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l'amendement n° 131 de Mme Pochon après l'article 6 de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine (première lecture).

AN 13 mai 2026 — Rejeté

Fait partie de la loi : Pour une montagne vivante et souveraine

Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "Écologiste et Social"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

La proposition de loi fonde son diagnostic sur un constat juste : les montagnes sont en première ligne du changement climatique. Son exposé des motifs s’ouvre d’ailleurs sur le recul des glaciers, l’effondrement des roches et la raréfaction de la neige, en rappelant que les territoires de montagne se réchauffent plus vite que le reste du territoire national. 

Pourtant, le texte ne prévoit aucune mesure spécifique de protection des glaciers. Cette absence est d’autant plus problématique que les glaciers constituent des écosystèmes riches, fragiles et essentiels. Ils jouent un rôle fondamental pour le climat, le cycle de l’eau et la biodiversité. Ils constituent des réserves d’eau douce qui alimentent les grands fleuves, les villes, les activités agricoles et certains systèmes énergétiques. Leur disparition modifiera profondément les ressources en eau disponibles, leur saisonnalité et leur coût d’accès. Les glaciers ne peuvent donc pas être considérés comme de simples supports paysagers ou touristiques. Ils sont à la fois des indicateurs du dérèglement climatique, des victimes de ce dérèglement et des composantes essentielles des équilibres écologiques de haute montagne. Le cadre juridique actuel demeure lacunaire : les glaciers ne font l’objet d’aucune protection spécifique, ni dans le code de l’environnement, ni dans la loi Montagne de 2026.

Cette situation contraste avec les engagements pris par la France, notamment dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité, qui prévoit la mise en protection forte des glaciers à horizon 2030.

Cet amendement du groupe Écologiste et social vise à combler cette lacune en créant une protection renforcée des glaciers, milieux périglaciaires et écosystèmes post-glaciaires dans les communes de montagne, telle qu’elle est définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l'article L. 110-4 du code de l'environnement et définissant la notion de protection forte et les modalités de la mise en œuvre de cette protection forte. Il interdit les travaux, constructions, installations ou équipements nouveaux susceptibles d’en altérer l’intégrité, d’accélérer leur dégradation ou de porter atteinte aux continuités écologiques associées. 

Il intègre également les écosystèmes post-glaciaires, qui apparaissent à mesure que les glaciers se retirent. Ces espaces nouvellement libérés peuvent devenir des refuges pour la biodiversité, des zones importantes pour le stockage et la purification de l’eau, ainsi que des milieux naturels à forte valeur écologique. Leur protection doit être anticipée afin d’éviter qu’ils ne deviennent immédiatement des espaces de convoitise ou d’exploitation commerciale. On peut parler de protection préemptive des glaciers pour préserver les écosystèmes à venir. Des dérogations strictement encadrées sont prévues afin de permettre les interventions nécessaires, notamment en matière de sécurité, de prévention des risques, de suivi environnemental, de restauration écologique ou de recherche scientifique. L’objectif n’est donc pas d’empêcher les interventions nécessaires dans le cadre du PAPROG par exemple, mais d’interdire que les glaciers et leurs milieux associés soient encore traités comme des supports ordinaires d’aménagement et de favoriser la mise en compatibilité des différentes stratégies nationales (PAPROG et SNB3 par exemple). 

Une loi pour une montagne vivante et souveraine ne peut se contenter de constater le recul des glaciers : elle doit en tirer les conséquences juridiques.

Cet amendement a été travaillé sur la base de recommandations formulées par l’association Mountain Wilderness.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Marie-José Allemand SOC Pour
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Nicolas Bonnet EcoS Pour
Émilie Bonnivard DR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Dorine Bregman SOC Pour
Hubert Brigand DR Contre
Julien Brugerolles GDR Pour
Françoise Buffet EPR Contre
Danièle Carteron EPR Contre
François-Xavier Ceccoli DR Contre
Bruno Clavet RN Contre
Jean-François Coulomme LFI-NFP Pour
Michel Criaud HOR Contre
Christelle D'Intorni UDR Contre
Vincent Descoeur DR Contre
Edwige Diaz RN Contre
Romain Eskenazi SOC Pour
Frédéric Falcon RN Contre
Olivier Fayssat UDR Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Olivia Grégoire EPR Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Carole Guillerm Dem Contre
Steevy Gustave EcoS Pour
Marine Hamelet RN Contre
Cyrille Isaac-Sibille Dem Contre
Pascal Jenft RN Contre
Alexis Jolly RN Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Thomas Lam HOR Contre
Bartolomé Lenoir UDR Contre
Gérard Leseul SOC Pour
Claire Marais-Beuil RN Contre
Laurent Marcangeli HOR Contre
Matthieu Marchio RN Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Laurent Mazaury LIOT Contre
Maxime Michelet UDR Contre
Julie Ozenne EcoS Pour
Didier Padey Dem Contre
Sophie Pantel SOC Contre
François Piquemal LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Marie Pochon EcoS Pour
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Sandra Regol EcoS Pour
Anaïs Sabatini RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Andrée Taurinya LFI-NFP Pour
Thierry Tesson RN Contre
Vincent Thiébaut HOR Contre
Gabriel Tomatis RN Contre
Jean-Pierre Vigier DR Contre