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l'amendement n° 89 (rect.) de M. Saintoul à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).

AN 5 mai 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Fait partie de la loi : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement du groupe La France insoumise vise à inscrire parmi les priorités de l’actualisation de la loi de programmation militaire l’amélioration de la condition militaire. Le gouvernement entend faire de la fidélisation et du recrutement une priorité de cette LPM. Pourtant, il a lentement laissé les conditions de vie et d’emploi des militaires se dégrader au cours des dernières années. La rémunération des militaires, comme celle des autres fonctionnaires, s’érode ainsi lentement du fait de la non-revalorisation des salaires dans la fonction publique. Cette érosion n’est pas une fatalité ; elle est la conséquence d’un choix conscient fait par le gouvernement, destiné à faire des économies sur le dos des fonctionnaires.Ce constat n’est pas nouveau ; le Haut comité d’évaluation de la condition militaire le rappelle régulièrement. Ainsi, entre 2015 et 2023, le pouvoir d’achat moyen des militaires a accusé une baisse de 3,4%. Depuis, la mise en place de la Nouvelle politique de rémunération des militaires (NPRM) n’a pas permis de corriger cette baisse. Le Conseil supérieur de la fonction militaire, comme les associations professionnelles nationales militaires ont pourtant rappelé cette évidence durant ce cycle d’auditions : en l’absence d’ajustement automatique des salaires sur l’inflation, ceux-ci sont mécaniquement dévalorisés avec le temps. Depuis 2023, les hausses indiciaires des militaires du rang et des sous-officiers ont déjà été effacées par la hausse du SMIC.La revalorisation de la grille indiciaire des officiers, entrée en vigueur en décembre 2025, est également mal calibrée. Sur les près de 67 M€ budgétés pour 2026, près des deux tiers sont fléchés vers les officiers supérieurs, et concernent donc moins d’un quart des officiers, une population qui ne concentre d’ailleurs pas la majorité des enjeux de fidélisation. La lente dégradation des ressources des militaires s’accentue ensuite après leur départ des armées. Les primes représentent une part importante de la rémunération des militaires ; or, celles-ci ne sont pas prises en compte dans le calcul des pensions de retraite. Le gouvernement s’était engagé, dans le cadre du plan fidélisation 360, à en intégrer certaines dans le calcul des pensions. Censée être effective en 2026, cette mesure est pourtant absente du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la sécurité sociale. Encore une fois, le gouvernement renonce à ses promesses au nom de l’austérité budgétaire. Pire, l’actualisation de la LPM présentée par le gouvernement propose, dans son article 29, de réduire l’assiette des revenus déterminant le montant des allocations de chômage des anciens militaires. Le gouvernement entend également doubler le nombre de réservistes, et vise un total de 80 000 réservistes opérationnels. Cet objectif n’a que peu de chances d’être atteint ; la création du service national, notamment pour servir de tremplin vers la réserve, illustre cette difficulté. Surtout, toute politique de renforcement de la réserve doit, pour gagner en attractivité, passer par une revalorisation de la solde des réservistes. Les soldes journalières des réservistes sont calculées au 1/30 de celle d’un militaire d’active de même grade et ancienneté : ainsi, un militaire du rang percevra, au début de son engagement, une solde de 55 euros brut par jour de réserve, soit moins que le SMIC journalier (84 euros brut). Les représentants des associations nationales professionnelles de militaires (APNM) alertent régulièrement la commission de la défense sur ce point, sans réaction jusqu’à présent. La vétusté de nombreuses infrastructures d’hébergement, héritées pour certaines de plusieurs décennies, constitue enfin un facteur majeur de dégradation de la condition militaire. Le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), dans son rapport 2025, alerte sur cette situation en soulignant que « le service rendu en matière de soutien commun et d’infrastructures – qu’il s’agisse des locaux de service ou des lieux d’hébergement - n’est toujours pas à la hauteur des exigences de réactivité et de disponibilité qui pèsent sur les militaires ». Si l’ampleur exacte des rénovations nécessaires n’est pas chiffrée, l’actualisation de la loi de programmation militaire doit en faire une priorité. La gestion du parc locatif du ministère des armées par le prestataire privé Nové est également insatisfaisante à plusieurs égards : les bénéficiaires du dispositif signent en effet une « convention d’occupation précaire » (COP), et non pas un bail d’habitation classique, les excluant de fait de nombreux dispositifs, notamment les aides personnelles au logement.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Alexandre Allegret-Pilot UDR Abstention
Ségolène Amiot LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Raphaël Arnault LFI-NFP Pour
Christine Arrighi EcoS Pour
Anchya Bamana RN Contre
Fabrice Barusseau SOC Abstention
Thibault Bazin DR Contre
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
José Beaurain RN Contre
Béatrice Bellamy HOR Contre
Karim Benbrahim SOC Abstention
Christophe Bentz RN Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Hervé Berville EPR Contre
Sophie Blanc RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Christophe Blanchet Dem Absent
Anne-Laure Blin DR Contre
Matthieu Bloch UDR Abstention
Manon Bouquin RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Hubert Brigand DR Contre
Jérôme Buisson RN Contre
Édouard Bénard GDR Pour
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP Pour
Pierre-Henri Carbonnel UDR Abstention
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Danièle Carteron EPR Contre
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Marc Chavent UDR Contre
Yannick Chenevard EPR Contre
Roger Chudeau RN Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
Nathalie Colin-Oesterlé HOR Contre
Caroline Colombier RN Contre
François Cormier-Bouligeon EPR Contre
Michel Criaud HOR Contre
Christelle D'Intorni UDR Contre
Geneviève Darrieussecq Dem Contre
Romain Daubié Dem Contre
Julie Delpech EPR Contre
Jocelyn Dessigny RN Contre
Edwige Diaz RN Contre
Sandrine Dogor-Such RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Nicole Dubré-Chirat EPR Contre
Virginie Duby-Muller DR Contre
Alma Dufour LFI-NFP Pour
Aurélien Dutremble RN Contre
Christine Engrand NI Contre
Sophie Errante NI Contre
Philippe Fait HOR Contre
Yannick Favennec-Bécot LIOT Contre
Olivier Fayssat UDR Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Marc Fesneau Dem Contre
Jean-Marie Fiévet EPR Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Denis Fégné SOC Abstention
Stéphanie Galzy RN Contre
Guillaume Garot SOC Abstention
Thomas Gassilloud EPR Contre
Sabine Gervais Dem Contre
Frank Giletti RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Christian Girard RN Contre
Olga Givernet EPR Contre
Antoine Golliot RN Contre
José Gonzalez RN Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Jordan Guitton RN Contre
Zahia Hamdane LFI-NFP Pour
Marine Hamelet RN Contre
Pierre Henriet HOR Contre
Patrick Hetzel DR Contre
Timothée Houssin RN Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Jérémie Iordanoff EcoS Pour
Laurent Jacobelli RN Contre
Jean-Michel Jacques EPR Contre
Florence Joubert RN Contre
Loïc Kervran HOR Contre
Brigitte Klinkert EPR Contre
Bastien Lachaud LFI-NFP Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Constance Le Grip EPR Contre
Pascal Lecamp Dem Contre
Nadine Lechon RN Contre
Jean-Paul Lecoq GDR Pour
Patricia Lemoine EPR Contre
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Julien Limongi RN Contre
Delphine Lingemann Dem Contre
René Lioret RN Contre
Christine Loir RN Contre
Marie-France Lorho RN Contre
Marie-Philippe Lubet EPR Contre
Véronique Ludmann HOR Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Lise Magnier HOR Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Bastien Marchive EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Pierre Marle HOR Contre
Alexandra Martin (Alpes-Maritimes) DR Contre
Michèle Martinez RN Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Estelle Mercier SOC Abstention
Éric Michoux UDR Abstention
Joséphine Missoffe EPR Contre
Paul Molac LIOT Contre
Thibaut Monnier RN Contre
Louise Morel Dem Contre
Joëlle Mélin RN Contre
Thomas Ménagé RN Contre
Jacques Oberti SOC Abstention
Astrid Panosyan-Bouvet EPR Contre
Charlotte Parmentier-Lecocq HOR Contre
Christophe Plassard HOR Contre
Josy Poueyto Dem Contre
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Pierre Pribetich SOC Abstention
Stéphane Rambaud RN Contre
Jean-Claude Raux EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Sophie Ricourt Vaginay UDR Abstention
Catherine Rimbert RN Contre
Charles Rodwell EPR Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Marie Récalde SOC Abstention
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Abstention
Laetitia Saint-Paul HOR Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Isabelle Santiago SOC Abstention
Anne Sicard RN Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Bertrand Sorre EPR Contre
Violette Spillebout EPR Contre
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Liliana Tanguy EPR Contre
Nicolas Thierry EcoS Pour
Sabine Thillaye Dem Contre
Jean-Louis Thiériot DR Contre
Romain Tonussi RN Contre
Cyril Tribuiani RN Contre
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Corinne Vignon EPR Contre
Anne-Cécile Violland HOR Contre
Dominique Voynet EcoS Pour
Lionel Vuibert NI Contre
Caroline Yadan EPR Contre
Élisabeth de Maistre DR Contre