Qui Vote Quoi

Transparence de la vie politique · Assemblée nationale, Sénat, Parlement européen & élus locaux

l'amendement n° 721 de Mme de Pélichy après l'article 11 bis de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).

AN 2 octobre 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants

Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement reprend et transpose en droit positif le concept de présomption de victimité développé par la professeure des universités Anne-Blandine Caire, agrégée de droit privé et de sciences criminelles : cette présomption vise à poser le principe d'une exigence procédurale pour toute personne qui allègue avoir subi une infraction, sous la forme d'une présomption applicable à la conduite de la procédure pénale, et non à la véracité des faits allégués. Cette présomption ne s'appliquerait qu'aux infractions constitutives de violences sexistes et ou sexuelles. 

Cette exigence procédurale est aujourd'hui insuffisamment appliquée, ce qui a valu à la France d'être condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH, 4 septembre 2025, E.A. et Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail c. France). La présomption de victimité vise ainsi à prévenir la victimisation secondaire, notion désormais consacrée tant par la jurisprudence de la CEDH que par la jurisprudence nationale récente (tribunal correctionnel de Paris, 13 mai 2025, affaire dite « Les Volets verts »). En effet, dans cette dernière affaire, le prévenu a été condamné, indépendamment des dommages-intérêts réparant directement les infractions commises et des frais irrépétibles, à verser à chacune des deux victimes 1 000 € « au titre du préjudice lié à la victimisation secondaire ». Ces décisions montrent qu'à défaut d'un fondement clair dans la loi, nos juridictions construisent seules, au cas par cas, la reconnaissance de la victimisation secondaire.

Il importe cependant de préciser, pour prévenir tout malentendu, ce que cette présomption de victimité n'est pas et ne fait pas :

– elle n'emporte aucune présomption de véracité des faits allégués et ne modifie ni la charge, ni les règles d'appréciation de la preuve ;– elle ne porte atteinte ni à la présomption d'innocence de la personne mise en cause, ni aux droits de la défense, ni à la liberté de parole de son avocat, ni au principe du contradictoire ;– elle ne crée aucune infraction autonome et ne peut, à elle seule, fonder le dépôt d'une plainte ;– elle n'ouvre pas à la victime les mêmes droits que ceux attachés à la présomption d'innocence ;– le risque d'engorgement des juridictions qui pourrait en résulter est extrêmement limité, puisqu'elle ne constitue ni une nouvelle voie de recours ni une nouvelle cause d'action.

Cependant, sa méconnaissance ouvre la reconnaissance d'un préjudice spécifique, susceptible de donner lieu à réparation, une voie plus mesurée qu'une remise en cause générale du fonctionnement des institutions judiciaires, qui garantit une réparation effective à la victime sans le fragiliser.

Consacrer cette présomption de victimité permettrait enfin à la France de répondre avec panache aux condamnations dont elle a fait l'objet, en formalisant dans le code de procédure pénale l'exigence procédurale que la jurisprudence reconnaît déjà à la victime, une démarche d'autant plus naturelle qu'elle émanerait de la patrie fondatrice des droits de l'homme.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Audrey Abadie-Amiel LIOT Pour
Nadège Abomangoli LFI-NFP Contre
Marie-José Allemand SOC Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Abstention
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Clémentine Autain EcoS Abstention
Anchya Bamana RN Contre
Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP Abstention
Karim Benbrahim SOC Contre
Anne Bergantz Dem Abstention
Sophie Blanc RN Contre
Benoît Blanchard HOR Pour
Arnaud Bonnet EcoS Abstention
Émilie Bonnivard DR Pour
Bertrand Bouyx HOR Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Contre
Anthony Brosse EPR Pour
Colette Capdevielle SOC Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Abstention
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Contre
Laurent Croizier Dem Pour
Sébastien Delogu LFI-NFP Abstention
Nicolas Dragon RN Contre
Romain Eskenazi SOC Contre
Elsa Faucillon GDR Abstention
Charles Fournier EcoS Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Contre
Yoann Gillet RN Contre
Jérôme Guedj SOC Contre
Steevy Gustave EcoS Pour
Ayda Hadizadeh SOC Contre
Emmanuelle Hoffman EPR Pour
Sandrine Josso Dem Pour
Arnaud Le Gall LFI-NFP Abstention
Sarah Legrain LFI-NFP Abstention
Brigitte Liso EPR Contre
David Magnier RN Contre
Matthieu Marchio RN Contre
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Pour
Alexandra Martin (Gironde) EPR Contre
Graziella Melchior EPR Pour
Christophe Mongardien EPR Contre
Sophie Panonacle EPR Pour
Maud Petit Dem Abstention
Sébastien Peytavie EcoS Abstention
Béatrice Piron HOR Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Thomas Portes LFI-NFP Abstention
Isabelle Rauch HOR Pour
Béatrice Roullaud RN Contre
Sandrine Rousseau EcoS Pour
Laetitia Saint-Paul HOR Pour
Ersilia Soudais LFI-NFP Abstention
David Taupiac LIOT Pour
Andrée Taurinya LFI-NFP Abstention
Céline Thiébault-Martinez SOC Contre
Paul Vannier LFI-NFP Abstention
Christopher Weissberg EPR Pour
Constance de Pélichy LIOT Pour