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l'amendement n° 322 de M. Boyard et l'amendement identique suivant de suppression de l'article 13 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (première lecture).

AN 26 février 2026 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Ensemble pour la République"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Par cet amendement, le groupe parlementaire La France Insoumise vise la suppression de l'article 13.

Les auteurs du présent amendement s’opposent aux deux mesures contenues dans cet article, à savoir :- l’obligation pour le titulaire du compte personnel de formation (CPF) de s’inscrire et de se présenter aux épreuves prévues par l’organisme certificateur en cas de mobilisation de ses droits, sous peine de devoir rembourser sur ses fonds propres les sommes engagées via le CPF ;- le conditionnement du versement des allocations chômage à la détention d’un compte bancaire domicilié en France ou dans l’espace unique de paiement de la zone euro (SEPA).

1. Sur l’obligation de remboursement des sommes engagées via le CPF en cas de non-présentation aux épreuves

Cette mesure est officiellement présentée comme un moyen de lutter contre les inscriptions abusives à des formations non éligibles ou de lutter contre certaines fraudes. En réalité, elle aboutira avant tout à pénaliser financièrement les travailleuses et travailleurs, notamment les plus précaires, qui sont déjà exposés à la prolifération de formations de mauvaise qualité et aux nombreuses arnaques au CPF. Après avoir profondément libéralisé le secteur de la formation professionnelle, facilité l’entrée d’acteurs privés peu contrôlés et favorisé l’essor d’un marché lucratif captant les fonds du CPF acquis et appartenant aux travailleurs eux-mêmes, le Gouvernement feint aujourd’hui de s’étonner de la qualité très inégale des offres et des pratiques de démarchage agressives. Ce sont pourtant les titulaires du CPF qui en subissent les conséquences, et ce sont encore eux que l’article 13 choisit de sanctionner. Par ailleurs, le texte ne précise aucunement les motifs légitimes d’absence aux épreuves de certification qui permettraient d’éviter un remboursement. Il crée ainsi une insécurité juridique majeure pour les titulaires du CPF, sans tenir compte des nombreux aléas qui peuvent empêcher une personne de se présenter à une évaluation : impératifs familiaux, problèmes de santé, contraintes professionnelles, difficultés de déplacement ou encore défaillances de l’organisme de formation lui-même. Leur imposer un remboursement revient à les sanctionner une seconde fois.

2. Sur le conditionnement des allocations chômage à la détention d’un compte bancaire situé dans la zone SEPA

Cette mesure constitue une dérogation au principe de prohibition des discriminations sur le fondement de la domiciliation bancaire en matière de protection sociale, de santé et d’avantages sociaux, garanti par la loi du 27 mai 2008. Elle ne poursuit qu'un seul but : nourrir la stigmatisation des chômeurs de nationalité extra-européenne avec l'idée injustifiée qu’un risque accru de fraude est suggéré en cas de versement des prestations sur un compte bancaire étranger hors UE. Si la domiciliation bancaire étrangère est considérée comme l’indice d’une résidence hors de France (une "suggestion") selon l'étude d'impact, rien n’empêche les organismes de sécurité sociale de contrôler le respect effectif de condition de résidence prévu par le réglement d'assurance chômage, au même titre que pour les détenteurs d’un compte domicilié en France ou dans l'espace unique de paiement de la zone euro.

Ces dispositions sont à combattre, d'autant que le non respect de la condition de résidence est largement minoritaire : si la non-déclaration de la résidence ou du travail à l'étranger est la principale fraude détectée subie par France Travail, son préjudice total (cumul du préjudice subi et évité) représente seulement 56 millions d'euros sur 9,4 milliards d’allocations versées par l’Unédic - soit 0,59% du total des prestations.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Christine Arrighi EcoS Pour
Joël Aviragnet SOC Pour
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Elie Califer SOC Pour
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Sébastien Chenu RN Absent
François Cormier-Bouligeon EPR Contre
Arthur Delaporte SOC Pour
Jocelyn Dessigny RN Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Alix Fruchon DR Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Denis Fégné SOC Abstention
Steevy Gustave EcoS Pour
Félicie Gérard HOR Contre
Marine Hamelet RN Contre
Patrick Hetzel DR Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Timothée Houssin RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Jérémie Iordanoff EcoS Pour
Daniel Labaronne EPR Contre
Bastien Lachaud LFI-NFP Pour
Tristan Lahais EcoS Pour
Sandrine Lalanne EPR Contre
Arnaud Le Gall LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Murielle Lepvraud LFI-NFP Pour
Christine Loir RN Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Claire Marais-Beuil RN Contre
Denis Masséglia EPR Contre
Nicolas Metzdorf EPR Contre
Christelle Minard DR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Jacques Oberti SOC Abstention
Stéphane Peu GDR Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Julien Rancoule RN Contre
Nicolas Ray DR Contre
Stéphanie Rist EPR Absent
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Ersilia Soudais LFI-NFP Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Jean-Louis Thiériot DR Contre
Annie Vidal EPR Contre