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l'amendement n° 1049 de M. Garot après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).

AN 27 octobre 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Présidente de séance

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à adapter le dispositif actuel encadrant les dons alimentaires afin d’encourager de manière plus efficiente les dons en lieu et place de la destruction. Cette disposition est neutre fiscalement et instaure un fort effet incitatif sur les dons, sans contrainte administratives supplémentaires pour les grandes et moyennes surfaces.

La loi Garot de 2016, consacrée à la lutte contre le gaspillage alimentaire, impose aux Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) de plus de 400 m² de ne plus rendre impropres à la consommation leurs invendus encore consommables. Elle les oblige à conclure au moins une convention de don avec une association d’aide alimentaire, afin de privilégier la redistribution solidaire des denrées plutôt que leur destruction.

Pourtant, en 2023, 37 % des déchets alimentaires dans la distribution sont encore du gaspillage selon le CGDD. Par ailleurs, plus de 80 % des destructions ne sont pas justifiées par des contraintes externes (sanitaires, avaries, etc.) mais par une mauvaise gestion des stocks ou le simple dépassement de la DDM/DLC. Cette asymétrie fiscale contribue à maintenir des pratiques contraires aux objectifs de la loi Garot (2016) et de la loi AGEC (2020), qui visent à favoriser la prévention et le don alimentaire plutôt que la mise au rebut.

Cela est dû à un régime fiscal qui favorise indirectement la destruction des denrées alimentaires invendues. En effet, les pertes liées à la destruction sont intégralement déductibles du résultat fiscal (imposable à 25 % au titre de l’impôt sur les sociétés), à travers l’inscription de celles-ci en tant que charges, tandis que les dons ouvrent droit à une déductibilité plafonnée (20 000 € ou 0,5 ‰ du CA). Ce mécanisme désavantage le don, qui devient économiquement moins intéressant comparé à la destruction une fois le plafond atteint

Le présent amendement renverse la logique actuelle de déduction fiscale appliquée aux invendus alimentaires, en privilégiant le don plutôt que la destruction. Les dons demeurent déductibles à hauteur de 60 % dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires ou de 20 000 €, puis à 25 % au-delà de ce plafond. À l’inverse, les destructions ne sont plus déductibles de l’impôt sur les sociétés, sauf lorsqu’elles sont considérées comme « justifiées ». Celles-ci peuvent alors être déduites dans la limite d’un plafond forfaitaire, fixé par décret en pourcentage du chiffre d’affaires, ou au réel sur présentation de justificatifs démontrant le caractère légitime de la destruction.

Il est recommandé de formuler ainsi par décret la notion de destruction « justifiée » :

• destruction causée par la survenance d’un évènement dû à un cas de force majeure ;

• destruction causée par la destruction des marchandises lors du transport ;

• destruction causée par une dégradation des stocks lors de la manutention en magasin ou casse client ;

• destruction causée par une défaillance du matériel de stockage ;

Le mécanisme reste pragmatique et proportionné pour les GMS : un pourcentage forfaitaire de destructions justifiées est prévu sans justificatif, afin d’éviter toute surcharge administrative, tandis que les cas exceptionnels (force majeure, avarie, casse, défaillance de matériel, etc.) pourront être déclarés sur présentation des justificatifs.

Ce dispositif est entièrement neutre pour les finances publiques, puisqu’il compense la hausse des exonérations d’impôt sur les dons alimentaires par la suppression de la déductibilité fiscale liée à la destruction des invendus. Il introduit ainsi un rééquilibrage vertueux : les entreprises ne bénéficient plus d’un avantage fiscal lorsqu’elles détruisent des denrées encore consommables, mais conservent une déduction attractive en cas de don (25 % au-delà du plafond actuel). Cette logique renforce significativement l’intérêt économique du don et aligne la fiscalité sur les objectifs de lutte contre le gaspillage fixés par la loi Garot et la loi AGEC.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
David Amiel EPR Absent
Raphaël Arnault LFI-NFP Pour
Christine Arrighi EcoS Pour
Clémentine Autain EcoS Pour
Christophe Barthès RN Contre
Romain Baubry RN Abstention
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Béatrice Bellamy HOR Contre
Thierry Benoit HOR Pour
Véronique Besse NI Contre
Frédéric Boccaletti RN Abstention
Philippe Bonnecarrère NI Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Bertrand Bouyx HOR Abstention
Jean-Michel Brard HOR Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Maud Bregeon EPR Absent
Joël Bruneau LIOT Contre
Pierre-Yves Cadalen LFI-NFP Pour
Eléonore Caroit EPR Absent
Sylvain Carrière LFI-NFP Pour
Bérenger Cernon LFI-NFP Pour
Paul Christophle SOC Pour
Roger Chudeau RN Contre
Nathalie Coggia EPR Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Alexis Corbière EcoS Pour
Pierre Cordier DR Contre
Pierrick Courbon SOC Pour
Edwige Diaz RN Abstention
Dieynaba Diop SOC Pour
Julien Dive DR Abstention
Nicolas Dragon RN Contre
Peio Dufau SOC Pour
Iñaki Echaniz SOC Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Pour
Marina Ferrari Dem Absent
Jean-Marie Fiévet EPR Contre
Nicolas Forissier DR Absent
Emmanuel Fouquart RN Abstention
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Stéphanie Galzy RN Contre
Guillaume Garot SOC Pour
Christian Girard RN Abstention
Antoine Golliot RN Abstention
Perrine Goulet Dem Contre
Marine Hamelet RN Abstention
Céline Hervieu SOC Pour
Mathilde Hignet LFI-NFP Pour
Timothée Houssin RN Abstention
Sébastien Humbert RN Abstention
Tiffany Joncour RN Abstention
Chantal Jourdan SOC Pour
Loïc Kervran HOR Contre
Thomas Lam HOR Abstention
Hélène Laporte RN Abstention
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Arnaud Le Gall LFI-NFP Pour
Anne Le Hénanff HOR Absent
Marie Lebec EPR Contre
Jean-Paul Lecoq GDR Pour
Mathieu Lefèvre EPR Absent
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Roland Lescure EPR Absent
Philippe Lottiaux RN Abstention
David Magnier RN Abstention
Claire Marais-Beuil RN Abstention
Bastien Marchive EPR Contre
Michèle Martinez RN Abstention
Kévin Mauvieux RN Abstention
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Maxime Michelet UDR Contre
Christelle Minard DR Contre
Naïma Moutchou HOR Absent
Philippe Naillet SOC Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Nathalie Oziol LFI-NFP Pour
Laurent Panifous LIOT Absent
Sophie Pantel SOC Pour
Marc Pena SOC Pour
Maud Petit Dem Pour
René Pilato LFI-NFP Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Natalia Pouzyreff EPR Contre
Pierre Pribetich SOC Pour
Stéphanie Rist EPR Absent
Valérie Rossi SOC Pour
Aurélien Rousseau SOC Pour
Fabrice Roussel SOC Pour
Marie Récalde SOC Pour
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Pour
Aurélien Saintoul LFI-NFP Pour
Emeric Salmon RN Abstention
Nicolas Sansu GDR Pour
Philippe Schreck RN Abstention
Charles Sitzenstuhl EPR Contre
Matthias Tavel LFI-NFP Pour
Nicolas Thierry EcoS Pour
Romain Tonussi RN Abstention
Vincent Trébuchet UDR Contre
Jean-Pierre Vigier DR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Charles de Courson LIOT Contre