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l'amendement n° 2151 de Mme Lejeune et l'amendement identique suivant après l'article 6 du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).

AN 13 juin 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement du groupe LFI-NFP vise à la création d’un fonds dédié à la reprise d’entreprises par les salariés et d’une garantie sur les prêts personnels contractés par les salariés.

Il intervient dans un contexte où l’on recense, d’après le rapport d’information du Sénat sur la transmission d’entreprises (2017 et 2022), 30 000 disparitions d’entreprises chaque année faute de repreneurs. La reprise par les salariés représente une opportunité économique majeure, alors que le marché de la transmission augure d’un volume potentiel d’entreprises à reprendre, estimé entre 250 000 et 750 000 dans les 10 prochaines années.

La collecte des fonds nécessaires est primordiale lors d’un projet de reprise par les salariés. Or, en l’absence d’un mécanisme facilitant la reprise, les salariés se heurtent à des difficultés spécifiques, liées au coût de rachat des parts du cédant, et à l’absence de garantie sur les prêts contractés pour financer la reprise :

- Les salariés repreneurs sont contraints de recourir à des indemnités de licenciement, de puiser dans leur épargne personnelle, de contracter des prêts d’honneur, sans bénéficier de garantie, pour financer la reprise

- Ils disposent généralement d’un montant faible d’apport – au regard des besoins d’une opération de transmission ou de reprise – souvent compris entre 10 et moins de 20% des fonds nécessaires, ce qui peut avoir un effet repoussoir pour les financeurs (banques…) et mettre en difficulté le projet de reprise,

- En cas d’échec du projet, les salariés prennent un double risque : perte définitive de leur emploi (sur des bassins qui sont souvent sinistrés) et perte des fonds investis, en l’absence de garantie sur leurs apports.

Pourtant, la reprise par les salariés présente de nombreux avantages : sauvegarde de l’entreprise sur place, maintien du savoir-faire, stabilité des équipes, fidélité des clients et des fournisseurs, nouveaux dirigeants connus et reconnus par les salariés, gestion plus participative, transitions présentes et futures assurées en douceur, maintien de la culture de l’entreprise. Ainsi, elle répond à des impératifs d’intérêt général, comme la souveraineté économique de la France ainsi que la relocalisation de l’activité, comme l’a démontré la récente reprise de l’entreprise Duralex par ses salariés.

La mise en place d’un mécanisme national facilitant la reprise par les salariés aurait l’avantage de couvrir l’ensemble du territoire et d’être pérenne, en plus de ne pas être soumis à d’éventuelles pressions politiques. La garantie des prêts personnels au profit des salariés, semblable à ce qui existe pour les investisseurs professionnels, permettrait de développer et de sécuriser les engagements financiers des salariés.

Pour être efficace, la création d’un fonds dédié à la reprise d’entreprise par les salariés doit répondre à plusieurs conditions :

- le fonds doit pouvoir être mobilisable rapidement, le temps étant une clé de réussite, en particulier pour les reprises à la barre.- le capital pourrait être abondé à hauteur d’un euro pour un euro investi, sans plafonnement par salarié mais avec un plafonnement par entreprise, fixé, par exemple, à 500 000 euros.- l’abondement pourrait être exercé en quasi-fonds propres avec les titres participatifs ou équivalents.- l’avance serait remboursable sur 5 à 7 ans afin d’aller au-delà du 1 euro abondé pour 1 euro investi.- l’investissement en capital des salariés pourrait être garanti à la même hauteur que pour les autres investisseurs.

Ce type de fonds existe déjà au niveau régional, en Provence Alpes Côte-d’Azur ou Auvergne Rhône-Alpes. Il s'agit donc d'uniformiser l’accès à ces aides en consacrant un dispositif national. Le besoin est estimé au moins à 5 millions d’euros par an pour faciliter et booster la reprise d’entreprises par les salariés.

Cet amendement, adopté à l'occasion du PLF 2025 puis censuré par le 49-3, a été travaillé avec la CGScop.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Nadège Abomangoli LFI-NFP Pour
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
David Amiel EPR Contre
Philippe Ballard RN Abstention
Valérie Bazin-Malgras DR Contre
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Christophe Bentz RN Abstention
Philippe Bolo Dem Contre
Nicolas Bonnet EcoS Pour
Éric Bothorel EPR Contre
Ian Boucard DR Contre
Mickaël Bouloux SOC Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Philippe Brun SOC Pour
Françoise Buffet EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Pierre Cazeneuve EPR Contre
Romain Eskenazi SOC Pour
Sylvie Ferrer LFI-NFP Pour
Nicolas Forissier DR Contre
Charles Fournier EcoS Pour
Perceval Gaillard LFI-NFP Pour
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Stéphane Hablot SOC Pour
Michel Herbillon DR Contre
Tiffany Joncour RN Abstention
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Marie Lebec EPR Contre
Vincent Ledoux EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Gérard Leseul SOC Pour
Laurent Lhardit SOC Pour
Philippe Lottiaux RN Abstention
Claire Marais-Beuil RN Abstention
Sandra Marsaud EPR Contre
Damien Maudet LFI-NFP Pour
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Pour
Nicolas Ray DR Contre
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Abstention
Valérie Rossi SOC Pour
Alexandre Sabatou RN Abstention
Emeric Salmon RN Abstention
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Boris Tavernier EcoS Pour
Thierry Tesson RN Abstention
Nicolas Thierry EcoS Pour
Stéphane Travert EPR Contre
Marc de Fleurian RN Abstention