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l'amendement n° 418 de Mme Cathala et l'amendement identique suivant de suppression de l'article 16 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).

AN 5 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe de la France insoumise propose de supprimer cet article.

Cet article crée une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres commis sur une personne en situation de prostitution. Il étend la période de sûreté à tous les viols commis avec circonstances aggravantes. Ces mesures ne sont pas demandées par les associations féministes de la coalition, qui ont demandé la suppression de ces dispositions lors de leur audition à l'Assemblée nationale.

Il introduit également de nouvelles circonstances aggravantes en cas de viol puni de vingt ans de réclusion criminelle. Cette liste a été encore allongée lors des débats en commission spéciale, où une disposition visant à permettre le cumul des circonstances aggravantes a aussi été adoptée.

Pourtant, l'efficacité des aggravations de peines pour mettre fin aux comportements infractionnels n'a été démontrée par aucune étude, tant pour dissuader ces comportements que pour favoriser la réinsertion.

Ainsi, l’aggravation pénale en matière d’infractions sexuelles n’a eu aucun effet documenté sur l’impunité des agresseurs. Alors qu'on dénombre davantage de plaintes pour ces violences (+29% d’affaires enregistrées par la justice pour les viols et +16% pour les agressions sexuelles entre 2012 et 2019 selon l’Institut des politiques publiques), les taux de classement sans suite de ces affaires n'ont cessé d'augmenter depuis quinze ans : 86 % pour les agressions sexuelles (contre 80% en 2012) atteignant même 94 % pour les viols (72% pour les viols sur mineurs), contre 83% en 2012. Seuls 1% des viols font l’objet d’une condamnation en cours d’assises (environ 3% pour les violences sexuelles sur mineurs).

Le scandale n'est pas celui de l'insuffisance des peines encourues ; il est celui de l'impunité des violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes et de l'indigence des moyens accordés à la justice et à la police judiciaire pour permettre d'enquêter et de lutter contre ces violences.

Le Syndicat de la magistrature comme l'Union syndicale des magistrats appellent à recruter des enquêteurs, des magistrats, des greffiers, renforcer les capacités d'investigation, améliorer l'exécution et le suivi des peines, développer la prévention et la prise en charge des auteurs afin de prévenir la récidive.

Les associations ont également souligné l’importance d'intégrer la question de la prévention de la récidive dans le champ de cette proposition de loi, qui est silencieuse sur ce sujet pourtant crucial. Elles demandent des moyens pérennes pour les SPIP, et un renforcement des CRIAVS.

Ces politiques nécessiteront des moyens. Rien que pour améliorer la réponse policière et judiciaire aux victimes de ces violences, les associations, estiment qu’il faudrait 150,8 millions d’euros supplémentaires dans les portefeuilles des ministères de l’Intérieur et de la Justice (43% du montant total demandé), dont 56,2 millions d’euros sur le seul ministère de la Justice.

Par comparaison, l’Etat n’avait dépensé en 2023 que 184,4 millions d’euros pour lutter contre toutes les violences faites aux femmes, et à peine 12,7 millions pour lutter contre les violences sexuelles hors couple.

Le Conseil d’Etat lui-même voit dans l’instauration de ces nouvelles circonstances aggravantes, "qui au cas de l’infraction concernée s’ajoutent aux nombreuses circonstances aggravantes déjà existantes, une source de difficulté qui ne paraît pas justifiée par des impératifs répressifs (...)".

La lutte contre les violences sexuelles suppose de donner enfin à la justice et aux services publics les moyens de protéger les victimes, de poursuivre les auteurs et de prévenir les violences. C'est pourquoi les auteurs du présent amendement proposent de supprimer cet article.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Rodrigo Arenas LFI-NFP Pour
Clémentine Autain EcoS Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Pour
Erwan Balanant Dem Contre
Anchya Bamana RN Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Contre
Shéhérazade Bentorki LFI-NFP Pour
Marie-Sophie Bernadeau EPR Contre
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Bruno Bilde RN Contre
Sophie Blanc RN Contre
Christophe Blanchet Dem Contre
Sylvie Bonnet DR Pour
Soumya Bourouaha GDR Abstention
Bertrand Bouyx HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Contre
Anthony Brosse EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Contre
Eddy Casterman RN Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Roger Chudeau RN Contre
Bruno Clavet RN Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
Alexis Corbière EcoS Pour
Geneviève Darrieussecq Dem Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Pour
Jocelyn Dessigny RN Contre
Dieynaba Diop SOC Contre
Sandrine Dogor-Such RN Contre
Fanny Dombre Coste SOC Contre
Aurélien Dutremble RN Contre
Philippe Fait HOR Contre
Elsa Faucillon GDR Pour
Olivier Fayssat UDR Contre
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Agnès Firmin Le Bodo HOR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Marie-Charlotte Garin EcoS Pour
Guillaume Garot SOC Contre
François Gernigon HOR Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Perrine Goulet Dem Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Jérôme Guedj SOC Contre
Carole Guillerm Dem Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Contre
Emmanuelle Hoffman EPR Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Sandrine Josso Dem Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Corentin Le Fur DR Pour
Didier Le Gac EPR Contre
Karine Lebon GDR Abstention
Élise Leboucher LFI-NFP Pour
Nadine Lechon RN Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Katiana Levavasseur RN Contre
Brigitte Liso EPR Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Matthieu Marchio RN Contre
Bastien Marchive EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Alexandra Martin (Gironde) EPR Contre
Graziella Melchior EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Yaël Ménaché RN Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Sophie Panonacle EPR Contre
Sophie Pantel SOC Contre
Maud Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Kévin Pfeffer RN Contre
René Pilato LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Dominique Potier SOC Contre
Pierre Pribetich SOC Pour
Isabelle Rauch HOR Contre
Véronique Riotton EPR Contre
Joseph Rivière RN Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Sandrine Rousseau EcoS Pour
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Isabelle Santiago SOC Contre
Arnaud Simion SOC Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Thierry Sother SOC Contre
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Liliana Tanguy EPR Contre
David Taupiac LIOT Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Prisca Thevenot EPR Abstention
Céline Thiébault-Martinez SOC Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Stéphane Travert EPR Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Frédéric Valletoux HOR Contre
Laurent Wauquiez DR Contre
Christopher Weissberg EPR Contre
Caroline Yadan EPR Contre
Élisabeth de Maistre DR Pour
Constance de Pélichy LIOT Contre