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l'amendement n° 937 de Mme Cathala et l'amendement identique suivant de suppression de l'article 11 bis du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).

AN 17 juillet 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi relatif à la protection des enfants

Président du groupe "Ensemble pour la République" Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire" Présidente du groupe "Écologiste et Social"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le présent amendement vise à supprimer l'article 11 bis, qui déroge au droit commun du concours d'infractions en prévoyant le cumul sans limitation de quantum et sans possibilité de confusion des peines prononcées pour les crimes et délits sexuels commis sur un ou plusieurs mineurs de quinze ans.

Une telle évolution remet en cause l'économie générale du droit des peines. Les articles 132-3 à 132-5 du code pénal traduisent un équilibre entre la répression de la pluralité d'infractions et les principes de nécessité, de proportionnalité et d'individualisation de la peine. Ils permettent déjà aux juridictions de tenir compte de la multiplicité des faits et de leur particulière gravité. Rien ne démontre qu'il soit nécessaire d'y déroger pour assurer une meilleure répression des violences sexuelles commises sur les mineurs. En instituant un mécanisme de cumul illimité des peines, le présent article crée un régime d'exception fondé sur la nature de certaines infractions, au risque d'affaiblir l'échelle des peines pénales et de favoriser une logique d'inflation répressive dont l'efficacité n'est pas démontrée.

Surtout, cette disposition ne répond pas aux difficultés auxquelles se heurte aujourd'hui la répression des violences sexuelles faites aux enfants. Comme l'ont notamment souligné le Syndicat de la magistrature et l'Union syndicale de la magistrature,le principal obstacle réside moins dans le niveau des peines encourues que dans les moyens dont disposent les enquêteurs, les parquets et les juridictions pour traiter ces affaires.

Les révélations récentes de Mediapart, fondées sur un rapport conjoint des inspections générales de la justice et de la police remis au Gouvernement en 2023, confirment l'ampleur de ces difficultés structurelles. Ce rapport faisait état de procédures de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs demeurées sans aucune investigation pendant plusieurs années, parfois alors même que les auteurs présumés étaient identifiés, et alertait sur l'incapacité des services d'enquête à traiter le flux annuel des procédures.

Ces constats rejoignent ceux d'un précédent rapport d'inspection consacré aux procédures relatives aux violences sexuelles faites aux enfants. Après l'examen de 400 procédures judiciaires dans huit tribunaux, les inspections relevaient que « les causes de classement retenues relevaient plus d'enquêtes incomplètes que de l'incapacité à établir des infractions ou d'interpeller leurs auteurs ». Plus préoccupant encore, « dans seulement 30 % des dossiers étudiés, au moins un acte d'investigation avait été réalisé », notamment des réquisitions en matière d'exploitation téléphonique, de vidéosurveillance ou d'outils informatiques. Autrement dit, dans près de 70 % des dossiers examinés, aucun acte d'investigation de cette nature n'avait été accompli. Le rapport souligne également qu'un chef de service avait été conduit à renoncer à des actes d'enquête pourtant déterminants en raison « des expertises onéreuses, d'un délai de rendu du rapport long et d'un nombre de personnels formés non suffisant ».

Ces éléments éclairent également les chiffres particulièrement préoccupants des classements sans suite : près de 73 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées, le plus souvent au motif d'une « infraction insuffisamment caractérisée », alors même que cette qualification recouvre fréquemment des investigations demeurées inachevées faute de moyens humains et matériels suffisants.

Dans ces conditions, prévoir un cumul sans limitation de quantum et sans possibilité de confusion des peines ne répond en rien aux causes réelles des défaillances constatées. Cette mesure intervient uniquement au stade du prononcé de la sanction, alors que les difficultés se situent bien en amont, au moment de l'enquête, des poursuites et du jugement.

Le présent amendement propose donc de supprimer cette disposition afin de privilégier une politique pénale fondée sur l’effectivité de la réponse judiciaire, le renforcement des moyens d’enquête et l’individualisation des peines, conditions indispensables à une protection réelle et durable des enfants victimes de violences sexuelles.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Abstention
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Gabriel Attal EPR Contre
Léa Balage El Mariky EcoS Pour
Erwan Balanant Dem Contre
Philippe Ballard RN Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Hervé Berville EPR Contre
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Sophie Blanc RN Contre
Manuel Bompard LFI-NFP Pour
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Émilie Bonnivard DR Contre
Manon Bouquin RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Blandine Brocard Dem Contre
Anthony Brosse EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Pauline Cestrières EPR Contre
Nathalie Colin-Oesterlé HOR Contre
Josiane Corneloup DR Contre
Laurent Croizier Dem Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Karen Erodi LFI-NFP Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Agnès Firmin Le Bodo HOR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Marie-Charlotte Garin EcoS Pour
Anne Genetet EPR Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Christian Girard RN Contre
Perrine Goulet Dem Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Steevy Gustave EcoS Pour
Ayda Hadizadeh SOC Pour
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Christine Le Nabour EPR Contre
Élise Leboucher LFI-NFP Pour
Patricia Lemoine EPR Contre
Delphine Lingemann Dem Contre
Christine Loir RN Contre
David Magnier RN Contre
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Laure Miller EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Yannick Monnet GDR Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Danièle Obono LFI-NFP Pour
Julien Odoul RN Contre
Hubert Ott Dem Contre
Julie Ozenne EcoS Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
Mathilde Panot LFI-NFP Pour
Maud Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christophe Plassard HOR Contre
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Dominique Potier SOC Pour
Angélique Ranc RN Contre
Sophie Ricourt Vaginay UDR Contre
Catherine Rimbert RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Isabelle Santiago SOC Abstention
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Liliana Tanguy EPR Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Nicolas Tryzna DR Contre
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Caroline Yadan EPR Contre
Constance de Pélichy LIOT Contre