Qui Vote Quoi

Transparence de la vie politique · Assemblée nationale, Sénat, Parlement européen & élus locaux

l'amendement n° 582 (rect.) de M. de Courson et l'amendement identique suivant après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

AN 14 novembre 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Les Démocrates" Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le constat actuel est que, d’une part, l’accroissement du déséquilibre entre les prix et les loyers écarte les investisseurs immobiliers – réduisant ainsi l’intérêt de la location pour les bailleurs – et que, d’autre part, le parc locatif à destination de résidence principale de longue durée est en attrition, accélérée sur les dernières années, surtout dans les métropoles attractives et touristiques. 

Dans la continuité des propositions de réforme de la fiscalité locative formulées par la mission d’Annaïg Le Meur de mai 2024, le présent amendement s’appuie sur les propositions du rapport du député Mickael Cosson et du sénateur Marc-Philippe Daubresse, remis au Gouvernement en juin 2025. 

La réforme proposée avantage les bailleurs qui participent à accroître l’offre de location à titre de résidence principale et à en prévenir l’attrition, à travers deux dispositifs : 

-        D’une part, le soutien à la production de logements neufs, par la création d’un régime d’amortissement, avec un taux à 3,5%, majoré en cas de baisse du loyer par le propriétaire ; 

-        D’autre part, le soutien à la mise sur le marché de la location de longue durée à loyer abordable de logements anciens de qualité par la création d’un régime d’amortissement, avec un taux de 3%, également majoré en cas de baisse du loyer. La condition de travaux implique de fait un ciblage sur les logements aujourd’hui exclus de la location pour non-décence, en particulier à cause de leur caractère de passoire thermique (et parfois captés, de ce fait, par la location de courte durée). La condition de loyer abordable (intermédiaire) permet de garantir que le coût de ces travaux n’induise pas une hausse des loyers généralisée, et permet par ailleurs de garantir la constitutionnalité de ce dispositif, à l’image de dispositifs mis en place dans le passé, le dispositif ne s’appliquant qu’aux logements nouvellement acquis. 

Les effets de la réforme seront progressifs, avec un plein effet à partir de 2030 : les modélisations basées sur les calculs du rapport amènent à considérer que la réforme permettra de produire 30 000 logements neufs supplémentaires pour la location de longue durée par rapport à un scénario sans réforme, et à remettre sur le marché de la location 18 000 logements supplémentaires dans l’ancien. Par ailleurs, la production des 30 000 logements neufs supplémentaires permettra de débloquer la production d’au moins 20 000 logements neufs en accession et dans le parc social. En effet, c’est l’investissement locatif qui tire la pré-commercialisation des programmes immobiliers, pré-commercialisation nécessaire pour que les banques financent ensuite les programmes des promoteurs. Cet effet étant progressif, en 2026, l’impact est plus mesuré : environ 10 000 logements locatifs neufs supplémentaires seront produits grâce à la réforme, et 44 600 logements anciens bénéficieraient par ailleurs de la réforme et pourraient être remis ou maintenus sur le marché locatif. S’agissant des logements neufs, il s’agirait d’un doublement par rapport à la production de 2025 (au deuxième trimestre 2025, seuls 2 500 logements locatifs neufs ont été vendus). Par ailleurs, 4 000 logements neufs en accession ou sociaux pourraient être débloqués dès 2026 grâce à la réforme. S’agissant des logements anciens, il convient de rappeler que MaPrimeRénov’, en 2025, devrait n’aider que 1 500 propriétaires bailleurs.  Du fait de cette progressivité, le coût en 2026 de la pratique de l’amortissement dans la location de longue durée est estimé à environ 103 M€ (pour deux tiers au titre de l’impôt sur le revenu et un tiers au titre des prélèvements sociaux). Ces coûts seront compensés à court terme par :

-        les recettes de TVA procurées par les acquisitions supplémentaires de logements neufs intervenues du fait de la réforme (les opérations initiées en 2026 apporteront 288 M€ de TVA supplémentaire au minimum, et 436 M€ en estimant les effets d’entraînement de la réforme sur l’accession à la propriété de résidences principales et sur le parc social – ces recettes s’étalant sur la durée de réalisation des projets, soit 4 ans environ) ;

-        les recettes de DMTO procurées par les acquisitions supplémentaires de logements anciens intervenues du fait de la réforme (environ 60 M€ supplémentaires dès 2026, qui bénéficieront aux collectivités territoriales, en particulier aux départements) ;

-        les recettes de taxe d’aménagement par les acquisitions supplémentaires de logements neufs intervenues du fait de la réforme (15 M€ en 2026, au bénéfice des collectivités territoriales).

L’amortissement produit par ailleurs un effet budgétaire sur l’intégralité de la période où il est mis en œuvre. En moyenne, un bien locatif est conservé 13 ans. En conséquence, les dépenses budgétaires associées aux logements neufs et anciens bénéficiant de la réforme en 2026 seront d’environ 1,3 Md€ (sur toute la période d’amortissement, soit 30 ans environ). Il convient de rappeler que l’Etat récupèrera l’essentiel de cette somme par la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value immobilière, qui a été mise en place en loi de finances pour 2025. Avec une durée moyenne de détention de 13 ans avant revente, l’Etat percevra 1,2 Md€ de recettes lors de la cession des biens acquis en 2026 (au titre de l’impôt sur le revenu et au titre des prélèvements sociaux).

En synthèse, cette réforme permet donc :

-        D’accroître fortement la production de logements locatifs neufs, pour restaurer en 2030 un volume compatible avec la réponse à apporter à la crise du logement, et avec un doublement de la production dès 2026 ;

-        De maintenir sur le marché locatif de longue durée plusieurs dizaines de milliers de logements locatifs anciens dégradés ou énergivores, qui pourraient sortir du marché locatif sinon ;

-        De récupérer, dès 2026 et sur les années à venir, des recettes fiscales conséquentes, liées à la TVA, aux DMTO et à la taxe d’aménagement. Ces recettes de court terme excèdent les dépenses de court terme. 

-        De récupérer, à terme, des recettes fiscales liées à la ré-intégration des amortissements dans le calcul des plus-values, de sorte à équilibrer budgétairement la réforme sur longue période.

Par ailleurs, cet amendement de relance doit s'inscrire dans une stratégie globale de soutien au secteur, pour répondre aux demandes à chaque étape du parcours résidentiel. Le parc locatif privé en est un maillon essentiel, mais le logement locatif social doit aussi être soutenu, dans un contexte de tensions majeures du modèle économique. Cela passera par une baisse suffisante de la réduction de loyer de solidarité, en lien avec le financement du fonds national des aides à la pierre. Ces mesures font l'objet d'autres amendements mais s'inscrivent dans la même stratégie globale.

Enfin, pour assurer la recevabilité financière, le présent amendement prévoit deux gages pour les baisses de recettes pour l’Etat et les organismes de cotisations sociales (du fait de l’impact sur la CSG), et prévoit, dans le dernier alinéa du I, une limitation dans le temps à 3 ans, du fait des règles applicables à la CSG, qui oblige les amendements parlementaires diminuant les prélèvements sociaux hors du PLFSS à être borné dans le temps.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Contre
Alexandre Allegret-Pilot UDR Pour
Marie-José Allemand SOC Pour
Pouria Amirshahi EcoS Contre
Christine Arrighi EcoS Contre
Gabriel Attal EPR Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Contre
Philippe Ballard RN Pour
Anchya Bamana RN Pour
Géraldine Bannier Dem Pour
Fabrice Barusseau SOC Pour
Romain Baubry RN Abstention
Valérie Bazin-Malgras DR Pour
José Beaurain RN Pour
Belkhir Belhaddad SOC Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Contre
Thierry Benoit HOR Pour
Christophe Bentz RN Pour
Anne Bergantz Dem Pour
Guillaume Bigot RN Pour
Sophie Blanc RN Pour
Benoît Blanchard HOR Pour
Frédéric Boccaletti RN Pour
Philippe Bonnecarrère NI Pour
Arnaud Bonnet EcoS Contre
Émilie Bonnivard DR Pour
Pascale Bordes RN Pour
Anthony Boulogne RN Pour
Louis Boyard LFI-NFP Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Pour
Anthony Brosse EPR Pour
Philippe Brun SOC Pour
Joël Bruneau LIOT Pour
Stéphane Buchou EPR Pour
Jérôme Buisson RN Pour
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Eddy Casterman RN Pour
Vincent Caure EPR Pour
Lionel Causse EPR Pour
Bérenger Cernon LFI-NFP Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Contre
Yannick Chenevard EPR Pour
Sébastien Chenu RN Absent
Sophia Chikirou LFI-NFP Contre
Paul Christophe HOR Pour
Caroline Colombier RN Pour
Éric Coquerel LFI-NFP Contre
François Cormier-Bouligeon EPR Pour
Mickaël Cosson Dem Pour
Michel Criaud HOR Pour
Marie-Christine Dalloz DR Pour
Arthur Delaporte SOC Pour
Edwige Diaz RN Pour
Dieynaba Diop SOC Pour
Aly Diouara LFI-NFP Contre
Nicolas Dragon RN Pour
Virginie Duby-Muller DR Pour
Peio Dufau SOC Pour
Alma Dufour LFI-NFP Contre
Lionel Duparay DR Pour
Stella Dupont NI Pour
Gaëtan Dussausaye RN Pour
Iñaki Echaniz SOC Pour
Romain Eskenazi SOC Pour
Frédéric Falcon RN Pour
Olivier Fayssat UDR Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Contre
Marc Fesneau Dem Pour
Jean-Marie Fiévet EPR Pour
Guillaume Florquin RN Pour
Charles Fournier EcoS Contre
Alix Fruchon DR Pour
Denis Fégné SOC Pour
Marie-Charlotte Garin EcoS Contre
Jonathan Gery RN Pour
Damien Girard EcoS Contre
José Gonzalez RN Pour
Florence Goulet RN Pour
Perrine Goulet Dem Pour
Clémence Guetté LFI-NFP Contre
Julien Guibert RN Pour
Steevy Gustave EcoS Contre
Félicie Gérard HOR Pour
Zahia Hamdane LFI-NFP Contre
Marine Hamelet RN Pour
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
Céline Hervieu SOC Pour
Mathilde Hignet LFI-NFP Contre
Sébastien Humbert RN Pour
Catherine Ibled EPR Pour
François Jolivet HOR Pour
Alexis Jolly RN Pour
Sandrine Josso Dem Pour
Florence Joubert RN Pour
Chantal Jourdan SOC Pour
Philippe Juvin DR Pour
Guillaume Kasbarian EPR Pour
Loïc Kervran HOR Pour
Daniel Labaronne EPR Pour
Bastien Lachaud LFI-NFP Contre
Julie Laernoes EcoS Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Contre
Sandrine Lalanne EPR Pour
Aurélien Le Coq LFI-NFP Contre
Corentin Le Fur DR Pour
Arnaud Le Gall LFI-NFP Contre
Annaïg Le Meur EPR Pour
Christine Le Nabour EPR Pour
Nicole Le Peih EPR Pour
Marine Le Pen RN Pour
Marie Lebec EPR Pour
Pascal Lecamp Dem Pour
Nadine Lechon RN Pour
Jérôme Legavre LFI-NFP Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Contre
Claire Lejeune LFI-NFP Contre
Bartolomé Lenoir UDR Pour
Gérard Leseul SOC Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
Julien Limongi RN Pour
Marie-France Lorho RN Pour
Philippe Lottiaux RN Pour
Alexandre Loubet RN Pour
Véronique Louwagie DR Pour
Valérie Létard LIOT Pour
David Magnier RN Pour
Hanane Mansouri UDR Pour
Claire Marais-Beuil RN Pour
Matthieu Marchio RN Pour
Pascal Markowsky RN Pour
Éric Martineau Dem Pour
Denis Masséglia EPR Pour
Jean-Paul Mattei Dem Pour
Emmanuel Maurel GDR Abstention
Kévin Mauvieux RN Pour
Stéphane Mazars EPR Pour
Nicolas Meizonnet RN Pour
Graziella Melchior EPR Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Marie Mesmeur LFI-NFP Contre
Frédérique Meunier DR Pour
Pierre Meurin RN Pour
Maxime Michelet UDR Pour
Joséphine Missoffe EPR Pour
Christophe Mongardien EPR Pour
Louise Morel Dem Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Danièle Obono LFI-NFP Contre
Hubert Ott Dem Pour
Julie Ozenne EcoS Contre
Jimmy Pahun Dem Pour
Agnès Pannier-Runacher EPR Pour
Mathilde Panot LFI-NFP Contre
Jérémie Patrier-Leitus HOR Pour
Marc Pena SOC Pour
Thierry Perez RN Pour
Frédéric Petit Dem Pour
Sébastien Peytavie EcoS Contre
Kévin Pfeffer RN Pour
Béatrice Piron HOR Pour
Lisette Pollet RN Pour
Thomas Portes LFI-NFP Contre
Dominique Potier SOC Pour
Josy Poueyto Dem Pour
Natalia Pouzyreff EPR Pour
Christophe Proença SOC Pour
Loïc Prud'homme LFI-NFP Contre
Jean-Claude Raux EcoS Contre
Sandra Regol EcoS Contre
Sophie Ricourt Vaginay UDR Pour
Franck Riester EPR Pour
Catherine Rimbert RN Pour
Joseph Rivière RN Pour
Laurence Robert-Dehault RN Pour
Valérie Rossi SOC Pour
Claudia Rouaux SOC Pour
Béatrice Roullaud RN Pour
Sophie-Laurence Roy RN Pour
Marie Récalde SOC Pour
Anaïs Sabatini RN Pour
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Contre
Aurélien Saintoul LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Pour
Nicolas Sansu GDR Contre
Raphaël Schellenberger NI Pour
Anne Sicard RN Pour
Charles Sitzenstuhl EPR Pour
Ersilia Soudais LFI-NFP Contre
Jean-Philippe Tanguy RN Pour
Liliana Tanguy EPR Pour
Andrée Taurinya LFI-NFP Contre
Michaël Taverne RN Pour
Boris Tavernier EcoS Contre
Céline Thiébault-Martinez SOC Pour
Romain Tonussi RN Pour
Aurélie Trouvé LFI-NFP Contre
Nicolas Tryzna DR Pour
Vincent Trébuchet UDR Pour
Boris Vallaud SOC Pour
Paul Vannier LFI-NFP Contre
Antoine Vermorel DR Pour
Corinne Vignon EPR Pour
Antoine Villedieu RN Pour
Dominique Voynet EcoS Contre
Jean-Luc Warsmann LIOT Pour
Frédéric Weber RN Pour
Charles de Courson LIOT Pour
Constance de Pélichy LIOT Pour