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l'amendement n° 2235 de Mme Stambach-Terrenoir à l'article 18 du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).

AN 13 juin 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à rétablir l'obligation pour les mesures de compensation des atteintes à la biodiversité d'être effectives pendant toute la durée des atteintes. L'article 18 supprime en effet cette obligation d'effectivité pendant toute la durée des atteintes, permettant notamment aux mesures de compensation d'être décalées dans le temps.

Or l’esprit initial de l’article L. 163‑1 du code de l’environnement est, à juste titre, de garantir l’absence de perte de biodiversité tout au long d’un projet. La volonté affichée ici de ne compenser les pertes de biodiversité qu’à la fin d’une période donnée n’a aucun sens sur le plan biologique et écologique.

En effet, il n’est pas possible d’appliquer une logique comptable et économique à des écosystèmes où la dette n’est pas permise, et où les fonctions écologiques sont non fongibles entre elles et doivent être pérennes. En effet, les espèces animales ou végétales qui peuplent un milieu dépendent pour leur survie de nombreuses conditions pour leurs habitats et les services écosystémiques qui y sont liés (alimentation, eau, protection contre les aléas climatique, refuge, parcours de migration, lieu de reproduction et brassage génétique, etc.).

Ces conditions indispensables doivent être satisfaites en continu, sous peine de mettre en péril l’existence même de populations concernées. Il est impossible de demander à des spécimens d’espèce protégée « d’attendre un délai raisonnable », de « patienter » jusqu’au début des travaux de compensation, si on la prive de ses moyens de subsistance. Elle disparaîtra dès le début des atteintes à son environnement, et cette disparition sera irréversible.

Les activités humaines aussi (agriculture, eau potable, protection contre les aléas climatiques, etc.) dépendent des services gratuits rendus par la nature. Autoriser un délai à la compensation, c’est mettre en péril ou affaiblir certaines des fonctions supports des vies humaines. A l’échelle d’un territoire, un projet industriel qui fait le choix du report de la compensation aura un effet social et économique négatif, invisible à première vue mais bien réel. Permettre des dommages temporaires à l’environnement, c’est en réalité permettre des dommages définitifs, et c'est permettre des dommages aux tissus économique et social des populations qui en dépendent.

De plus, par la nature interdépendante des fonctions écologiques, chaque atteinte environnementale aura des effets en cascade sur d’autres écosystèmes. Le rééquilibrage écosystémique – s’il est possible – résultant d’une perturbation non compensée de la nature nécessitera un temps plus long que celui du délai accordé à la mise en œuvre des mesures de compensation. L’impact géographique sera également plus grand. Ainsi, autoriser un délai à la compensation nécessite de tenir compte de ces effets de cascade, et de compenser plus que ce qui a été détruit. Dans un contexte où les mesures de compensation effectives en France manquent déjà d’ambition, ce n'est pas réaliste.

Il est donc proposé de supprimer la possibilité d’accorder un délai à la compensation.

Cet amendement a été travaillé avec France nature environnement.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Christophe Bentz RN Contre
Anne-Laure Blin DR Contre
Philippe Bolo Dem Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Éric Bothorel EPR Contre
Ian Boucard DR Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Xavier Breton DR Absent
Françoise Buffet EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Cyrielle Chatelain EcoS Pour
Edwige Diaz RN Contre
Aly Diouara LFI-NFP Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Thierry Frappé RN Contre
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Florence Goulet RN Contre
Michel Herbillon DR Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Julie Laernoes EcoS Pour
Marie Lebec EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Gérard Leseul SOC Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
Christine Loir RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Antoine Léaument LFI-NFP Pour
Claire Marais-Beuil RN Contre
Sandra Marsaud EPR Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Nicolas Meizonnet RN Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Pierre Meurin RN Contre
Maxime Michelet Contre
Louise Morel Dem Abstention
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Lisette Pollet RN Contre
Nicolas Ray DR Contre
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Valérie Rossi SOC Pour
Jean-François Rousset EPR Contre
Emeric Salmon RN Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Thierry Tesson RN Contre
Nicolas Thierry EcoS Pour
Frédéric Weber RN Contre
Marc de Fleurian RN Contre