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l'amendement n° 2582 du Gouvernement après l’article 15 (examen prioritaire) du projet de loi de simplification de la vie économique (première lecture).

AN 28 mai 2025 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Président du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Ensemble pour la République"

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

L’amendement est destiné à donner la possibilité de reconnaître la raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) plus tôt dans la vie des projets, quelle que soit leur nature (projet industriel, d’infrastructure de transport, d’énergie, etc.).

Cette reconnaissance pourrait ainsi intervenir dès le stade de la déclaration d'utilité publique (DUP) et non pas au stade de l'autorisation environnementale, afin de disposer de davantage de temps pour purger le risque contentieux sur ce sujet crucial avant l’engagement des travaux. En effet, dans le cas général, notamment pour les projets d’ampleur, la DUP est prononcée bien avant l'autorisation environnementale (souvent plusieurs années en amont). Cette reconnaissance en amont de la vie des projets permettra de purger le risque contentieux sur ce sujet crucial en même temps et devant le même juge que le risque contentieux sur la DUP, purge qui intervient le plus souvent avant l’engagement des travaux. Pour les projets qui ne nécessitent pas d’expropriation et ne font donc pas l’objet d’une déclaration d’utilité publique, cette reconnaissance serait également possible au stade de la déclaration de projet lorsqu’elle est prononcée par l’Etat.

En effet, les autorisations environnementales nécessaires pour la réalisation de projets incluent de façon quasi-systématique, notamment lorsqu’ils atteignent une certaine ampleur, un volet destiné à déroger au principe général d’interdiction de destruction d’espèces animales ou végétales protégées. Une telle dérogation ne peut être délivrée que si les trois conditions suivantes, cumulatives, sont remplies :

1.         Le projet doit répondre à l’un des motifs énumérés au 4° de l’article L. 411-2 du code de l’environnement parmi lesquels la raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) (point c), qui est le principal motif sur lesquels les maîtres d’ouvrage peuvent se fonder, les autres ayant trait par exemple à la recherche scientifique ou à la prévention des dommages agricoles ;

2.        Il ne doit pas exister d’autres solutions satisfaisantes ;

3.        Le projet ne doit pas nuire au maintien dans un état de conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle.

Or, la situation pour l’ensemble des maîtres d’ouvrage, confrontés à la justification de la RIIPM, est très délicate. Elle ne laisse, dans l’état actuel du droit, que deux options insatisfaisantes :

•          soit attendre d’avoir purgé tous les recours, souvent nombreux, contre les autorisations environnementales avec un impact très important en termes de délais pour engager les travaux (plusieurs années) ;

•          soit prendre le risque de commencer les travaux avant que les recours n’aient été définitivement jugés, avec, en cas de condamnation, le risque environnemental d’avoir détruit des espèces et/ou des milieux qu’il convenait de préserver et le risque financier d’avoir à démolir ce qui a déjà été réalisé et à remettre en état les lieux concernés, conduisant à un gaspillage financier (d’argent public dans le cas de projets publics) difficilement compréhensible.

L’amendement consiste à ce que la déclaration d'utilité publique d’un projet au titre du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique (ou la déclaration de projet prononcée par l’Etat au titre du code de l’environnement ou au titre du code de l’urbanisme) puisse lui reconnaître le caractère de projet répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur. Cette reconnaissance ne pourrait être contestée qu’à l’occasion d’un recours dirigé contre la déclaration d'utilité publique (ou la déclaration de projet), dont elle est divisible. Une telle possibilité existe aujourd'hui, mais uniquement pour un nombre restreint de projets.

Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la constitution, le 5 mars 2025 (décision 2024-1126 QPC), le second alinéa de l’article L. 411-2-1 du code de l’environnement dans sa rédaction issue de la loi relative à l’industrie verte, qui prévoit la possibilité de reconnaître la RIIPM de certains projets industriels plus tôt dans la vie de ces projets, avant l’autorisation environnementale.

La justification des deux autres conditions nécessaires à la délivrance des dérogations espèces protégées (absence de solution alternative satisfaisante, et maintien dans un état de conservation favorable des espèces) continuerait de se faire au stade de l’autorisation environnementale, sur la base des études environnementales détaillées menées entre la DUP et l’autorisation environnementale.

Cette proposition ne consiste pas en une présomption de RIIPM pour les projets concernés mais simplement à pouvoir constater la RIIPM plus tôt pour réduire le risque que les décisions de justice n’interviennent alors que les travaux auraient été engagés.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Laurent Alexandre LFI-NFP Contre
Henri Alfandari HOR Pour
Ségolène Amiot LFI-NFP Contre
Pouria Amirshahi EcoS Contre
Farida Amrani LFI-NFP Contre
Philippe Ballard RN Pour
Christophe Barthès RN Pour
Delphine Batho EcoS Contre
Romain Baubry RN Pour
Béatrice Bellamy HOR Pour
Lisa Belluco EcoS Contre
Karim Ben Cheikh EcoS Contre
Karim Benbrahim SOC Contre
Hervé Berville EPR Pour
Christophe Bex LFI-NFP Contre
Benoît Biteau EcoS Contre
Sophie Blanc RN Pour
Frédéric Boccaletti RN Pour
Manuel Bompard LFI-NFP Contre
Nicolas Bonnet EcoS Contre
Émilie Bonnivard DR Pour
Pascale Bordes RN Pour
Éric Bothorel EPR Pour
Anthony Boulogne RN Pour
Idir Boumertit LFI-NFP Contre
Manon Bouquin RN Pour
Jorys Bovet RN Pour
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Blandine Brocard Dem Pour
Anthony Brosse EPR Pour
Danielle Brulebois EPR Pour
Stéphane Buchou EPR Pour
Françoise Buffet EPR Pour
Colette Capdevielle SOC Contre
Aymeric Caron LFI-NFP Contre
Gabrielle Cathala LFI-NFP Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Contre
Sophia Chikirou LFI-NFP Contre
François Cormier-Bouligeon EPR Pour
Jean-François Coulomme LFI-NFP Contre
Pierrick Courbon SOC Contre
Romain Daubié Dem Pour
Hendrik Davi EcoS Contre
Sandra Delannoy Pour
Arthur Delaporte SOC Contre
Sébastien Delogu LFI-NFP Contre
Jocelyn Dessigny RN Pour
Edwige Diaz RN Pour
Aly Diouara LFI-NFP Contre
Nicolas Dragon RN Pour
Alexandre Dufosset RN Pour
Emmanuel Duplessy EcoS Contre
Iñaki Echaniz SOC Contre
Karen Erodi LFI-NFP Contre
Romain Eskenazi SOC Contre
Frédéric Falcon RN Pour
Elsa Faucillon GDR Contre
Olivier Fayssat Pour
Mathilde Feld LFI-NFP Contre
Emmanuel Fernandes LFI-NFP Contre
Marc Fesneau Dem Pour
Guillaume Florquin RN Pour
Jean-Luc Fugit EPR Pour
Géraldine Grangier RN Pour
Clémence Guetté LFI-NFP Contre
Julien Guibert RN Pour
Jordan Guitton RN Pour
Steevy Gustave EcoS Contre
Marine Hamelet RN Pour
Catherine Hervieu EcoS Contre
Mathilde Hignet LFI-NFP Contre
Sacha Houlié NI Contre
Timothée Houssin RN Pour
Sébastien Humbert RN Pour
Jérémie Iordanoff EcoS Contre
Laurent Jacobelli RN Pour
Alexis Jolly RN Pour
Florence Joubert RN Pour
Chantal Jourdan SOC Contre
Guillaume Kasbarian EPR Pour
Bastien Lachaud LFI-NFP Contre
Tristan Lahais EcoS Contre
Abdelkader Lahmar LFI-NFP Contre
Thomas Lam HOR Abstention
Corentin Le Fur DR Pour
Arnaud Le Gall LFI-NFP Contre
Nicole Le Peih EPR Pour
Mathieu Lefèvre EPR Pour
Jérôme Legavre LFI-NFP Contre
Claire Lejeune LFI-NFP Contre
Didier Lemaire HOR Pour
Gérard Leseul SOC Contre
Katiana Levavasseur RN Pour
Laurent Lhardit SOC Contre
Christine Loir RN Pour
David Magnier RN Pour
Sylvain Maillard EPR Pour
Claire Marais-Beuil RN Pour
Christophe Marion EPR Pour
Pascal Markowsky RN Pour
Olivier Marleix DR Pour
Éric Martineau Dem Pour
Damien Maudet LFI-NFP Contre
Emmanuel Maurel GDR Contre
Kévin Mauvieux RN Pour
Stéphane Mazars EPR Pour
Nicolas Meizonnet RN Pour
Marie Mesmeur LFI-NFP Contre
Frédérique Meunier DR Pour
Manon Meunier LFI-NFP Contre
Pierre Meurin RN Pour
Maxime Michelet Pour
Louise Morel Dem Pour
Joëlle Mélin RN Pour
Yaël Ménaché RN Pour
Sandrine Nosbé LFI-NFP Contre
Jacques Oberti SOC Contre
Julie Ozenne EcoS Contre
Mathilde Panot LFI-NFP Contre
Sophie Pantel SOC Contre
Jérémie Patrier-Leitus HOR Pour
Kévin Pfeffer RN Pour
François Piquemal LFI-NFP Contre
Pierre Pribetich SOC Contre
Loïc Prud'homme LFI-NFP Contre
Julien Rancoule RN Pour
Sandra Regol EcoS Contre
Sophie Ricourt Vaginay Pour
Laurence Robert-Dehault RN Pour
Anne-Sophie Ronceret EPR Pour
Valérie Rossi SOC Contre
Claudia Rouaux SOC Contre
Sandrine Rousseau EcoS Contre
Fabrice Roussel SOC Contre
Jean-François Rousset EPR Pour
Anaïs Sabatini RN Pour
Sébastien Saint-Pasteur SOC Contre
Emeric Salmon RN Pour
Eva Sas EcoS Contre
Sabrina Sebaihi EcoS Contre
Anne Sicard RN Pour
Danielle Simonnet EcoS Contre
Charles Sitzenstuhl EPR Pour
Thierry Sother SOC Contre
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Contre
Andrée Taurinya LFI-NFP Contre
Jean Terlier EPR Pour
Thierry Tesson RN Pour
Nicolas Thierry EcoS Contre
Céline Thiébault-Martinez SOC Contre
Lionel Tivoli RN Pour
Stéphane Travert EPR Pour
Paul Vannier LFI-NFP Contre
Frédéric-Pierre Vos RN Pour
Dominique Voynet EcoS Contre
Jean-Luc Warsmann LIOT Pour
Marc de Fleurian RN Pour
Hervé de Lépinau RN Pour