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l'amendement n° 914 de Mme Cathala et l'amendement identique suivant de suppression de l'article 11 du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).

AN 17 juillet 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi relatif à la protection des enfants

Président du groupe "Ensemble pour la République" Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Droite Républicaine" Présidente du groupe "Écologiste et Social"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, les député.es du groupe la France insoumise proposent de supprimer cet article, qui prévoit d'étendre la réclusion criminelle à perpétuité aux auteurs de viols commis sur un mineur de quinze ans.

Cette disposition relève davantage du populisme pénal que d'une véritable politique de lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants. Une fois encore, le Gouvernement choisit de brandir une mesure de surenchère pénale plutôt que de s'attaquer aux causes de l'impunité.

L'asenal pénal permettant de sanctionner les auteurs de viols existent: le viol ayant entraîné la mort est puni de trente ans de réclusion criminelle, les viols commis en concours (en l'absence de mineurs) sont punis de vingt ans de réclusion criminelle et les viols précédés, accompagnés ou suivis de tortures ou d'actes de barbarie sont déjà punis de la réclusion criminelle à perpétuité.

Pourtant, chaque année, près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Toutes les trois minutes, un enfant est victime d'un viol, d'une tentative de viol ou d'une agression sexuelle. Malgré la sévérité des peines encourues, seuls 3 % des auteurs sont condamnés. Dans les affaires d'inceste, ce chiffre tombe à 1 %. Le scandale n'est donc pas celui de l'insuffisance des peines encourues; il est celui de l'impunité des violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes et de l'indigence des moyens accordés à la justice et à la police judiciaire pour permettre d'enquêter et de lutter contre ces violences.

Le cumul des circonstances aggravantes prévu par cet article ne répond d'ailleurs à aucune logique d'ensemble de notre droit pénal. Dans son avis du 25 juin, le Conseil d'État rappelle que le cumul de plusieurs circonstances aggravantes n'a pas vocation à entraîner automatiquement une aggravation supplémentaire de la peine encourue et invite le Gouvernement à rechercher une plus grande cohérence dans l'échelle des peines applicable en matière de viol plutôt que de multiplier les aggravations ponctuelles.

En réalité, le Gouvernement choisit une nouvelle fois de durcir les peines plutôt que de donner à la justice les moyens de les prononcer et de les exécuter. Cette fuite en avant est d'ailleurs dénoncée par les professionnels de la justice eux-mêmes. Le Syndicat de la magistrature comme l'Union syndicale des magistrats rappellent que l'urgence est ailleurs : recruter des enquêteurs, des magistrats, des greffiers, renforcer les capacités d'investigation, améliorer l'exécution et le suivi des peines, développer la prévention et la prise en charge des auteurs afin de prévenir la récidive. Comme l'a résumé Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, la réponse ne peut pas être de « toujours augmenter les peines » sans mener une réflexion globale sur leur application effective.

Les associations féministes, les associations de protection de l'enfance, les syndicats et les collectifs mobilisés contre les violences sexuelles disent exactement la même chose. Rassemblé.es place Vendôme, ils ne demandaient pas une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité. Ils réclamaient un investissement de 3 milliards d'euros pour lutter réellement contre les violences faites aux femmes et aux enfants : davantage de prévention, davantage de moyens pour les enquêtes, davantage de magistrats, de greffiers, de psychologues, de médecins légistes et davantage de moyens pour accompagner les victimes.

La lutte contre les violences sexuelles ne se gagnera pas par l'inflation pénale. Elle suppose de donner enfin à la justice et aux services publics les moyens de protéger les victimes, de poursuivre les auteurs et de prévenir les violences. C'est pourquoi les auteurs du présent amendement proposent de supprimer cet article.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Maxime Amblard RN Contre
Farida Amrani LFI-NFP Pour
Erwan Balanant Dem Contre
Philippe Ballard RN Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Ugo Bernalicis LFI-NFP Pour
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Sophie Blanc RN Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Émilie Bonnivard DR Contre
Jean-Yves Bony DR Contre
Manon Bouquin RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Contre
Anthony Brosse EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Gabrielle Cathala LFI-NFP Pour
Vincent Caure EPR Contre
Pauline Cestrières EPR Contre
Sébastien Chenu RN Contre
Nathalie Colin-Oesterlé HOR Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Josiane Corneloup DR Contre
Alexandre Dufosset RN Contre
Karen Erodi LFI-NFP Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Agnès Firmin Le Bodo HOR Contre
Emmanuel Fouquart RN Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Pour
Anne Genetet EPR Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Christian Girard RN Contre
Perrine Goulet Dem Contre
Géraldine Grangier RN Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Ayda Hadizadeh SOC Pour
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Pascal Jenft RN Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Christine Le Nabour EPR Contre
Élise Leboucher LFI-NFP Pour
Jérôme Legavre LFI-NFP Pour
Patricia Lemoine EPR Contre
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Delphine Lingemann Dem Contre
Christine Loir RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Véronique Ludmann HOR Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
David Magnier RN Contre
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Contre
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Marie Mesmeur LFI-NFP Pour
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Laure Miller EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Yannick Monnet GDR Pour
Philippe Naillet SOC Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Danièle Obono LFI-NFP Pour
Julien Odoul RN Contre
Hubert Ott Dem Contre
Julie Ozenne EcoS Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
Mathilde Panot LFI-NFP Pour
Charlotte Parmentier-Lecocq HOR Contre
Maud Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christophe Plassard HOR Contre
Lisette Pollet RN Contre
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Angélique Ranc RN Contre
Jean-Hugues Ratenon LFI-NFP Pour
Catherine Rimbert RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Vincent Rolland DR Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Isabelle Santiago SOC Abstention
Liliana Tanguy EPR Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Aurélie Trouvé LFI-NFP Pour
Nicolas Tryzna DR Contre
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Christopher Weissberg EPR Contre
Constance de Pélichy LIOT Contre