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l'amendement n° 294 de M. Boyard à l'article 22 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (première lecture).

AN 27 février 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe parlementaire la France insoumise souhaite supprimer le report de l'entrée en vigueur de cette mesure, introduit par un amendement de la droite sénatoriale.

Cet article 22 est l'un des rares de ce texte à lutter concrètement contre le travail illégal.

Cette mesure ne dédouane en rien la macronie, coupable par sa politique au services des multinationales et des grandes entreprise d'avoir encouragé le développement de chaînes de sous-traitance complexes qui dégradent les conditions de travail et appauvrissent les travailleurs.

L'économiste Ulysse Lojkine a démontré dans son ouvrage "Le fil invisible du capital. Déchiffrer les mécanismes de l'exploitation" comment la sous-traitance généralisée et étendue permet une révolution dans les modalités de l'exploitation. Nous voilà projetés deux siècles en arrière, face au retour de l'exploitation sous sa forme commerciale.

Par la sous-traitance, les donneurs d'ordre que sont les grandes entreprises parviennent à rejeter toute responsabilité vers l'aval de la chaîne de sous-traitance. Les grands capitalistes imposent des tarifs trop faibles, ces tarifs intensifient l'exploitation des salariés délégués. Ces pratiques commerciales agressives et prédatrices sont une incitation au non-respect du cadre légal pour les sous-traitants pressurisés.

Ces rapports d'exploitation se déploient à l'échelle de la planète mais aussi à l'intérieur des pays au centre du capitalisme mondial, comme la France. Ils "se répandent aussi à l'intérieur même des pays du Nord, sous plusieurs formes. Il peut s'agir de l'externalisation de certaines activités, notamment le travail peu qualifié, à des firmes se trouvant en position dominée, à l'intérieur de l'unité de production - femmes de ménage, gardiens, concierges, hôtesses d'accueil - ou vers d'autres unités de production, auquel cas on parle plus volontiers de sous-traitance". L'auteur cite également l'intérim, le travail détaché, la franchise.

Par ailleurs, cette prise de pouvoir total des grandes firmes sur l'entièreté des chaînes de valeur s'accompagne d'une concentration des profits dans ces mêmes grandes entreprises. Cela a pour effet que "le taux d'exploitation [augmente] à l'échelle nationale alors même qu'il [diminue] dans la plupart des firmes, du fait de l'importance croissante des firmes où il est le plus élevé".

De plus en plus, l'indépendance juridique des unités de production du pays apparaît factice, à mesure que se révèle la concentration extrême de la véritable propriété économique.

Avec la sous-traitance, les grands capitalistes s'assurent un contrôle de fait sur l'entièreté de l'économie, sans s'encombrer d'aucune responsabilité vis-à-vis des conditions de travail et des rémunérations des producteurs.

Cette description des mutations économiques de notre temps ressemble de manière confondante au programme politique de la macronie, dans le sillage de la "gauche" libérale et en partage avec la droite traditionnelle, désormais récupéré par l'extrême-droite "pro-business" donc au service des grands patrons.

Les politiques publiques doivent défaire ces hypocrisies et ces artifices juridiques et tenir les véritables propriétaires des moyens de production pour responsables.

Cela commence par les rendre juridiquement comptables lorsqu'ils incitent leurs sous-traitants à recourir au travail illégal.

Il est nécessaire d'aller bien plus loin, pour mettre un terme définitif à ce programme de régression sociale par l'externalisation.

Il n'y a pas de raison de faire cadeau de 6 mois aux grands capitalistes de ce pays pour se mettre partiellement en conformité, comme le justifiait l'amendement de la droite sénatoriale à l'origine de ce report ("permettre aux maîtres d’ouvrage d’anticiper l’application des nouvelles obligations de vigilance ").

Pour toutes ces raisons, le groupe parlementaire La France insoumise propose la suppression du report de l'entrée en vigueur de cette mesure de responsabilisation des donneurs d'ordre vis-à-vis des pratiques de leurs sous-traitants.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Christine Arrighi EcoS Pour
Fabrice Barusseau SOC Pour
Laurent Baumel SOC Pour
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Benoît Blanchard HOR Contre
Émilie Bonnivard DR Contre
Louis Boyard LFI-NFP Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
François Cormier-Bouligeon EPR Contre
Jocelyn Dessigny RN Pour
Lionel Duparay DR Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Denis Fégné SOC Pour
Camille Galliard-Minier EPR Absent
Steevy Gustave EcoS Pour
Marine Hamelet RN Contre
Catherine Hervieu EcoS Pour
Patrick Hetzel DR Contre
Sacha Houlié SOC Abstention
Daniel Labaronne EPR Contre
Bastien Lachaud LFI-NFP Pour
Tristan Lahais EcoS Pour
Thomas Lam HOR Contre
Hélène Laporte RN Absent
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Christine Loir RN Contre
Philippe Lottiaux RN Pour
David Magnier RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Nicolas Metzdorf EPR Contre
Paul Midy EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Joséphine Missoffe EPR Abstention
Christophe Mongardien EPR Contre
Jacques Oberti SOC Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Nicolas Ray DR Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Sophie Taillé-Polian EcoS Pour
Annie Vidal EPR Contre