié une réelle ambition. 

Le Gouvernement confirme aujourd’hui encore cette orientation en proposant, à l’article 10 du présent projet de loi, un pacte « Papin » qui facilite la reprise des entreprises par leurs salariés, au moyen d’un abattement renforcé pour le cédant et de droits de mutation alignés sur le régime le plus favorable. Le présent amendement s’inscrit dans ses pas.

La reprise par les salariés pose une question de gouvernance que les autres formes de reprise ne connaissent pas : il faut répartir le capital et le pouvoir, organiser la décision et prévoir la sortie. Une pratique collective existe déjà spontanément. Le véhicule naturel de cette démarche est la société commune, ou holding d’actionnariat salarié, qui regroupe les titres des salariés.

Or l’apport à une telle structure d’actions attribuées gratuitement déclenche aujourd’hui l’imposition immédiate du gain d’acquisition, alors qu’aucun salarié n’a perçu la moindre liquidité. Le sursis d’imposition qui neutralise cet effet n’est ouvert que si l’attribution a bénéficié à l’ensemble des salariés de l’entreprise. Cette condition est impossible à remplir en pratique : dans toute entreprise, certains salariés sont en période d’essai, d’autres viennent d’arriver, d’autres encore ne souhaitent pas devenir actionnaires. Le dispositif perd ainsi toute portée pour les opérations collectives, que le législateur cherche précisément à encourager.

Le présent amendement étend le sursis aux attributions qui bénéficient à au moins 50 % des salariés de la société et représentent au moins 25 % du total des salaires bruts, soit le critère introduit par la loi du 29 novembre 2023 pour les plafonds d’attribution gratuite d’actions. Ce double critère, fondé à la fois sur le nombre de salariés et sur la masse salariale, garantit que l’opération associe réellement une large part du personnel, et non quelques cadres dirigeants. Les autres conditions du sursis demeurent inchangées.

Il ne s’agit pas d’une niche fiscale nouvelle : l’impôt n’est pas supprimé, il est acquitté le jour où le salarié perçoit effectivement le produit de ses titres. Sans coût réel pour les finances publiques, la mesure s’inscrit dans l’ensemble des propositions de la mission qui lèvent, étape par étape, les obstacles à la reprise par les salariés : acquisition des titres, choix du cédant, regroupement des salariés et constitution de leur apport. Elle donne à la reprise collective un cadre qui lui manque.

Le présent amendement complète ainsi utilement le pacte « Papin », dont plusieurs mesures bénéficient aux reprises réalisées par une société dont les associés sont salariés de l’entreprise : encore faut-il que ces salariés puissent constituer une telle société sans être imposés avant même d’avoir perçu le moindre euro.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Philippe Ballard RN Pour
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Contre
Emmanuel Blairy RN Pour
Christophe Blanchet Dem Absent
Anthony Boulogne RN Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Caroline Colombier RN Pour
Alexis Corbière EcoS Contre
Christelle D'Intorni UDR Pour
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Pour
Catherine Dellong Meng RN Pour
Alexandre Dufosset RN Pour
Lionel Duparay DR Pour
Emmanuel Fouquart RN Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Contre
Laurence Gardet RN Pour
Antoine Golliot RN Pour
Olivia Grégoire EPR Pour
Julien Guibert RN Pour
Jordan Guitton RN Pour
Félicie Gérard HOR Abstention
Marine Hamelet RN Pour
Florence Joubert RN Pour
Philippe Juvin DR Pour
Guillaume Kasbarian EPR Pour
Daniel Labaronne EPR Pour
Tristan Lahais EcoS Contre
Sandrine Lalanne EPR Pour
Aurélien Le Coq LFI-NFP Contre
Vincent Ledoux EPR Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Abstention
Katiana Levavasseur RN Pour
Philippe Lottiaux RN Pour
Alexandre Loubet RN Pour
David Magnier RN Pour
Claire Marais-Beuil RN Pour
Patrice Martin RN Pour
Kévin Mauvieux RN Pour
Marianne Maximi LFI-NFP Abstention
Estelle Mercier SOC Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Contre
Thierry Perez RN Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Nicolas Ray DR Pour
Matthias Renault RN Pour
Béatrice Roullaud RN Pour
Sophie-Laurence Roy RN Pour
Emeric Salmon RN Pour
Nicolas Sansu GDR Contre
Anne Sicard RN Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Pour
Aurélie Trouvé LFI-NFP Contre
Gérault Verny UDR Pour
Charles de Courson LIOT Pour