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l'amendement n° 1268 de Mme Ozenne après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).

AN 8 novembre 2024 — Adopté · Scrutin public ordinaire

Présidente de séance

Exposé sommaire

Texte officiel rédigé par l'auteur de l'amendement pour justifier son dépôt (source : Assemblée nationale).

Cet amendement propose la création d'un "malus bruit" sur les 2 et 3 roues motorisés les plus bruyants. 

En effet, selon l’OMS, le bruit est le deuxième facteur environnemental le plus important à l’origine de problèmes de santé, juste derrière la pollution atmosphérique. Les conséquences sanitaires de la pollution sonore sont graves et concrètes : perturbation du sommeil, du système endocrinien, du système cardio-vasculaire, effets sur le système immunitaire. 

Mal connu, ce problème de santé publique concerne pourtant une vaste part de la population. L’Agence européenne de l’environnement (AEE) estime ainsi que 20 % de la population européenne (soit plus de 100 millions de personnes) est exposé à des niveaux de bruit de longue durée néfastes à leur santé. Cette pollution représente un coût faramineux pour la société. Selon l’Ademe, le coût social des pollutions sonores en France s’élève à 147 milliards d’euros par an, en prenant notamment en compte le coût des troubles et pathologies associées et la perte de productivité. C’est quasiment l’équivalent du coût social du tabac, estimé à 156 milliards d'euros. 

L’une des premières causes de pollution sonore est le trafic routier. L’OMS recommande ainsi de réduire les niveaux sonores émis par le trafic routier à moins de 53 décibels (dB) en journée, et à moins de 45 dB la nuit. Malheureusement, ces limites sanitaires sont bien souvent fortement dépassées. Selon l’ANSES, 40% de la population française est exposée à des niveaux sonores supérieurs à 55 dB, dont les ¾ sont liés au trafic routier. Ces niveaux sont sans surprises encore plus élevés dans les zones très urbanisées puisque 40 % de la population des agglomérations de plus de 250 000 habitants est exposé à un niveau sonore de jour supérieur à 60 dB en raison du trafic routier.

Or, tous les véhicules ne contribuent pas de la même manière à la pollution sonore : les 2 et 3 roues motorisés (2/3 RM) y contribuent outre mesure par rapport à leur part de transport. Ainsi, alors même qu’ils n’assurent que 2% du transport routier de voyageurs (CGEDD/SDES), le bruit causé par les 2 roues motorisés arrive largement en tête des bruits de transport les plus gênants pour les Franciliens (Crédoc). Autrement dit, les 2 roues  transportent peu de gens mais nuisent à beaucoup. 

Et pour cause : la réglementation en termes d’émissions sonores des 2/3 RM est plus laxiste que celle des automobiles. En effet, au moment de l’homologation, alors que les émissions sonores d’une voiture particulière ne doivent pas dépasser 74 dB, celles d’une moto sont quant à elles autorisées à atteindre 80 dB. Cette différence de 6 dB, déjà injustifiée sur le papier, est par ailleurs dans les faits loin d’être négligeable en matière de perception sonore : du fait de l’échelle logarithmique utilisée dans le calcul des décibels, une augmentation de niveau sonore de 5 dB correspond environ à un triplement de l’émission sonore. 

En outre, cet écart réglementaire est aggravé par la réalité de la situation et des pratiques : 

Le niveau sonore d’homologation est inférieur à celui répertorié sur la carte grise et sur la base duquel les contrôles de police sont effectués. Ce dernier est mesuré à l’arrêt, à la moitié du régime de puissance maximale. Ces niveaux varient donc selon les modèles d’engins et peuvent facilement dépasser les 80-85 dB(A) voire même les 100 dB(A) pour certains modèles de motos de grosses cylindrées. Les silencieux des pots d’échappements des 2 RM sont facilement et fréquemment modifiés, dans un but de personnalisation du véhicule. Certaines pratiques de conduite à tendance sportive ou agressive accentuent également le bruit émis. Ainsi et au vu de la contribution déraisonnable des 2/3 RM à la pollution sonore, cet amendement propose la création d’un “malus bruit” pour ces véhicules sous la forme d'une taxe progressive. 

En raison du manque d'accès aux données nécessaires, notamment sur la répartition des niveaux sonores indiqués sur le certificat d'immatriculation du parc de véhicule, cet amendement propose que le barème de la taxe soit fixé par décret. Ce barème pourrait associer un tarif marginal à chaque fraction de décibel du véhicule, exprimée en dB (A) et arrondie à l'unité tel que ci-dessous : 

Emissions sonores (en dB(A))Tarif marginal (en €/dB)Inférieures à 77077-80581-851086-902091-10040>10180Le produit de cette taxe serait affecté au soutien à la transition du parc de 2/3 RM vers l'électrique, moins polluants et plus silencieux.

Compte-rendu officiel ↗

Répartition par parti

Pour Contre Abstention Effectif du parti à la date du scrutin

Votes

ÉluPartiPosition
Laurent Alexandre LFI-NFP Pour
Pouria Amirshahi EcoS Pour
Christian Baptiste SOC Pour
Jean-Pierre Bataille LIOT Contre
Anaïs Belouassa-Cherifi LFI-NFP Pour
Karim Ben Cheikh EcoS Pour
Christophe Bex LFI-NFP Pour
Carlos Martens Bilongo LFI-NFP Pour
Christophe Blanchet Dem Contre
Arnaud Bonnet EcoS Pour
Mickaël Bouloux SOC Pour
Manon Bouquin RN Contre
Yaël Braun-Pivet EPR Absent
Anthony Brosse EPR Pour
Philippe Brun SOC Pour
Joël Bruneau LIOT Contre
Michel Castellani LIOT Contre
Jean-René Cazeneuve EPR Contre
Cyrielle Chatelain EcoS Pour
Sophia Chikirou LFI-NFP Pour
Bruno Clavet RN Contre
Caroline Colombier RN Contre
Éric Coquerel LFI-NFP Pour
Edwige Diaz RN Contre
Benjamin Dirx EPR Contre
Gaëtan Dussausaye RN Contre
Romain Eskenazi SOC Pour
Emmanuel Fouquart RN Contre
Thierry Frappé RN Contre
Jean-Luc Fugit EPR Contre
Marie-Charlotte Garin EcoS Pour
Jonathan Gery RN Contre
Yoann Gillet RN Contre
Christian Girard RN Contre
José Gonzalez RN Contre
Clémence Guetté LFI-NFP Pour
Julien Guibert RN Contre
David Guiraud LFI-NFP Pour
Félicie Gérard HOR Contre
Marine Hamelet RN Contre
Pierre Henriet HOR Contre
Sébastien Humbert RN Contre
Harold Huwart LIOT Contre
Pascal Jenft RN Contre
François Jolivet HOR Contre
Sylvie Josserand RN Contre
Chantal Jourdan SOC Pour
Julie Laernoes EcoS Pour
Maxime Laisney LFI-NFP Pour
Aurélien Le Coq LFI-NFP Pour
Corentin Le Fur DR Contre
Karine Lebon GDR Pour
Nadine Lechon RN Contre
Mathieu Lefèvre EPR Contre
Sarah Legrain LFI-NFP Pour
Claire Lejeune LFI-NFP Pour
Marie-France Lorho RN Contre
Philippe Lottiaux RN Contre
Véronique Louwagie DR Contre
David Magnier RN Contre
Laurent Marcangeli HOR Contre
Jean-Paul Mattei Dem Contre
Emmanuel Maurel GDR Pour
Marianne Maximi LFI-NFP Pour
Estelle Mercier SOC Pour
Sophie Mette Dem Contre
Manon Meunier LFI-NFP Pour
Christophe Mongardien Pour
Naïma Moutchou HOR Absent
Jacques Oberti SOC Pour
Hubert Ott Dem Pour
Julie Ozenne EcoS Pour
Sophie Panonacle EPR Contre
Sophie Pantel SOC Pour
Sébastien Peytavie EcoS Pour
Marie Pochon EcoS Pour
Dominique Potier SOC Pour
Pierre Pribetich SOC Pour
Sandra Regol EcoS Pour
Matthias Renault RN Contre
Béatrice Roullaud RN Contre
Jean-Louis Roumégas EcoS Pour
Alexandre Sabatou RN Contre
Sébastien Saint-Pasteur SOC Pour
Emeric Salmon RN Contre
Nicolas Sansu GDR Pour
Eva Sas EcoS Pour
Hervé Saulignac SOC Pour
Philippe Schreck RN Contre
Thierry Sother SOC Pour
Anne Stambach-Terrenoir LFI-NFP Pour
Aurélien Taché LFI-NFP Pour
Matthias Tavel LFI-NFP Pour
Romain Tonussi RN Contre
Paul Vannier LFI-NFP Pour
Charles de Courson LIOT Contre
Marc de Fleurian RN Contre