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le sous-amendement n° 2404 de Mme Hignet à l'amendement n° 2058 du Gouvernement et l'amendement identique suivant de rétablissement de l'article 8 (supprimé) (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

AN 22 mai 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par ce sous-amendement, le groupe La France insoumise s’oppose à un dispositif qui organise une recentralisation technocratique de la gestion des captages d’eau potable sans apporter les moyens structurels nécessaires à la réduction des pollutions à la source.

Sous couvert de simplification, ces dispositions confient au préfet un pouvoir accru de délimitation des aires d’alimentation des captages et de définition des programmes d’action, tout en supprimant des outils de protection existants, notamment les périmètres de protection éloignée prévus par le code de la santé publique. Cette logique risque d’aboutir à un affaiblissement des protections environnementales existantes au nom de la rationalisation administrative.

Le groupe La France insoumise alerte également sur l’insuffisance des réponses apportées face à l’ampleur de la crise de l’eau potable. Selon les données du ministère de la Transition écologique, près de 14 640 captages d’eau potable ont été abandonnés en France entre 1980 et 2025, dont une part importante en raison de pollutions par les nitrates, pesticides et polluants industriels. Dans certaines régions, plus d’un quart des masses d’eau souterraines présentent des concentrations préoccupantes en nitrates ou résidus phytosanitaires.

Le droit en vigueur repose déjà sur la notion de « captages sensibles », en cours de définition réglementaire dans le cadre des travaux du Groupe national captages, associant l’État et les collectivités. Selon les estimations de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), cette catégorie pourrait concerner environ 7 638 captages sur environ 33 000, soit près d’un quart du parc national. Ces travaux, pourtant avancés, accusent déjà un retard de plus de deux ans dans la publication des textes de définition, illustrant les difficultés persistantes de mise en œuvre effective des outils de protection.

Le projet de loi accentue cette fragilisation en recentrant les obligations d’action sur un périmètre encore plus restreint, estimé à environ 1 000 à 1 200 captages prioritaires, soit à peine quelques pourcents des captages existants. Il organise en outre une large part de la politique de protection autour de décrets et de décisions préfectorales, sans calendrier contraignant clair, ce qui entretient l’instabilité juridique et le report des mesures de protection.

La dégradation de la ressource en eau est pourtant massive et documentée. Les données du Service des données et études statistiques (SDES) indiquent qu’environ 14 600 captages ont été fermés depuis 1980, dont une part importante liée à la dégradation de la qualité de l’eau, principalement sous l’effet des nitrates et des pesticides. Les contaminations sont par ailleurs largement répandues, les pesticides et leurs métabolites étant détectés de manière quasi généralisée dans les points de captage suivis. Cette situation traduit une pression diffuse et structurelle sur l’ensemble des bassins, qui ne peut être traitée efficacement par des dispositifs trop ciblés et tardifs.

Enfin, la suppression des périmètres de protection éloignée constitue un recul préoccupant. Ces périmètres permettent aujourd’hui d’anticiper les risques de contamination diffuse autour des captages stratégiques et participent à une logique préventive indispensable face à l’augmentation des pollutions diffuses et des contaminations émergentes, notamment par les PFAS et microplastiques.

Le groupe La France insoumise défend au contraire une protection renforcée de la ressource en eau, fondée sur la prévention, le maintien des outils de protection existants, l’encadrement strict des pollutions à la source et la reconnaissance de l’eau comme bien commun devant être protégé des logiques de dérégulation.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Alexandre Allegret-Pilot UDR Contre
Marie-José Allemand SOC Abstention
Philippe Ballard RN Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Abstention
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Béatrice Bellamy HOR Contre
Lisa Belluco EcoS Pour
Thierry Benoit HOR Contre
Anne Bergantz Dem Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Benoît Biteau EcoS Pour
Emmanuel Blairy RN Contre
Anne-Laure Blin DR Contre
Matthieu Bloch UDR Contre
Émilie Bonnivard DR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Manon Bouquin RN Contre
Jean-Luc Bourgeaux DR Contre
Bertrand Bouyx HOR Contre
Jean-Michel Brard HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Hubert Brigand DR Contre
Sophia Chikirou LFI-NFP Pour
Nathalie Coggia EPR Contre
Josiane Corneloup DR Contre
Vincent Descoeur DR Contre
Julien Dive DR Contre
Sandrine Dogor-Such RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Virginie Duby-Muller DR Contre
Aurélien Dutremble RN Contre
Auguste Evrard RN Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Alix Fruchon DR Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
François Gernigon HOR Contre
Pascale Got SOC Pour
Florence Goulet RN Contre
Géraldine Grangier RN Contre
Monique Griseti RN Contre
Jérôme Guedj SOC Pour
Julien Guibert RN Contre
Frantz Gumbs Dem Contre
Stéphane Hablot SOC Pour
Ayda Hadizadeh SOC Pour
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Timothée Houssin RN Contre
Sébastien Humbert RN Contre
François Jolivet HOR Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Marietta Karamanli SOC Pour
Julie Laernoes EcoS Pour
Hélène Laporte RN Contre
Sandrine Le Feur EPR Contre
Annaïg Le Meur EPR Contre
Nicole Le Peih EPR Contre
Pascal Lecamp Dem Contre
Nadine Lechon RN Contre
Jérôme Legavre LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Eric Liégeon DR Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
David Magnier RN Contre
Lise Magnier HOR Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Matthieu Marchio RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Patrice Martin RN Contre
Éric Martineau Dem Contre
Patricia Maussion Dem Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Maxime Michelet UDR Contre
Christelle Minard DR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Louise Morel Dem Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Marcellin Nadeau GDR Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
Sophie Pantel SOC Abstention
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Christophe Plassard HOR Contre
Marie Pochon EcoS Pour
Lisette Pollet RN Contre
Dominique Potier SOC Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Stéphane Rambaud RN Contre
Julien Rancoule RN Contre
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Xavier Roseren HOR Contre
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Philippe Schreck RN Contre
Anne Sicard RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Michèle Tabarot DR Contre
Liliana Tanguy EPR Contre
David Taupiac LIOT Contre
Boris Tavernier EcoS Pour
Mélanie Thomin SOC Pour
Stéphane Travert EPR Contre
Nicolas Turquois Dem Contre
Boris Vallaud SOC Pour
Dominique Voynet EcoS Pour
Frédéric Weber RN Contre
Marc de Fleurian RN Contre