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l'amendement n° 3 de M. Delautrette et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à réformer le mode d’élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille (nouvelle lecture).

AN 7 juillet 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "Socialistes et apparentés"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés vise à maintenir la prime majoritaire de droit commun prévue pour la liste arrivée en tête des élections municipales, soit un nombre de sièges égal à la moitié du nombre des sièges à pourvoir, arrondi, le cas échéant, à l’entier supérieur, contre le quart de ce même nombre dans la présente proposition de loi.

La loi du 19 novembre 1982 modifiant le code électoral et le code des communes et relative à l’élection des conseillers municipaux et aux conditions d’inscription des Français établis hors de France sur les listes électorales, a fait de l’attribution d’une prime majoritaire représentant la moitié des sièges à pourvoir, la règle commune pour l’ensemble du pays. Cette nouvelle règle de répartition succédait à celle en vigueur depuis les élections municipales de 1965 qui attribuait la totalité des sièges à la liste arrivée en tête.

Cette règle s’est donc appliquée aux huit dernières élections municipales partout en France, ainsi donc qu’à Paris, Lyon et Marseille, à l’échelle de leurs secteurs respectifs. Pour Paris, il s’agit même de la seule règle de répartition connue depuis les élections de 1871, à l’exception de l’élection de 1977.

La modification de cette règle représente donc une rupture dont les enjeux et les conséquences doivent être dûment identifiés et décrits afin d’éclairer parfaitement le législateur. Or, aucun élément de l’exposé des motifs ne permet d’y satisfaire pas plus qu’il ne permet d’identifier les motivations, pour peu qu’elles soient dicibles, des auteurs de la Proposition de loi.

La question d’une meilleure représentation des oppositions au sein des conseils municipaux est une question légitime et qui mériterait un travail d’information approfondi. En effet, la prime majoritaire actuelle induit mécaniquement un effet d’écrasement de la représentation des oppositions, notamment quand elles sont plurielles, en particulier dans les communes ayant un faible nombre de sièges de conseillers municipaux. 

À titre d’exemple, dans une commune de 2000 habitants avec un conseil municipal à 19 sièges, où une liste A obtiendrait 40 % des voix, une liste B 35 % des voix et une liste C 25 % des voix, la liste A obtiendrait 14 sièges, la liste B 3 sièges et la liste C seulement 2 sièges. Jouer son rôle d’opposition et participer aux nombreuses instances municipales et connexes lorsque les forces en présence sont limitées est un exercice difficile.

Cependant, la Proposition de loi en discussion ne procède aucunement à l’ouverture de ce débat. Pire, dans un texte présenté comme ayant vocation à insérer Paris, Lyon et Marseille dans le droit commun, elle crée une exception à une règle intangible depuis 1982 à l’échelle nationale et ce, alors même que ce n’est pas, par construction, dans les communes les plus peuplées que la question de la représentation des oppositions au Conseil municipal est la plus saillante.

De plus, ce système n’est appliqué que pour la mairie centrale, induisant la coexistence de deux primes majoritaires différentes entre celle-ci et ses arrondissements ou secteurs, au risque d’induire une confusion pour les électeurs comme pour les candidats. 

En l’absence de motivations évidentes, de justifications propres aux particularités de ces communes ou de réflexion plus large sur la pertinence ou sur le taux de la prime majoritaire en vigueur depuis 1982, cette modification apparaît malvenue et incohérente au regard de l’objectif plus large, affiché par la proposition de loi, d’une inscription de ces territoires dans le droit commun.

Il y a donc lieu de maintenir la prime majoritaire actuelle.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Contre
Laurent Alexandre LFI-NFP Contre
Marie-José Allemand SOC Pour
Franck Allisio RN Contre
Gabriel Amard LFI-NFP Contre
David Amiel EPR Contre
Ségolène Amiot LFI-NFP Contre
Farida Amrani LFI-NFP Contre
Rodrigo Arenas LFI-NFP Contre
Antoine Armand EPR Contre
Erwan Balanant Dem Contre
Marie-Noëlle Battistel SOC Pour
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Thierry Benoit HOR Abstention
Anne Bergantz Dem Contre
Sylvain Berrios HOR Pour
Hervé Berville EPR Contre
Christophe Bex LFI-NFP Contre
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Contre
Christophe Blanchet Dem Contre
Éric Bothorel EPR Contre
Florent Boudié EPR Contre
Idir Boumertit LFI-NFP Contre
Louis Boyard LFI-NFP Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Contre
Aymeric Caron LFI-NFP Contre
Sylvain Carrière LFI-NFP Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Contre
Bérenger Cernon LFI-NFP Contre
Roger Chudeau RN Contre
Romain Daubié Dem Contre
Arthur Delaporte SOC Pour
Stéphane Delautrette SOC Pour
Aly Diouara LFI-NFP Contre
Auguste Evrard RN Contre
Elsa Faucillon GDR Abstention
Olivier Fayssat Contre
Marina Ferrari Dem Contre
Marc Fesneau Dem Contre
Martine Froger LIOT Pour
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Abstention
Yoann Gillet RN Contre
Philippe Gosselin DR Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Olivia Grégoire EPR Contre
Frantz Gumbs Dem Contre
Steevy Gustave EcoS Abstention
Marine Hamelet RN Contre
Céline Hervieu SOC Pour
Emmanuelle Hoffman Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Marietta Karamanli SOC Pour
Bastien Lachaud LFI-NFP Contre
Abdelkader Lahmar LFI-NFP Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Contre
Thomas Lam HOR Pour
Nadine Lechon RN Contre
Mathieu Lefèvre EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Contre
Gisèle Lelouis RN Contre
Bartolomé Lenoir Contre
Roland Lescure EPR Contre
Laurent Lhardit SOC Pour
Julien Limongi RN Contre
Eric Liégeon DR Contre
Christine Loir RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
David Magnier RN Contre
Sylvain Maillard EPR Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Bryan Masson RN Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Laurent Mazaury LIOT Contre
Graziella Melchior EPR Contre
Sophie Mette Dem Contre
Pierre Meurin RN Contre
Éric Michoux Contre
Joséphine Missoffe EPR Contre
Naïma Moutchou HOR Absent
Sandrine Nosbé LFI-NFP Contre
Nathalie Oziol LFI-NFP Contre
Mathilde Panot LFI-NFP Contre
Sophie Pantel SOC Pour
Marc Pena SOC Pour
Maud Petit Dem Contre
Sébastien Peytavie EcoS Pour
René Pilato LFI-NFP Contre
Béatrice Piron HOR Abstention
Thomas Portes LFI-NFP Contre
Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Sandra Regol EcoS Abstention
Matthias Renault RN Contre
Franck Riester EPR Contre
Catherine Rimbert RN Contre
Sandrine Rousseau EcoS Abstention
Jean-François Rousset EPR Contre
Sandrine Runel SOC Pour
Anaïs Sabatini RN Contre
Arnaud Saint-Martin LFI-NFP Contre
Laetitia Saint-Paul HOR Pour
Aurélien Saintoul LFI-NFP Contre
Emeric Salmon RN Contre
Eva Sas EcoS Abstention
Freddy Sertin EPR Contre
Arnaud Simion SOC Pour
Danielle Simonnet EcoS Pour
Charles Sitzenstuhl EPR Pour
Bertrand Sorre EPR Contre
Aurélien Taché LFI-NFP Contre
Jean-Pierre Taite DR Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Contre
Boris Tavernier EcoS Abstention
Prisca Thevenot EPR Contre
Nicolas Turquois Dem Contre
Stéphane Vojetta EPR Contre
Frédéric Weber RN Contre
Marc de Fleurian RN Contre
Élisabeth de Maistre DR Contre