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le sous-amendement n° 2823 de M. Fournier à l'amendement n° 1715 du Gouvernement à l'article 6 (supprimé) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).

AN 13 juin 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "Écologiste et Social"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement propose de porter l'obligation d'information des salariés en cas de reprise à 6 mois pour faciliter la reprise d'une entreprise par ses salariés 

Cette disposition permettrait une réponse adaptée aux enjeux actuels de multiplication des plans sociaux, cessation d’activité et face au nombre conséquent d'entreprise à reprendre dans les 10 prochaines années, évalué selon CCI France à 350 000 dont 10 % à 15 % feront l'objet d'une reprise en interne soit familiale, soit par les salariés. 

A l'heure actuelle, selon l'observatoire BPCE, chaque année, plus de 60.000 entreprises changent de mains. Parmi elles, près de 50 000 TPE, 10 500 PME et 700 ETI. Or, près de 6% des dirigeants de TPE-PME décident chaque année de céder leur entreprise à un ou plusieurs salariés. Pour ces TPE-PME, l'enjeu d'une reprise par les salariés est d'autant plus important que selon CCI France, ces entreprises ne correspondent pas aux souhaits des repreneurs extérieurs : "La plupart des repreneurs visent une entreprise ayant au minimum 10 salariés et réalisant plus d’1 million d’euros de chiffre d’affaires annuel, mais les entreprises ayant de telles caractéristiques représentent moins de 10 % des offres disponibles sur le marché ouvert." 

La reprise par les salariés est donc bien une solution viable car comme le souligne BPI France, les salariés sont "les mieux positionnés pour reprendre le flambeau", "sont souvent les mieux placés pour payer le juste prix au cédant", "ont bénéficié de formations pour assurer le bon fonctionnement de l'entreprise", et ces reprises par les salariés permettent de "protéger les emplois en limitant considérablement les risques de découpage des activités et les risques de délocalisation". La reprise par les salariés conduit à la naissance de nombreuses coopératives. En 2017, on dénombre ainsi la création de 19 SCOP issues de reprises d'entreprises en difficultés et 55 issues d'une transmission d'entreprise saine. Cela correspond à 74 entreprises sauvegardées et des centaines d'emplois, lesquelles sont préservés de façon durable car le taux de pérennité à 5 ans est de 76 % pour les SCOP contre 61 % pour les autres entreprises françaises. De fait, les exemples de reprises par les salariés, en SCOP ou non, représentant un succès sont très nombreux.

Si toutes les reprises ne sont pas des succès, elles sont un élément essentiel pour la préservation des emplois et le maintien du dynamisme du tissu économique de nombreux territoires. Le succès de ces reprises dépend néanmoins d'un facteur essentiel qui est celui du temps nécessaire pour être en mesure de monter le dossier, soulignant l'enjeu d'un délai d'information des salariés suffisant. L'Etude d'Impact du présent projet de loi se contente de noter que les reprises par les salariés stagnent à 50 par an environ depuis 2014 à partir du nombre d'entreprises bénéficiaires du crédit pour le rachat des entreprises par les salariés, sans préciser que ces mêmes entreprises bénéficiaires étaient au nombre de 20 en 2011 avant le passage de la loi Hamon pour faciliter les reprises, et sans expliciter les raisons éventuelles de cette stagnation, parmi lesquelles le délai actuel de deux mois qui est trop contraint. 

Le délai de 2 mois prévu par la loi est important mais insuffisant pour permettre aux salariés de formuler une offre consolidée de rachat. La CGscop estime ainsi qu’un dispositif d’information utile et répondant à l’objectif poursuivi ne pourrait être inférieur à un délai de 6 mois, afin de permettre aux salariés la présentation d’une offre de rachat et d’un plan de financement consolidés. À cet égard, la CGScop souligne que le principal enjeu lors d’une reprise d’entreprise par les salariés concerne la collecte des fonds nécessaires. En l’absence de dispositif adapté, les salariés peuvent être contraints de recourir à des indemnités de licenciement pour financer la reprise, de contracter des prêts individuels ou de puiser dans leur épargne personnelle. L’augmentation de cette durée à 6 mois pourrait permettre de consolider les projets de reprise et d'en assurer ainsi le succès, pour la préservation de l'emploi de centaines de milliers de salariés.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
David Amiel EPR Contre
Philippe Ballard RN Contre
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Christophe Bentz RN Contre
Philippe Bolo Dem Contre
Nicolas Bonnet EcoS Pour
Éric Bothorel EPR Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Xavier Breton DR Contre
Philippe Brun SOC Pour
Françoise Buffet EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Pierre Cazeneuve EPR Contre
Romain Eskenazi SOC Pour
Frédéric Falcon RN Contre
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Nicolas Forissier DR Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Pierre Henriet HOR Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Marie Lebec EPR Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Roland Lescure EPR Contre
Gérard Leseul SOC Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
Christine Loir RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Claire Marais-Beuil RN Contre
Sandra Marsaud EPR Contre
Nicolas Meizonnet RN Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Lisette Pollet RN Contre
Nicolas Ray DR Contre
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Valérie Rossi SOC Pour
Sandrine Rousseau EcoS Pour
Alexandre Sabatou RN Contre
Emeric Salmon RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Pour
Thierry Tesson RN Contre
Nicolas Thierry EcoS Pour
Stéphane Travert EPR Contre
Frédéric Weber RN Contre
Marc de Fleurian RN Contre