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l'amendement n° 1300 de M. Le Fur et l'amendement identiques suivant à l'article 2 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).

AN 14 octobre 2026 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi de finances pour 2027

Présidente de séance

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le présent amendement vise à exclure les licenciements subis du renforcement de la fiscalisation des indemnités de départ.

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de ramener à un seuil unique d’un plafond annuel de la sécurité sociale, soit 48 060 euros en 2026, le régime fiscal applicable à de nombreuses indemnités versées à l’occasion de la rupture du contrat de travail.

Sous le prétexte de la simplification et de l’harmonisation, la proposition d’une fiscalisation unique des indemnités de départ conduit à traiter de manière identique les départs volontaires des départs subis.

Ainsi, un salarié licencié dans des conditions qu’il estime injustifiées et s’apprêtant à saisir les prud’hommes, ou encore un salarié victime de harcèlement dont le licenciement serait jugé nul, verraient leur indemnité accordée lourdement fiscalisée. Cette mesure revient à considérer une somme versée à un salarié licencié pour accompagner son départ comme un bonus ou un salaire, comme l’ont alerté plus de 200 avocats en droit du travail dans une récente tribune collective.

Par ailleurs, les indemnités de départ visées concernent en particulier les salariés avec un fort taux d’ancienneté. Ainsi, dans sa version actuelle, le texte pénaliserait un salarié ayant travaillé vingt ans dans la même entreprise et perdant son emploi dans un plan de sauvegarde de l’emploi.

Or, l’indemnité de rupture constitue précisément, pour les salariés les plus durablement engagés dans une entreprise, un élément essentiel de sécurisation de la transition vers un nouvel emploi, qui nécessite d’importantes dépenses de formation et de reconversion. Au moment même où il leur est demandé de travailler plus longtemps, ce dispositif apparaît ainsi difficilement conciliable avec l’objectif de retour au travail des seniors, quand le taux d’emploi des 55‑64 ans n’était que de 61.7 %

en 2025.

Par ailleurs, dans certaines professions, les salariés peuvent être contraints de cesser leur activité en raison de la réglementation elle-même. Pour des raisons de sécurité, la loi interdit en effet, dans certains métiers, la poursuite de l’activité au-delà d’un âge déterminé. Lorsque l’employeur ne peut proposer aucun reclassement, le contrat de travail est alors rompu. Le salarié n’a donc choisi ni le principe ni la date de son départ : celui-ci lui est imposé par la loi.

Cette conséquence est particulièrement problématique alors même que l’indemnisation du chômage ne constitue pas un substitut à l’indemnité de rupture. Les indemnités supra-légales peuvent déjà entraîner un différé spécifique d’indemnisation pouvant atteindre 150 jours, ramené à 75 jours en cas de rupture pour motif économique. La fiscalisation accrue de l’indemnité de départ réduirait donc les ressources disponibles pour traverser cette période de transition.

Enfin, la réforme risque de réduire durablement les marges de manœuvre des salariés et de fragiliser le dialogue social, la question des indemnités de départ demeurant un point-clé des négociations dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. En réduisant le montant net effectivement perçu au titre des indemnités de départ, la réforme risque de rendre plus difficiles les compromis négociés et d’inciter davantage les parties à laisser le juge trancher.

L’application d’un plafond uniforme conduirait donc à une double peine pour le salarié licencié : à la perte involontaire de son emploi s’ajouterait une diminution immédiate de l’indemnité nette destinée à en compenser les conséquences. Cette indemnité ne constitue pas un revenu ordinaire, mais la compensation d’un préjudice qui augmente notamment avec l’ancienneté, la difficulté de retour à

l’emploi et le risque de déclassement professionnel. Un plafond déconnecté de ces éléments traiterait ainsi de manière identique des situations objectivement différentes.

Le présent amendement propose donc de maintenir le régime fiscal actuellement applicable aux indemnités liées aux licenciements subis. Il permet ainsi de préserver une distinction essentielle entre rupture choisie et rupture subie, récemment rappelé dans un rapport IGAS-IGF, tout en préservant l’objectif global de simplification poursuivi par le Gouvernement.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Christine Arrighi EcoS Contre
Christian Baptiste SOC Contre
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Abstention
Emmanuel Blairy RN Pour
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Nicolas Bonnet EcoS Contre
Mickaël Bouloux SOC Contre
Soumya Bourouaha GDR Abstention
Jorys Bovet RN Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Joël Bruneau LIOT Contre
Stéphane Buchou EPR Contre
Pierre-Henri Carbonnel UDR Pour
Danièle Carteron EPR Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Cendrine Chazé DR Pour
Yannick Chenevard EPR Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
Caroline Colombier RN Pour
Éric Coquerel LFI-NFP Abstention
Pierrick Courbon SOC Contre
Christelle D'Intorni UDR Pour
Nathalie Da Conceicao Carvalho RN Pour
Marie-Christine Dalloz DR Contre
Catherine Dellong Meng RN Pour
Jocelyn Dessigny RN Pour
Benjamin Dirx EPR Contre
Nicolas Dragon RN Pour
Virginie Duby-Muller DR Pour
Lionel Duparay DR Abstention
Iñaki Echaniz SOC Contre
Olivier Faure SOC Contre
Olivier Fayssat UDR Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Abstention
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Abstention
Emmanuel Fouquart RN Pour
Charles Fournier EcoS Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Abstention
Stéphanie Galzy RN Pour
Laurence Gardet RN Pour
Jonathan Gery RN Pour
Yoann Gillet RN Pour
Christian Girard RN Pour
Antoine Golliot RN Pour
Julien Guibert RN Pour
Michel Guiniot RN Pour
Félicie Gérard HOR Abstention
Marine Hamelet RN Pour
Florence Herouin-Léautey SOC Contre
Timothée Houssin RN Pour
Édouard Jordan RN Pour
Philippe Juvin DR Contre
Brigitte Klinkert EPR Contre
Daniel Labaronne EPR Contre
Thomas Lam HOR Abstention
Laure Lavalette RN Pour
Corentin Le Fur DR Pour
Nicole Le Peih EPR Contre
Nadine Lechon RN Pour
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Abstention
Murielle Lepvraud LFI-NFP Abstention
Katiana Levavasseur RN Pour
Thierry Liger DR Pour
Julien Limongi RN Pour
Marie-France Lorho RN Pour
Philippe Lottiaux RN Pour
Alexandre Loubet RN Pour
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Frédéric Maillot GDR Contre
Claire Marais-Beuil RN Pour
Éric Martineau Dem Pour
Denis Masséglia EPR Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Marianne Maximi LFI-NFP Abstention
Laurent Mazaury LIOT Contre
Estelle Mercier SOC Contre
Sophie Mette Dem Contre
Paul Midy EPR Contre
Yaël Ménaché RN Pour
Philippe Naillet SOC Contre
Jacques Oberti SOC Contre
Didier Padey Dem Contre
Caroline Parmentier RN Pour
Thierry Perez RN Pour
Frédéric Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Kévin Pfeffer RN Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Lisette Pollet RN Pour
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Absent
Pierre Pribetich SOC Contre
Christophe Proença SOC Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Abstention
Nicolas Ray DR Pour
Matthias Renault RN Pour
Valérie Rossi SOC Contre
Béatrice Roullaud RN Pour
Sophie-Laurence Roy RN Pour
Anaïs Sabatini RN Pour
Alexandre Sabatou RN Pour
Emeric Salmon RN Pour
Nicolas Sansu GDR Abstention
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Ersilia Soudais LFI-NFP Abstention
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Abstention
Jean-Philippe Tanguy RN Pour
Michaël Taverne RN Pour
Romain Tonussi RN Pour
Cyril Tribuiani RN Pour
Vincent Trébuchet UDR Pour
Gérault Verny UDR Pour
Corinne Vignon EPR Contre
Charles de Courson LIOT Contre
Hervé de Lépinau RN Pour