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l'amendement n° 3166 de Mme Pantel après l'article 27 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

AN 20 novembre 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement propose de rehausser la taxe de séjour d’un montant dépendant du type d’hébergement fréquenté par le touriste, pour financer les SDIS.

Avec l’augmentation des catastrophes liées au dérèglement climatique, les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont confrontés à des défis sans précédent, comme l’été 2025 l’a encore démontré (incendies dans l’Aude, dans l’Hérault, à Marseille de manière concomitante). Or, le financement des SDIS s’avère aujourd’hui largement déconnecté des besoins croissants, et repose sur des mécanismes pour beaucoup datés, dans un contexte où les départements sont de plus en plus en difficultés.

Le fléchage de cette hausse de la taxe de séjour vers les SDIS demandé par les acteurs de la sécurité civile est justifié par le fait que les activités touristiques et les variations d’affluence de la population à certaines saisons font peser sur les services de secours une forte tension et imposent aux SDIS la nécessité de renfort pour faire face, d’ajoutant ainsi aux risques climatiques auxquels ces derniers sont déjà confrontés

Un financement de la Sécurité civile déconnecté des besoins croissants

Les collectivités locales (départements, EPCI et communes) représentent plus de 90 % des budgets de fonctionnement des SDIS. Les ressources de ces dernières sont largement contraintes (perte d’une partie de leur fiscalité, multiplication des postes de dépense en lien avec les transferts de compétences) si bien qu’elles n’ont pas aujourd’hui les marges de manœuvre leur permettant de répondre aux besoins des professionnels et volontaires de la Sécurité Civile.

Un financement basé sur des mécanismes datés : les immatriculations de voitures

Le financement des SDIS est aujourd’hui basé pour partie sur une fraction de la taxe spéciale sur les contrats d’assurance (TSCA), collectée par l’État auprès des assureurs et reversée aux départements selon une clé de répartition devenue obsolète et inadaptée. En effet, celle-ci est assise sur le nombre de véhicules circulant en 2005. Cette approche n’est ni « à jour » ni « juste », dans la mesure où les interventions de la Sécurité Civile sont corrélées à de nombreux autres facteurs (climat, déplacements de population, etc.). Les interventions sur accidents de la route représentent en effet moins de 10 % des interventions des SDIS.

Une nécessaire prise en compte de l’activité touristique

En revanche, l’activité touristique est un déterminant croissant des (sur)-sollicitations de la Sécurité Civile. Elle crée un déséquilibre, dans la mesure où les ressources financières locales doivent supporter le fardeau supplémentaire induit par le tourisme, sans bénéficier de compensation, de péréquation ou de solidarité nationale.

Ce lien direct entre la sollicitation des SDIS et l’activité touristique est parfaitement illustré par les données du Ministère de l’Intérieur sur l’activité des SDIS. Les départements où le nombre d’interventions rapporté au nombre d’habitants excède significativement la moyenne nationale sont très majoritairement des territoires accueillant un large volume de touristes chaque année.

Prendre en compte les impacts de l’activité touristique sur le modèle d’une taxe de séjour dédiée

Afin d’éviter légitimement aux contribuables locaux d’avoir à supporter l’entièreté des aménagements relatifs à l’activité touristique, les communes et EPCI prélèvent une taxe de séjour, dont le montant est à leur discrétion au sein de bornes fixées par l’État. Ce modèle de fiscalité permet de mettre en adéquation les particularités de chaque territoire et ses recettes.

Proposition : la taxe de séjour Sécurité civile

Il s’agit dès lors par la présente proposition d’instaurer un mécanisme analogue à la taxe de séjour existante (permettant de financer les aménagements touristiques), en l’objet d’une taxe de séjour dite « Taxe Sécurité civile ». Cette dernière permettrait de doter les SDIS des ressources nécessaires à leur bon fonctionnement lors des périodes d’affluence sur leur zone et de garantir aux touristes un dispositif de secours efficace. Cette contribution permettra (i) d’augmenter les recettes des SDIS à l’échelle nationale puisque l’immense majorité (près de 80 %) des communes françaises appliquent aujourd’hui une taxe de séjour ; (ii) tout en tenant compte des spécificités de chaque territoire puisqu’elle reposera sur une assiette variant selon le nombre de nuitées de touristes par département.

La proposition ci-après s’appuie sur le cadre existant (code des collectivités territoriales) en :

– Réhaussant la taxe de séjour d’un montant modeste mais incompressible, dépendant du type d’hébergement fréquenté par le touriste (voir tableau infra)

– Allouant les recettes supplémentaires au financement les SDIS des départements où se situent les communes/EPCI collectant la taxe (ou au financement de la BSPP pour les départements 75, 92, 93,

94).

 Les ressources supplémentaires pour les SDIS sont estimées à 170 millions d’euros, pour une augmentation moyenne de la taxe de séjour de 0,2 € par nuitée, principalement portée par les touristes fréquentant des établissements haut de gamme.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Absent
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Maxime Amblard RN Contre
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Bénédicte Auzanot RN Contre
Christophe Barthès RN Contre
Lisa Belluco EcoS Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Benoît Blanchard HOR Contre
Frédéric Boccaletti RN Contre
Manuel Bompard LFI-NFP Pour
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Jorys Bovet RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Pierre-Henri Carbonnel UDR Contre
Marc Chavent UDR Contre
Caroline Colombier RN Contre
Arthur Delaporte SOC Pour
Karen Erodi LFI-NFP Pour
Romain Eskenazi SOC Pour
Frédéric Falcon RN Contre
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Pour
Emmanuel Fouquart RN Contre
Martine Froger SOC Pour
Stéphanie Galzy RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Marine Hamelet RN Contre
Pierre Henriet HOR Contre
Catherine Hervieu EcoS Pour
Timothée Houssin RN Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Catherine Ibled EPR Contre
Laurent Jacobelli RN Contre
Florence Joubert RN Contre
Philippe Juvin DR Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Sandrine Le Feur EPR Contre
Élise Leboucher LFI-NFP Pour
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Katiana Levavasseur RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Patrice Martin RN Contre
Kévin Mauvieux RN Contre
Estelle Mercier SOC Pour
Éric Michoux UDR Contre
Paul Midy EPR Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Christophe Mongardien EPR Contre
Jacques Oberti SOC Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Jimmy Pahun Dem Contre
Sophie Panonacle EPR Contre
Thierry Perez RN Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Lisette Pollet RN Contre
Stéphane Rambaud RN Contre
Julien Rancoule RN Contre
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Valérie Rossi SOC Pour
Sandrine Runel SOC Pour
Emeric Salmon RN Contre
Arnaud Simion SOC Pour
Danielle Simonnet EcoS Pour
Romain Tonussi RN Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Contre
Christopher Weissberg EPR Contre
Éric Woerth EPR Contre