Qui Vote Quoi

Transparence parlementaire · Assemblée nationale & Sénat

l'amendement n° 258 de Mme Manon Meunier et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

AN 22 mai 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe La France insoumise propose la suppression de l’article 10, qui prévoit l'affaiblissement des mesures de compensation pour atteintes à la biodiversité.

Cet article prévoit s’articule autour de deux principes directeurs : - L’élargissement du périmètre géographique de recherche des sites de compensation- La priorisation des mesures de compensation sur des espaces non-productifs puis, le cas échéant, sur des terres faiblement productives

Le gouvernement prétexte une « double peine » des agriculteurs, qui seraient à la fois fortement impactés par les emprises des projets d’aménagement qui affecteraient les terres agricoles et par des mesures compensatoires qui se déploieraient elle-même sur ce même type de terres. C’est évidemment faux puisque les compensations sont majoritairement réalisées sur des milieux semi-naturels et, moins d’une fois sur cinq, sur des terres agricoles, exploitées ou en déprise.

Rappelons que les projets d’aménagement tels que les infrastructures de transport, l’installation d’éolienne, les programmes immobiliers artificialisent effectivement environ 30 000 hectares d’espaces par an sur les espaces naturels, agricoles et forestiers. Mais le gouvernement ne propose rien dans cet article pour éviter cette artificialisation bien au contraire il vient même assouplir le principe de compensation.

Proposer un élargissement du périmètre géographique de recherche des sites de compensation est un non-sens écologique, puisque ce principe correspond à une réalité biologique : les espèces ont besoin que le nouvel habitat créé pour compenser la destruction du leur soit à proximité pour pouvoir y migrer.

C’est d’ailleurs l’une des conclusions d’un récent rapport du Muséum national d’Histoire Naturelle, dans un rapport publié en février 2024 intitulé « La compensation écologique permet-elle vraiment de tendre vers l’absence de perte nette de biodiversité ? ». Les auteurs de ce rapport déclare en effet que « pour justifier une absence de perte nette de biodiversité (…) les mesures doivent être réalisées à proximité fonctionnelle des impacts occasionnés par ce projet, c’est à dire qu’elles doivent bénéficier aux mêmes populations d’espèces ou remplir des fonctions dans la même entité écologique que celle impactée ».

Le groupe LFI-NFP s’oppose donc à toute idée d’élargissement du périmètre géographique dans lequel les mesures de compensations peuvent être mises en œuvre, d’autant plus que l’élargissement en question n’est absolument pas défini. L’étude d’impact mentionne seulement « les mesures de compensation devront à minima se situer dans la même région biogéographique au sens de la directive 92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992 ou dans la même aire de répartition, sur la même voie de migration ou dans la même aire d’hivernage. » Or le territoire français est divisé en seulement quatre régions biogéographique, dont une zone atlantique allant du Pas de Calais à la Haute-Garonne.

Les député.e.s du groupe LFI-NFP partagent les craintes de nombreux acteurs du monde agricole qui craignent qu’une telle mesure puisse ouvrir la voie à une forme de marché de crédits biodiversité.

Pour ce qui est de la priorisation des mesures de compensation sur des espaces non-productifs puis, le cas échéant, sur des terres faiblement productives proposée par le gouvernement, dans les faits c’est déjà sur ce type d’espaces que portent les mesures de compensation aujourd’hui.

En effet, les chercheuses du centre d’études et de prospective du MASA indiquent dans leur analyse n°198 intitulée « L’implication du secteur agricole dans la compensation écologique » publiée en décembre 2023 : « De façon générale, la participation du secteur agricole à la compensation écologique suit une logique d’opportunité. Les acteurs du secteur ont des préférences hiérarchisées qui les amènent à privilégier la réalisation de cette compensation sur du foncier non productif, puis sur des espaces en friche, des prairies, et enfin sur des terres labourées, à la fois les plus onéreuses et les plus protégées par la profession agricole. La compensation écologique se développe donc préférentiellement sur les espaces agricoles marginaux. »

La mise en œuvre des mesures de compensation écologique est d’ores et déjà insatisfaisante, le gouvernement devrait plutôt s’atteler à rendre ses mesures plus efficaces d’un point de vue écologique plutôt que de chercher à assouplir encore les mesures de compensation écologiques.

Pour toutes ces raisons le groupe LFI-NFP demande la suppression de cet article.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Marie-José Allemand SOC Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Béatrice Bellamy HOR Contre
Lisa Belluco EcoS Pour
Thierry Benoit HOR Contre
Benoît Biteau EcoS Pour
Matthieu Bloch UDR Contre
Émilie Bonnivard DR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Bertrand Bouyx HOR Contre
Louis Boyard LFI-NFP Pour
Jean-Michel Brard HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Sophia Chikirou LFI-NFP Pour
Josiane Corneloup DR Contre
Vincent Descoeur DR Contre
Sandrine Dogor-Such RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Virginie Duby-Muller DR Contre
Aurélien Dutremble RN Contre
Marc Fesneau Dem Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Alix Fruchon DR Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
François Gernigon HOR Contre
Olga Givernet EPR Contre
Pascale Got SOC Contre
Florence Goulet RN Contre
Monique Griseti RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Timothée Houssin RN Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
François Jolivet HOR Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Sandrine Le Feur EPR Contre
Nicole Le Peih EPR Contre
Jérôme Legavre LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Stéphane Lenormand LIOT Contre
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Julien Limongi RN Contre
Eric Liégeon DR Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Éric Martineau Dem Contre
Patricia Maussion Dem Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Pierre Meurin RN Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Louise Morel Dem Contre
Marcellin Nadeau GDR Pour
Jacques Oberti SOC Contre
Danièle Obono LFI-NFP Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Mathilde Panot LFI-NFP Pour
Sophie Pantel SOC Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Christine Pirès Beaune SOC Contre
Christophe Plassard HOR Contre
Marie Pochon EcoS Pour
Lisette Pollet RN Contre
Thomas Portes LFI-NFP Pour
Dominique Potier SOC Contre
Pierre Pribetich SOC Contre
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Laurence Robert-Dehault RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Xavier Roseren HOR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Alexandre Sabatou RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Philippe Schreck RN Contre
Anne Sicard RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Liliana Tanguy EPR Contre
David Taupiac LIOT Contre
Mélanie Thomin SOC Contre
Lionel Tivoli RN Contre
Aurélie Trouvé LFI-NFP Pour
Boris Vallaud SOC Contre
Jean-Pierre Vigier DR Contre
Dominique Voynet EcoS Pour
Jean-Luc Warsmann LIOT Contre
Frédéric Weber RN Contre