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Transparence de la vie politique · Assemblée nationale, Sénat, Parlement européen & élus locaux

l'amendement n° 310 de M. Sother à l’article 15 ter (examen prioritaire) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).

AN 28 mai 2025 — Rejeté · Scrutin public ordinaire

Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Droite Républicaine"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Selon une étude de Santé Publique France (SPF) en 2021, la pollution de l’air aux particules fines est à l’origine de 40 000 décès chaque année. 10% des diabètes de type 2, 8% des cancers de la gorge et des poumons, 7% des bronchopneumopathies chroniques, 6% des AVC et 5% des infections respiratoires sont dus à ces particules fines. Quant aux gaz polluants, les émissions d’oxydes d’azote causent 7 000 décès par an. Il y a donc une évidence pour la représentation nationale à traiter cet enjeu de santé publique. 

L’État français s’est montré gravement en retard sur cette question, puisque 1 européen sur 5 mourant à cause de la pollution de l’air est français. Il a d’ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour son inaction, en 2022 et en 2023, par le Conseil d’État, à cause de dépassements significatifs des seuils sanitaires. 

Il y a urgence à agir. Le transport routier est responsable de 54 % des émissions d’oxydes d’azote au niveau national, avec des pics de 60 % à 70 % dans certaines métropoles, et de 15% des émissions de particules fines. Ce sont ces proportions qui imposaient de mettre en place des mesures nouvelles de protection de la population, comme les Zones à Faibles Émissions instituées en 2015. On en comptait 320 en juillet 2022 dans l’Union européenne. 

Ces ZFE ont un bon bilan européen et français. À Berlin, les concentrations de NO2 ont baissé de 10% et plusieurs études montrent déjà une baisse de la mortalité prématurée liée aux concentrations de particules fines. Londres mesure une diminution de 20 % de la concentration de dioxyde d’azote  sur l’ensemble de la zone et jusqu’à 44 % dans le centre de la ville. À Madrid, le bilan est encore meilleur, puisque les émissions de NO2 ont chuté de 32% en une seule année à partir de la mise en place de la ZFE. 

En France aussi, les ZFE permettent de sauver des vies : à Rouen, on enregistrait 16 alertes pour pollution de l’air en 2018, contre une seule en 2024. 

Leur utilité est avérée concernant un problème de santé public majeur. Elles sont aujourd’hui remises en cause car elles seraient impopulaires et trop violentes socialement pour les ménages les moins aisés, qui perdraient leur moyen de transport ne pouvant se tourner vers une offre moins polluante.

Mais le responsable de cette fracture sociale, ce n’est pas les ZFE, c’est le gouvernement. Car la ZFE ne peut pas être un dispositif esseulé comme il l’a été en France, mais doit s’intégrer dans une stratégie globale qui permet le remplacement des véhicules les plus polluants par des primes à la conversion et des bonus écologiques suffisants, par l’étoffement du réseau de transports en commun, par la création d’infrastructures multimodales telles que des parkings à l’entrée des ZFE. Ce n’est pas le volontarisme sur les ZFE qui cause les inégalités sociales, c’est l’absence de volontarisme sur ce qui doit l’accompagner. 

Dans le reste de l’Europe, les ZFE sont demandées par les populations concernées. À Milan, un référendum a sollicité à 80% la mise en place d’un péage urbain. À Madrid, c’est le rétropédalage des autorités municipales qui a causé des manifestations ! Pour rester en France, le succès de la ZFE rouennaise est dû à un investissement de 7,5 millions d’euros pour cofinancer le renouvellement de 2 600 véhicules Crit’Air 4 et 5 avec un montant moyen d’aide accordée de 3 220 €, mais aussi à une large amélioration de l’offre de transport en commun et la mise en place de leur gratuité partielle. 

Car conscientes des impacts sociaux des ZFE, nombreuses sont les métropoles à avoir cherché à compenser les restrictions imposées aux véhicules les plus polluants et à garantir une mobilité accessible à tous, à l'image de Montpellier qui a mis en place la gratuité des transports en commun. 

Mais les villes et les métropoles sont à bout de moyens, et c’est donc l’État qui devrait soutenir pour l’essentiel cette transition. La dernière action du gouvernement en la matière est révélatrice de son manque de volontarisme : en décembre 2024, un décret est venu considérablement réduire les primes pour l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion à un mois du changement des réglementations des ZFE. Exit la prime à la conversion de 6 000 euros, exit le bonus écologique qui diminue de 3 000 euros et ironiquement, exit la surprime de 3 000 euros pour les habitants d’une ZFE. Pour l’achat d’un véhicule neuf, alors qu’on pouvait compter jusqu’à 16 000 euros d’aides de l’État (en plus des aides des collectivités locales), celui-ci saborde les ménages en accordant désormais au plus 4 000 euros. Loin d’être insoutenables, les ZFE ne sont un problème que lorsqu’elles sont appliquées sans égard ni soutien pour corriger leurs conséquences.   

Cet amendement vise donc à supprimer l’article introduit en commission mettant fin aux ZFE, qui sont injustement désignées comme un facteur d’inégalité sociale alors qu’elles sont un outil nécessaire de santé publique dont les conséquences négatives ne sont supportées par nos concitoyens qu’à cause de leur application aveugle et de l’inaction de l’État. 

La suppression des ZFE en France sans même que soit menée une réflexion sérieuse sur les mesures d’accompagnement qu’elles nécessitent de mettre en place aurait des conséquences dramatiques pour la vie et la santé des français.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Charles Alloncle Contre
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Léa Balage El Mariky EcoS Pour
Christophe Barthès RN Contre
Lisa Belluco EcoS Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Karim Benbrahim SOC Pour
Christophe Bentz RN Contre
Théo Bernhardt RN Contre
Hervé Berville EPR Contre
Benoît Biteau EcoS Pour
Christophe Blanchet Dem Pour
Anne-Laure Blin DR Contre
Frédéric Boccaletti RN Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Nicolas Bonnet EcoS Abstention
Ian Boucard DR Contre
Anthony Boulogne RN Contre
Manon Bouquin RN Contre
Jorys Bovet RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Pour
Anthony Brosse EPR Contre
Danielle Brulebois EPR Contre
Colette Capdevielle SOC Pour
Eléonore Caroit EPR Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Pour
Sébastien Chenu RN Contre
Josiane Corneloup DR Contre
Jean-François Coulomme LFI-NFP Abstention
Sandra Delannoy Contre
Jocelyn Dessigny RN Contre
Edwige Diaz RN Contre
Nicolas Dragon RN Contre
Alexandre Dufosset RN Contre
Gaëtan Dussausaye RN Contre
Auguste Evrard RN Contre
Frédéric Falcon RN Contre
Olivier Fayssat Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Abstention
Marc Fesneau Dem Contre
Guillaume Florquin RN Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Antoine Golliot RN Contre
Guillaume Gouffier Valente EPR Contre
Florence Goulet RN Contre
Géraldine Grangier RN Contre
Julien Guibert RN Contre
Michel Guiniot RN Contre
Steevy Gustave EcoS Pour
Marine Hamelet RN Contre
Michel Herbillon DR Contre
Florence Herouin-Léautey SOC Pour
Laurent Jacobelli RN Contre
Alexis Jolly RN Contre
Tiffany Joncour RN Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Loïc Kervran HOR Contre
Brigitte Klinkert EPR Contre
Tristan Lahais EcoS Pour
Abdelkader Lahmar LFI-NFP Abstention
Robert Le Bourgeois RN Contre
Annaïg Le Meur EPR Contre
Nicole Le Peih EPR Contre
Mathieu Lefèvre EPR Contre
Bartolomé Lenoir Contre
Roland Lescure EPR Absent
Gérard Leseul SOC Pour
Katiana Levavasseur RN Contre
Laurent Lhardit SOC Pour
Aurélien Lopez-Liguori RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Alexandre Loubet RN Contre
David Magnier RN Contre
Lise Magnier HOR Abstention
Claire Marais-Beuil RN Contre
Christophe Marion EPR Contre
Pascal Markowsky RN Contre
Olivier Marleix DR Contre
Éric Martineau Dem Pour
Denis Masséglia EPR Contre
Emmanuel Maurel GDR Pour
Pierre Meurin RN Contre
Maxime Michelet Contre
Louise Morel Dem Contre
Serge Muller RN Contre
Yaël Ménaché RN Contre
Philippe Naillet SOC Pour
Jacques Oberti SOC Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Sophie Pantel SOC Pour
Kévin Pfeffer RN Contre
Béatrice Piron HOR Pour
Christine Pirès Beaune SOC Pour
Marie Pochon EcoS Abstention
Dominique Potier SOC Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Julien Rancoule RN Contre
Sandra Regol EcoS Abstention
Matthias Renault RN Contre
Laurence Robert-Dehault RN Contre
Anne-Sophie Ronceret EPR Contre
Xavier Roseren HOR Pour
Valérie Rossi SOC Pour
Claudia Rouaux SOC Pour
Aurélien Rousseau Pour
Fabrice Roussel SOC Pour
Jean-François Rousset EPR Contre
Sophie-Laurence Roy RN Contre
Anaïs Sabatini RN Contre
Alexandre Sabatou RN Contre
Emeric Salmon RN Contre
Isabelle Santiago SOC Pour
Eva Sas EcoS Pour
Sabrina Sebaihi EcoS Abstention
Anne Sicard RN Contre
Thierry Sother SOC Pour
Jean-Philippe Tanguy RN Contre
Michaël Taverne RN Contre
Thierry Tesson RN Contre
Nicolas Thierry EcoS Pour
Sabine Thillaye Dem Pour
Céline Thiébault-Martinez SOC Pour
Lionel Tivoli RN Contre
Stéphane Travert EPR Contre
Antoine Villedieu RN Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Contre
Jean-Luc Warsmann LIOT Contre
Marc de Fleurian RN Contre
Hervé de Lépinau RN Contre